Correcteur d'orthographe

Accent aigu, accent grave, accent circonflexe et tréma : les règles

Le français utilise trois accents : l'accent aigu, qui se place uniquement sur le e (été), l'accent grave, sur le e, le a et le u (père, à, où), et l'accent circonflexe, sur toutes les voyelles sauf le y (pâte, fête, île, côte, sûr). S'y ajoute le tréma (maïs, Noël). Ils indiquent la prononciation, distinguent des mots homophones et gardent la trace de l'histoire des mots.

Sommaire
  1. L'accent aigu : é
  2. L'accent grave : è, à, ù
  3. é ou è ? La règle de la syllabe
  4. L'accent circonflexe : â, ê, î, ô, û
  5. Le tréma : ë, ï, ü
  6. Les accents sur les majuscules
  7. Taper les accents sur un clavier
  8. Les erreurs les plus fréquentes
  9. Questions fréquentes
SigneLettresRôle principalExemples
accent aigu ( ´ )éson fermé [e]été, bébé, café, répéter
accent grave ( ` )è, à, ùson ouvert sur le e ; distinction de mots sur a et upère, très ; à, là ; où
accent circonflexe ( ^ )â, ê, î, ô, ûtrace d'une lettre disparue, son, distinction de motschâteau, forêt, île, hôpital, goût
tréma ( ¨ )ë, ï, ü, (ÿ)voyelle prononcée séparémentNoël, maïs, capharnaüm

La cédille (ç) n'est pas un accent mais un signe qui donne au c le son [s] devant a, o, u : façade, garçon, reçu. Son usage en majuscule est expliqué dans la fiche Ç majuscule.

L'accent aigu : é

L'accent aigu ne se place que sur le e. Il note le son [e] fermé, celui de blé, nez ou chanter. On le trouve quand ce son termine une syllabe : é-té, ré-pé-ter, cé-lé-bri-té, li-ber-té.

  • Dans les préfixes dé-, pré-, ré- : défaire, prévoir, réunir. Mais le préfixe re-, prononcé comme le, n'a pas d'accent : revenir, refaire.
  • Dans les participes passés du 1er groupe et les noms en -té : chanté, aimé ; bonté, société.
  • Au début de nombreux mots où le latin avait un s : école (latin schola), étoile (stella), épine (spina), étude (studium). Comparez avec l'anglais school, study.

Le son [e] s'écrit sans accent quand il ne termine pas la syllabe : nez, chanter, les, clef, pied.

L'accent grave : è, à, ù

Sur le e : le son ouvert

L'accent grave sur le e note le son [ɛ] ouvert de mère. On le trouve dans deux situations :

  • devant une syllabe qui contient un e muet : père, mère, frère, fidèle, problème, collège, siège, il lève, j'achète ;
  • devant un s final : après, près, très, dès, succès, progrès, accès, procès, exprès.

C'est pourquoi l'accent change dans une même famille : fidèle mais fidélité, sèche mais sécher, je cède mais nous cédons. Il change aussi au féminin : léger, légère ; premier, première (voir le féminin des noms et des adjectifs).

Sur le a et le u : distinguer des mots

Sur le a et le u, l'accent grave ne change pas la prononciation. Il distingue des homophones :

  • à (préposition) et a (verbe avoir) : il a un rendez-vous à midi. La méthode pour choisir est dans la fiche a ou à.
  • là (adverbe de lieu) et la (article ou pronom) : pose la boîte là.
  • où (lieu ou temps) et ou (choix) : tu vas où, à Lyon ou à Paris ? Le ù n'existe dans aucun autre mot : voir ou ou où.
  • dès (à partir de) et des (article) : dès demain.

L'accent grave se trouve aussi dans déjà, voilà, holà, deçà, au-delà et çà (dans çà et là).

é ou è ? La règle de la syllabe

Pour savoir s'il faut un accent sur le e, et lequel, découpez le mot en syllabes écrites, puis regardez où se trouve le e.

Position du eSonÉcritureExemples
fin de syllabefermé [e]éé-té, ca-fé, dé-ci-der
fin de syllabe, devant une syllabe à e muetouvert [ɛ]èpè-re, fi-dè-le, il lè-ve
devant un s finalouvert [ɛ]èa-près, suc-cès
syllabe fermée par une consonneouvert ou fermée sans accentmer, sel, es-poir, per-du, nez
devant une consonne doubleouverte sans accentef-fet, des-sert, bel-le, ter-re
devant xouverte sans accentex-emple, tex-te, ex-ercice
fin de syllabe, son muet ou [ə]e « muet »e sans accentpe-tit, de-main, re-venir

Retenez : jamais d'accent sur un e suivi de deux consonnes identiques ou d'un x. Effet, message, exact s'écrivent sans accent, même si le e sonne comme è.

Les exceptions et les rectifications de 1990

En orthographe traditionnelle, quelques mots gardent un é devant une syllabe muette, alors qu'on prononce è : événement, crémerie, sécheresse, réglementaire, céleri, allégement, et les formes du futur et du conditionnel de verbes comme céder (je céderai, je céderais). Les rectifications de 1990 les alignent sur la prononciation : évènement, crèmerie, sècheresse, règlementaire, cèleri, allègement, je cèderai. Les deux graphies sont correctes. Pour les verbes concernés, voir le futur simple.

Restent inchangés médecin et médecine, ainsi que les mots commençant par les préfixes dé- et pré- (dételer, prélever) et par é- (échelon, élever).

L'accent circonflexe : â, ê, î, ô, û

L'accent circonflexe peut se placer sur toutes les voyelles sauf le y. Il a trois rôles.

1. La trace d'une lettre disparue

Le plus souvent, il remplace un s qui s'écrivait autrefois et qui ne se prononçait plus. Ce s réapparaît souvent dans les mots de la même famille :

Mot avec circonflexeMot de la même famille
forêtforestier
hôpitalhospitalier
fêtefestival, festif
bêtebestial
fenêtredéfenestrer
croûtecroustillant
côteaccoster

Il remplace parfois une voyelle disparue : âge s'écrivait aage, sûr et mûr s'écrivaient seür et meür.

2. La prononciation

Sur le e, il note le son ouvert : fête, rêve, même. Sur le o, il indique un o fermé : côte ne se prononce pas comme cote dans une prononciation soignée. Sur le a, il marquait un a plus grave (pâte face à patte), distinction que beaucoup de locuteurs ne font plus.

3. Distinguer des homophones

Avec accentSans accent
dû (participe de devoir)du (article)
sûr (certain)sur (préposition)
mûr (fruit mûr)mur (paroi)
jeûne (privation)jeune (âge)
tâche (travail)tache (salissure)
le nôtre, le vôtre (pronoms)notre, votre (déterminants)
pêcheur (qui pêche)pécheur (qui pèche)

Le cas de tâche et tache est détaillé dans la fiche tâche ou tache, et les autres paires dans la liste des homophones.

L'accent circonflexe en conjugaison

  • Au passé simple, aux deux premières personnes du pluriel : nous chantâmes, vous chantâtes ; nous finîmes ; nous fûmes (voir le passé simple).
  • Au subjonctif imparfait, à la 3e personne du singulier : qu'il chantât, qu'il finît, qu'il fût.
  • Dans les verbes en -aître et -oître, devant un t : il connaît, il paraît, il naît, il croît (du verbe croître).

Les mots de la même famille qui le perdent

L'accent circonflexe ne se transmet pas toujours aux dérivés : diplôme mais diplomate ; cône mais conique ; pôle mais polaire ; symptôme mais symptomatique ; grâce mais gracieux ; infâme mais infamie ; extrême mais extrémité ; jeûne mais déjeuner ; côte mais coteau.

À l'inverse, des mots qu'on accentue par erreur n'en ont jamais eu : zone, atome, axiome, idiome, cyclone, chute s'écrivent sans circonflexe, contrairement à cône, trône, pôle, rôle, drôle, fantôme.

Ce qu'ont changé les rectifications de 1990

Les rectifications de 1990 rendent l'accent circonflexe facultatif sur le i et le u : maitre, connaitre, il parait, ile, boite, gout, cout, piqure, diner, flute, aout. Il est conservé dans trois cas :

  • les terminaisons verbales du passé simple et du subjonctif : nous fûmes, vous vîtes, qu'il fût ;
  • les mots où il évite une confusion : dû (au masculin singulier), mûr, sûr (au masculin et au féminin, au singulier et au pluriel), jeûne ;
  • les formes de croître qui se confondraient avec celles de croire : il croît, je croîs.

Sur le a, le e et le o, rien ne change : pâte, fête, côte gardent leur accent. Les graphies traditionnelles restent correctes.

Le tréma : ë, ï, ü

Le tréma indique que la voyelle qui le porte se prononce séparément de celle qui la précède : maïs (ma-ïs, et non « mès »), naïf, héroïne, égoïste, coïncidence, aïeul, ouïe, Noël, canoë, capharnaüm. Le ÿ n'apparaît que dans quelques noms propres, comme la commune de L'Haÿ-les-Roses.

Dans aiguë, ambiguë, exiguë, contiguë, ciguë, le tréma de l'orthographe traditionnelle est placé sur le e muet pour indiquer que le u se prononce. Les rectifications de 1990 le placent sur la voyelle prononcée : aigüe, ambigüe, exigüe, contigüe, cigüe, ambigüité. Elles l'ajoutent aussi dans gageüre (qui se prononce « gajure ») et argüer.

Les accents sur les majuscules

Les accents se gardent sur les majuscules et les capitales : État, Élodie, À demain, ÉCOLE PRIMAIRE. Écrire Etat ou A demain est une habitude venue des machines à écrire et des claviers, pas une règle : l'Académie française recommande d'accentuer les capitales, car l'accent peut changer le sens (PÊCHEUR et PÉCHEUR, INTERNÉ et INTERNE).

Toutes les méthodes pour les taper sont réunies dans le guide des majuscules accentuées, avec des fiches dédiées pour le É majuscule et le À majuscule.

Taper les accents sur un clavier

Sur un clavier AZERTY français, les minuscules é, è, à, ù, ç ont leur touche. Pour le circonflexe et le tréma, on utilise une touche morte : appuyez sur ^ (ou Maj+^ pour le tréma), relâchez, puis tapez la voyelle. Sur un clavier sans ces touches, Windows propose les codes Alt, à taper sur le pavé numérique :

LettreCodeLettreCode
éAlt+0233êAlt+0234
èAlt+0232îAlt+0238
àAlt+0224ôAlt+0244
ùAlt+0249ûAlt+0251
âAlt+0226ëAlt+0235
çAlt+0231ïAlt+0239

Sur téléphone, un appui long sur la lettre affiche ses variantes accentuées.

Les erreurs les plus fréquentes

FautifCorrectPourquoi
éxemple, éffetexemple, effetpas d'accent devant x ou consonne double
pére, fidélepère, fidèlesyllabe suivante muette : è
aprés, trésaprès, trèsdevant un s final : è
il àil averbe avoir : sans accent
zône, cyclônezone, cyclonejamais de circonflexe
diplomediplômecirconflexe sur le o, qui reste obligatoire
Etat, EcoleÉtat, Écolel'accent se garde sur la majuscule

Ces fautes d'accent comptent parmi les plus faciles à repérer automatiquement : collez votre texte dans le correcteur d'orthographe pour les signaler. Pour les mots qui existent avec et sans accent (a / à, ou / où, sur / sûr), c'est le sens de la phrase qui décide.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l'accent aigu et l'accent grave ?

Sur le e, l'accent aigu (é) note le son fermé de été, l'accent grave (è) le son ouvert de père. L'accent aigu ne se place que sur le e ; l'accent grave se place aussi sur le a et le u, où il ne change pas le son mais distingue des mots : a / à, ou / où.

Faut-il mettre un accent sur les majuscules ?

Oui. En français, l'accent a pleine valeur orthographique, y compris sur les capitales : État, À bientôt, ÉLÈVE. L'Académie française recommande de toujours les accentuer. Les omettre est une habitude liée aux anciens claviers, pas une règle.

Pourquoi n'y a-t-il pas d'accent dans « exercice » ou « effet » ?

Parce que le e n'est pas en fin de syllabe. Devant un x (ex-ercice) ou une consonne double (ef-fet), le e appartient à une syllabe fermée par une consonne : il se prononce ouvert sans avoir besoin d'accent. C'est la même raison que pour mer, sel ou espoir.

Faut-il écrire « événement » ou « évènement » ?

Les deux sont corrects. Événement est la graphie traditionnelle ; évènement, avec un accent grave conforme à la prononciation, est recommandé par les rectifications de 1990. Il en va de même pour crémerie / crèmerie, sécheresse / sècheresse ou je céderai / je cèderai.

L'accent circonflexe a-t-il été supprimé en 1990 ?

Non. Les rectifications de 1990 le rendent facultatif sur le i et le u seulement (maitre, gout, ile), sauf dans les terminaisons verbales (nous fûmes, qu'il fût) et dans dû, mûr, sûr, jeûne et certaines formes de croître. Sur le a, le e et le o, il reste obligatoire : pâte, fête, côte.

Sur quelles lettres met-on un accent grave ?

Sur trois lettres : le e (père, très, succès), le a (à, là, déjà, voilà) et le u, dans un seul mot de la langue : où.

Mis à jour le 30 septembre 2026