Figure de style : la liste complète avec définitions et exemples
Une figure de style est un procédé d'écriture qui modifie la manière ordinaire de dire quelque chose pour produire un effet : créer une image, insister, surprendre, faire entendre un son ou sous-entendre le contraire. Métaphore, hyperbole, anaphore, oxymore : elles se répartissent en grandes familles, présentées ci-dessous avec une définition courte et un exemple pour chacune.
Sommaire
- À quoi servent les figures de style ?
- Les figures d'analogie : rapprocher deux réalités
- Les figures de substitution : remplacer un mot par un autre
- Les figures d'opposition : rapprocher les contraires
- Les figures d'amplification : insister
- Les figures d'atténuation : dire moins
- Les figures de construction : jouer sur l'ordre des mots
- Les figures de sonorité : faire entendre
- Les figures de l'énonciation et de l'implicite
- Tableau récapitulatif des figures de style
- Les confusions les plus fréquentes
- Repérer et analyser une figure de style au bac
- Exercice : identifiez la figure de style
- Questions fréquentes
À quoi servent les figures de style ?
Les figures de style ne sont pas réservées à la poésie. On les emploie tous les jours sans y penser : « mourir de rire » est une hyperbole, « boire un verre » une métonymie, « il nous a quittés » un euphémisme. Dans un texte littéraire, elles sont choisies pour produire un effet précis :
- créer une image qui rend une idée concrète (métaphore, comparaison, personnification) ;
- insister ou amplifier (hyperbole, gradation, anaphore, accumulation) ;
- atténuer ou suggérer (litote, euphémisme) ;
- opposer pour faire réfléchir (antithèse, oxymore, chiasme) ;
- jouer sur les sons et le rythme (allitération, assonance, paronomase) ;
- dire autre chose que ce que disent les mots (ironie, antiphrase, prétérition).
Analyser une figure de style, c'est donc toujours répondre à deux questions : quel procédé est employé, et quel effet produit-il sur le lecteur ?
Les figures d'analogie : rapprocher deux réalités
Elles mettent en relation deux éléments qui partagent un point commun, pour éclairer l'un par l'autre.
La comparaison
Rapprochement de deux éléments (le comparé et le comparant) à l'aide d'un outil de comparaison : comme, tel, ainsi que, pareil à, semblable à, ressembler à. Exemple : « Mon cœur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux » (Baudelaire, « Un voyage à Cythère »).
La métaphore
Rapprochement de deux éléments sans outil de comparaison. Exemple : « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage » (Baudelaire, « L'Ennemi ») : la jeunesse est directement assimilée à un orage.
La métaphore filée
Métaphore prolongée sur plusieurs phrases ou vers, par une série d'images du même domaine. Exemple : « La vie est un long fleuve : on se laisse porter par le courant, on heurte quelques rochers, et l'on finit toujours par rejoindre la mer. »
La personnification
Attribution de caractéristiques humaines à un objet, un animal ou une idée. Exemple : « Le vent hurlait sa colère contre les volets. »
L'allégorie
Représentation concrète d'une idée abstraite, souvent sous les traits d'un personnage, avec une majuscule. Exemple : la Justice représentée comme une femme aux yeux bandés tenant une balance ; « la Mort, faux à la main, frappait à la porte ».
Les figures de substitution : remplacer un mot par un autre
La métonymie
Désigner une réalité par une autre qui lui est liée : le contenant pour le contenu, l'auteur pour l'œuvre, le lieu pour les habitants. Exemples : « boire un verre » (le contenu du verre), « lire un Zola » (un livre de Zola), « tout le stade s'est levé » (les spectateurs).
La synecdoque
Cas particulier de métonymie : désigner le tout par une partie, ou l'inverse. Exemples : « une voile à l'horizon » pour un bateau, « un toit » pour une maison, « un troupeau de cinquante têtes ».
La périphrase
Remplacer un mot par une expression plus longue qui le définit. Exemples : « la Ville Lumière » (Paris), « l'astre du jour » (le soleil), « le roi des animaux » (le lion).
L'antonomase
Employer un nom propre comme nom commun, ou l'inverse. Exemple : « C'est un vrai Harpagon » (un avare, d'après le personnage de Molière dans L'Avare).
Les figures d'opposition : rapprocher les contraires
L'antithèse
Opposition de deux idées ou de deux termes contraires dans une même phrase ou un même passage. Exemple : « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie » (Louise Labé, sonnet VIII).
L'oxymore
Réunion de deux termes de sens contraires dans un même groupe de mots. Exemple : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid). Définition, exemples célèbres et différences avec l'antithèse sont détaillés dans la fiche oxymore : définition et exemples.
Le chiasme
Construction en miroir de type A-B / B-A. Exemple : « Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger » (Molière, L'Avare).
Le paradoxe
Idée qui va contre l'opinion commune ou semble absurde, mais qui cache une vérité. Exemple : « Plus je me presse, plus j'arrive en retard. »
L'antiphrase
Dire le contraire de ce que l'on pense, en comptant sur le contexte pour être compris. Exemple : « Bravo, c'est vraiment réussi ! » devant un gâteau brûlé.
Les figures d'amplification : insister
L'hyperbole
Exagération volontaire pour frapper les esprits. Exemples : « Je te l'ai dit mille fois », « Je meurs de faim », « un bruit à réveiller un mort ».
La gradation
Suite de termes d'intensité croissante (gradation ascendante) ou décroissante (descendante). Exemple : « Va, cours, vole, et nous venge » (Corneille, Le Cid).
L'accumulation (ou énumération)
Suite de mots ou de groupes de même nature, pour donner une impression d'abondance ou de désordre. Exemple : « Sur la table traînaient des clés, des factures, des tasses vides, des stylos, un vieux journal. »
L'anaphore
Répétition d'un même mot ou groupe de mots en début de phrase, de vers ou de proposition. Exemple : « Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant ! » (Corneille, Horace).
L'épiphore
Répétition d'un mot ou groupe de mots en fin de phrase ou de vers. Exemple : « Il pense à elle le matin, il rêve d'elle le soir, il ne vit que pour elle. »
Le pléonasme
Répétition d'une idée déjà exprimée. Fautif quand il est involontaire (« monter en haut », « prévoir à l'avance »), il devient une figure quand il sert à insister : « Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu » (Molière, Le Tartuffe). Les pléonasmes fautifs relèvent de la grammaire et du bon usage.
Les figures d'atténuation : dire moins
La litote
Dire moins pour faire entendre plus, souvent par une tournure négative. Exemple : « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid) : Chimène fait comprendre à Rodrigue qu'elle l'aime encore.
L'euphémisme
Adoucir une réalité brutale ou déplaisante. Exemples : « il nous a quittés » (il est mort), « un plan de départs volontaires » (des licenciements).
Pour ne pas les confondre : la litote renforce l'idée en la minimisant en apparence (« ce n'est pas mauvais » = c'est bon). L'euphémisme adoucit une idée pénible sans chercher à la renforcer.
Les figures de construction : jouer sur l'ordre des mots
Le parallélisme
Reprise d'une même structure syntaxique dans deux phrases ou segments. Exemple : « Le matin, il travaille ; le soir, il écrit. »
Le zeugma (ou zeugme)
Rattacher à un même mot deux éléments de nature différente, souvent l'un concret et l'autre abstrait. Exemple : « Vêtu de probité candide et de lin blanc » (Victor Hugo, « Booz endormi »).
L'hypallage
Attribuer à un mot un qualificatif qui convient logiquement à un autre. Exemple : « Il fumait une pipe pensive » (c'est le fumeur qui est pensif).
L'asyndète et la polysyndète
L'asyndète supprime les mots de liaison pour accélérer le rythme : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu » (formule attribuée à Jules César). La polysyndète les multiplie pour insister : « Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine, Phèdre).
L'ellipse
Suppression de mots que le lecteur peut rétablir. Exemple : « Lui à Paris, elle à Lyon » (il vit à Paris, elle vit à Lyon).
L'anacoluthe
Rupture dans la construction de la phrase. Exemple : « Mon frère, une fois qu'il a une idée, impossible de le faire changer d'avis. »
L'inversion
Modification de l'ordre habituel des mots pour mettre un élément en relief. Exemple : « Grande fut sa surprise. »
Les figures de sonorité : faire entendre
L'allitération
Répétition d'un même son consonne. Exemple : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque) : le son [s] imite le sifflement.
L'assonance
Répétition d'un même son voyelle. Exemple : « Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine, Phèdre), avec le son [i].
La paronomase
Rapprochement de mots aux sons proches mais de sens différents. Exemple : « Qui se ressemble s'assemble. » Elle joue sur des mots voisins, comme les homophones jouent sur des mots identiques à l'oreille.
L'harmonie imitative
Choix de sons qui imitent le bruit évoqué. Le vers de Racine sur les serpents en est l'exemple classique : l'allitération en [s] produit l'harmonie imitative.
Les figures de l'énonciation et de l'implicite
L'apostrophe
Interpeller directement une personne, un objet ou une idée, présents ou absents. Exemple : « Ô temps ! suspends ton vol » (Lamartine, « Le Lac »), qui est aussi une personnification.
L'ironie
Faire entendre le contraire de ce que l'on dit, pour se moquer ou critiquer. L'antiphrase en est l'outil principal. Exemple : « Quel temps magnifique pour un pique-nique ! » sous une pluie battante.
La prétérition
Annoncer qu'on ne va pas parler d'une chose… tout en en parlant. Exemple : « Je ne vous dirai pas combien ce projet nous a coûté de nuits blanches. »
La question rhétorique
Question qui n'attend pas de réponse, car elle contient déjà l'affirmation. Exemple : « Qui pourrait accepter une telle injustice ? » (= personne ne le peut).
Tableau récapitulatif des figures de style
| Figure | Famille | Définition courte | Exemple |
|---|---|---|---|
| Comparaison | Analogie | Rapprochement avec outil | Rusé comme un renard |
| Métaphore | Analogie | Rapprochement sans outil | Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage |
| Personnification | Analogie | Traits humains prêtés à une chose | Le vent hurlait sa colère |
| Allégorie | Analogie | Idée abstraite rendue concrète | La Justice et sa balance |
| Métonymie | Substitution | Un mot pour un autre lié | Boire un verre |
| Synecdoque | Substitution | La partie pour le tout | Une voile à l'horizon |
| Périphrase | Substitution | Expression à la place d'un mot | La Ville Lumière |
| Antonomase | Substitution | Nom propre employé comme nom commun | Un Harpagon |
| Antithèse | Opposition | Deux idées contraires rapprochées | Je vis, je meurs |
| Oxymore | Opposition | Deux contraires dans le même groupe | Obscure clarté |
| Chiasme | Opposition / construction | Structure en miroir A-B-B-A | Manger pour vivre, non vivre pour manger |
| Paradoxe | Opposition | Idée contraire au sens commun | Plus je me presse, plus je suis en retard |
| Antiphrase | Opposition | Dire le contraire de ce qu'on pense | Bravo, c'est réussi ! |
| Hyperbole | Amplification | Exagération | Je meurs de faim |
| Gradation | Amplification | Termes d'intensité croissante | Va, cours, vole |
| Accumulation | Amplification | Énumération abondante | Des clés, des factures, des tasses… |
| Anaphore | Amplification | Répétition en début de phrase | Rome, … / Rome, … |
| Épiphore | Amplification | Répétition en fin de phrase | … elle, … elle |
| Pléonasme | Amplification | Redondance de sens | De mes propres yeux vu |
| Litote | Atténuation | Dire moins pour suggérer plus | Je ne te hais point |
| Euphémisme | Atténuation | Adoucir une réalité | Il nous a quittés |
| Parallélisme | Construction | Même structure répétée | Le matin, il travaille ; le soir, il écrit |
| Zeugma | Construction | Un mot, deux compléments hétérogènes | Vêtu de probité candide et de lin blanc |
| Hypallage | Construction | Qualificatif déplacé | Une pipe pensive |
| Asyndète | Construction | Suppression des liaisons | Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu |
| Polysyndète | Construction | Multiplication des liaisons | Et me nuit et conspire… |
| Ellipse | Construction | Mots sous-entendus | Lui à Paris, elle à Lyon |
| Anacoluthe | Construction | Rupture de construction | Mon frère, … impossible de… |
| Allitération | Sonorité | Répétition d'une consonne | Ces serpents qui sifflent |
| Assonance | Sonorité | Répétition d'une voyelle | Tout m'afflige et me nuit |
| Paronomase | Sonorité | Mots aux sons proches | Qui se ressemble s'assemble |
| Apostrophe | Énonciation | Interpeller quelqu'un ou quelque chose | Ô temps ! suspends ton vol |
| Ironie | Implicite | Se moquer en disant le contraire | Quel temps magnifique ! |
| Prétérition | Implicite | Dire qu'on ne dira pas | Je ne vous dirai pas combien… |
| Question rhétorique | Implicite | Question sans réponse attendue | Qui pourrait l'accepter ? |
Les confusions les plus fréquentes
| Figures | Comment les distinguer |
|---|---|
| Comparaison / métaphore | Cherchez l'outil de comparaison. Présent : comparaison. Absent : métaphore. |
| Oxymore / antithèse | Oxymore : contraires soudés dans le même groupe de mots (« obscure clarté »). Antithèse : contraires répartis dans la phrase (« Je vis, je meurs »). |
| Litote / euphémisme | La litote renforce l'idée en disant moins ; l'euphémisme l'adoucit. |
| Métonymie / synecdoque | La synecdoque est une métonymie particulière, fondée sur la relation partie-tout. |
| Allitération / assonance | Consonnes pour l'allitération, voyelles pour l'assonance. On raisonne sur les sons, pas sur les lettres. |
| Anaphore / épiphore | Répétition en début (anaphore) ou en fin (épiphore) de phrase ou de vers. |
| Personnification / allégorie | La personnification prête des traits humains ; l'allégorie incarne une idée abstraite, souvent avec une majuscule. |
| Ironie / antiphrase | L'antiphrase est le procédé (dire le contraire) ; l'ironie est l'intention moqueuse, qui peut passer par d'autres moyens. |
Repérer et analyser une figure de style au bac
À l'oral comme à l'écrit, le correcteur n'attend pas une liste de noms : il attend une interprétation. Une bonne analyse suit trois temps.
- RepérerLisez le passage à voix haute ou dans votre tête. Soulignez ce qui sort de l'ordinaire : une image, une répétition, une exagération, un son qui revient, une phrase construite en miroir.
- Nommer et citerIdentifiez la figure avec le terme exact et citez précisément les mots concernés, entre guillemets.
- InterpréterExpliquez l'effet produit et reliez-le au sens du texte : « L'allitération en [s] imite le sifflement des serpents et rend l'hallucination d'Oreste presque audible. »
Quelques conseils pratiques :
- Mieux vaut trois figures bien analysées que dix simplement nommées.
- Une même expression peut contenir plusieurs figures : « Ô temps ! suspends ton vol » est à la fois une apostrophe et une personnification.
- En cas de doute entre deux termes voisins, décrivez le procédé : « un rapprochement de deux termes contraires » reste juste, même si vous hésitez entre oxymore et antithèse.
- Reliez toujours la figure au thème ou au registre du texte (lyrique, tragique, comique, polémique).
Exercice : identifiez la figure de style
Pour chaque phrase, trouvez la figure principale. Les réponses sont données sous la liste.
- « Ce professeur est une encyclopédie vivante. »
- « J'ai des milliers de choses à faire aujourd'hui. »
- « Elle n'est pas bête. »
- « Les feuilles dansaient sous la pluie. »
- « Un silence assourdissant régnait dans la salle. »
- « Il a pris son courage et son parapluie. »
- « Toujours la même rue, toujours les mêmes visages, toujours le même ennui. »
- « Toute la salle a applaudi. »
Réponses : 1. métaphore ; 2. hyperbole ; 3. litote ; 4. personnification ; 5. oxymore ; 6. zeugma ; 7. anaphore ; 8. métonymie (la salle pour le public).
Les figures de style font partie de l'écriture soignée, au même titre que l'orthographe. Avant de rendre un commentaire ou une dissertation, passez votre copie dans le correcteur d'orthographe : une belle analyse perd de sa force si elle est émaillée de fautes.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une figure de style ?
C'est un procédé d'écriture qui s'écarte de la façon la plus simple de dire les choses pour produire un effet : rendre une idée plus frappante, créer une image, un rythme, une émotion ou de l'ironie. La métaphore, la comparaison et l'hyperbole en sont les exemples les plus connus.
Combien y a-t-il de figures de style ?
Il n'existe pas de liste officielle : les traités de rhétorique en recensent plusieurs dizaines, voire davantage selon les classements. Au collège et au lycée, une trentaine suffit pour analyser la plupart des textes.
Quelle est la différence entre une métaphore et une comparaison ?
La comparaison rapproche deux éléments avec un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, ressembler à…) : « Il est rusé comme un renard. » La métaphore fait le même rapprochement sans outil : « Ce renard a encore trouvé une excuse. »
Quelle est la différence entre allitération et assonance ?
L'allitération répète un son de consonne (« ces serpents qui sifflent »), l'assonance répète un son de voyelle (« tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire », en [i]). C'est le son qui compte, pas la lettre.
Comment repérer une figure de style dans un texte ?
Cherchez ce qui surprend : une image, une exagération, une répétition, une construction inhabituelle, un son qui revient. Nommez ensuite la figure, citez le passage et expliquez l'effet produit. Nommer sans interpréter ne rapporte presque rien à l'examen.
Quelle figure de style atténue une idée ?
La litote (« Ce n'est pas mauvais » pour « c'est bon ») et l'euphémisme (« il nous a quittés » pour « il est mort »). La litote dit moins pour faire entendre plus ; l'euphémisme adoucit une réalité pénible.
Mis à jour le 29 septembre 2026