Correcteur d'orthographe

Figure de style : la liste complète avec définitions et exemples

Une figure de style est un procédé d'écriture qui modifie la manière ordinaire de dire quelque chose pour produire un effet : créer une image, insister, surprendre, faire entendre un son ou sous-entendre le contraire. Métaphore, hyperbole, anaphore, oxymore : elles se répartissent en grandes familles, présentées ci-dessous avec une définition courte et un exemple pour chacune.

Sommaire
  1. À quoi servent les figures de style ?
  2. Les figures d'analogie : rapprocher deux réalités
  3. Les figures de substitution : remplacer un mot par un autre
  4. Les figures d'opposition : rapprocher les contraires
  5. Les figures d'amplification : insister
  6. Les figures d'atténuation : dire moins
  7. Les figures de construction : jouer sur l'ordre des mots
  8. Les figures de sonorité : faire entendre
  9. Les figures de l'énonciation et de l'implicite
  10. Tableau récapitulatif des figures de style
  11. Les confusions les plus fréquentes
  12. Repérer et analyser une figure de style au bac
  13. Exercice : identifiez la figure de style
  14. Questions fréquentes

À quoi servent les figures de style ?

Les figures de style ne sont pas réservées à la poésie. On les emploie tous les jours sans y penser : « mourir de rire » est une hyperbole, « boire un verre » une métonymie, « il nous a quittés » un euphémisme. Dans un texte littéraire, elles sont choisies pour produire un effet précis :

  • créer une image qui rend une idée concrète (métaphore, comparaison, personnification) ;
  • insister ou amplifier (hyperbole, gradation, anaphore, accumulation) ;
  • atténuer ou suggérer (litote, euphémisme) ;
  • opposer pour faire réfléchir (antithèse, oxymore, chiasme) ;
  • jouer sur les sons et le rythme (allitération, assonance, paronomase) ;
  • dire autre chose que ce que disent les mots (ironie, antiphrase, prétérition).

Analyser une figure de style, c'est donc toujours répondre à deux questions : quel procédé est employé, et quel effet produit-il sur le lecteur ?

Les figures d'analogie : rapprocher deux réalités

Elles mettent en relation deux éléments qui partagent un point commun, pour éclairer l'un par l'autre.

La comparaison

Rapprochement de deux éléments (le comparé et le comparant) à l'aide d'un outil de comparaison : comme, tel, ainsi que, pareil à, semblable à, ressembler à. Exemple : « Mon cœur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux » (Baudelaire, « Un voyage à Cythère »).

La métaphore

Rapprochement de deux éléments sans outil de comparaison. Exemple : « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage » (Baudelaire, « L'Ennemi ») : la jeunesse est directement assimilée à un orage.

La métaphore filée

Métaphore prolongée sur plusieurs phrases ou vers, par une série d'images du même domaine. Exemple : « La vie est un long fleuve : on se laisse porter par le courant, on heurte quelques rochers, et l'on finit toujours par rejoindre la mer. »

La personnification

Attribution de caractéristiques humaines à un objet, un animal ou une idée. Exemple : « Le vent hurlait sa colère contre les volets. »

L'allégorie

Représentation concrète d'une idée abstraite, souvent sous les traits d'un personnage, avec une majuscule. Exemple : la Justice représentée comme une femme aux yeux bandés tenant une balance ; « la Mort, faux à la main, frappait à la porte ».

Les figures de substitution : remplacer un mot par un autre

La métonymie

Désigner une réalité par une autre qui lui est liée : le contenant pour le contenu, l'auteur pour l'œuvre, le lieu pour les habitants. Exemples : « boire un verre » (le contenu du verre), « lire un Zola » (un livre de Zola), « tout le stade s'est levé » (les spectateurs).

La synecdoque

Cas particulier de métonymie : désigner le tout par une partie, ou l'inverse. Exemples : « une voile à l'horizon » pour un bateau, « un toit » pour une maison, « un troupeau de cinquante têtes ».

La périphrase

Remplacer un mot par une expression plus longue qui le définit. Exemples : « la Ville Lumière » (Paris), « l'astre du jour » (le soleil), « le roi des animaux » (le lion).

L'antonomase

Employer un nom propre comme nom commun, ou l'inverse. Exemple : « C'est un vrai Harpagon » (un avare, d'après le personnage de Molière dans L'Avare).

Les figures d'opposition : rapprocher les contraires

L'antithèse

Opposition de deux idées ou de deux termes contraires dans une même phrase ou un même passage. Exemple : « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie » (Louise Labé, sonnet VIII).

L'oxymore

Réunion de deux termes de sens contraires dans un même groupe de mots. Exemple : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid). Définition, exemples célèbres et différences avec l'antithèse sont détaillés dans la fiche oxymore : définition et exemples.

Le chiasme

Construction en miroir de type A-B / B-A. Exemple : « Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger » (Molière, L'Avare).

Le paradoxe

Idée qui va contre l'opinion commune ou semble absurde, mais qui cache une vérité. Exemple : « Plus je me presse, plus j'arrive en retard. »

L'antiphrase

Dire le contraire de ce que l'on pense, en comptant sur le contexte pour être compris. Exemple : « Bravo, c'est vraiment réussi ! » devant un gâteau brûlé.

Les figures d'amplification : insister

L'hyperbole

Exagération volontaire pour frapper les esprits. Exemples : « Je te l'ai dit mille fois », « Je meurs de faim », « un bruit à réveiller un mort ».

La gradation

Suite de termes d'intensité croissante (gradation ascendante) ou décroissante (descendante). Exemple : « Va, cours, vole, et nous venge » (Corneille, Le Cid).

L'accumulation (ou énumération)

Suite de mots ou de groupes de même nature, pour donner une impression d'abondance ou de désordre. Exemple : « Sur la table traînaient des clés, des factures, des tasses vides, des stylos, un vieux journal. »

L'anaphore

Répétition d'un même mot ou groupe de mots en début de phrase, de vers ou de proposition. Exemple : « Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant ! » (Corneille, Horace).

L'épiphore

Répétition d'un mot ou groupe de mots en fin de phrase ou de vers. Exemple : « Il pense à elle le matin, il rêve d'elle le soir, il ne vit que pour elle. »

Le pléonasme

Répétition d'une idée déjà exprimée. Fautif quand il est involontaire (« monter en haut », « prévoir à l'avance »), il devient une figure quand il sert à insister : « Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu » (Molière, Le Tartuffe). Les pléonasmes fautifs relèvent de la grammaire et du bon usage.

Les figures d'atténuation : dire moins

La litote

Dire moins pour faire entendre plus, souvent par une tournure négative. Exemple : « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid) : Chimène fait comprendre à Rodrigue qu'elle l'aime encore.

L'euphémisme

Adoucir une réalité brutale ou déplaisante. Exemples : « il nous a quittés » (il est mort), « un plan de départs volontaires » (des licenciements).

Pour ne pas les confondre : la litote renforce l'idée en la minimisant en apparence (« ce n'est pas mauvais » = c'est bon). L'euphémisme adoucit une idée pénible sans chercher à la renforcer.

Les figures de construction : jouer sur l'ordre des mots

Le parallélisme

Reprise d'une même structure syntaxique dans deux phrases ou segments. Exemple : « Le matin, il travaille ; le soir, il écrit. »

Le zeugma (ou zeugme)

Rattacher à un même mot deux éléments de nature différente, souvent l'un concret et l'autre abstrait. Exemple : « Vêtu de probité candide et de lin blanc » (Victor Hugo, « Booz endormi »).

L'hypallage

Attribuer à un mot un qualificatif qui convient logiquement à un autre. Exemple : « Il fumait une pipe pensive » (c'est le fumeur qui est pensif).

L'asyndète et la polysyndète

L'asyndète supprime les mots de liaison pour accélérer le rythme : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu » (formule attribuée à Jules César). La polysyndète les multiplie pour insister : « Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine, Phèdre).

L'ellipse

Suppression de mots que le lecteur peut rétablir. Exemple : « Lui à Paris, elle à Lyon » (il vit à Paris, elle vit à Lyon).

L'anacoluthe

Rupture dans la construction de la phrase. Exemple : « Mon frère, une fois qu'il a une idée, impossible de le faire changer d'avis. »

L'inversion

Modification de l'ordre habituel des mots pour mettre un élément en relief. Exemple : « Grande fut sa surprise. »

Les figures de sonorité : faire entendre

L'allitération

Répétition d'un même son consonne. Exemple : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque) : le son [s] imite le sifflement.

L'assonance

Répétition d'un même son voyelle. Exemple : « Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine, Phèdre), avec le son [i].

La paronomase

Rapprochement de mots aux sons proches mais de sens différents. Exemple : « Qui se ressemble s'assemble. » Elle joue sur des mots voisins, comme les homophones jouent sur des mots identiques à l'oreille.

L'harmonie imitative

Choix de sons qui imitent le bruit évoqué. Le vers de Racine sur les serpents en est l'exemple classique : l'allitération en [s] produit l'harmonie imitative.

Les figures de l'énonciation et de l'implicite

L'apostrophe

Interpeller directement une personne, un objet ou une idée, présents ou absents. Exemple : « Ô temps ! suspends ton vol » (Lamartine, « Le Lac »), qui est aussi une personnification.

L'ironie

Faire entendre le contraire de ce que l'on dit, pour se moquer ou critiquer. L'antiphrase en est l'outil principal. Exemple : « Quel temps magnifique pour un pique-nique ! » sous une pluie battante.

La prétérition

Annoncer qu'on ne va pas parler d'une chose… tout en en parlant. Exemple : « Je ne vous dirai pas combien ce projet nous a coûté de nuits blanches. »

La question rhétorique

Question qui n'attend pas de réponse, car elle contient déjà l'affirmation. Exemple : « Qui pourrait accepter une telle injustice ? » (= personne ne le peut).

Tableau récapitulatif des figures de style

FigureFamilleDéfinition courteExemple
ComparaisonAnalogieRapprochement avec outilRusé comme un renard
MétaphoreAnalogieRapprochement sans outilMa jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage
PersonnificationAnalogieTraits humains prêtés à une choseLe vent hurlait sa colère
AllégorieAnalogieIdée abstraite rendue concrèteLa Justice et sa balance
MétonymieSubstitutionUn mot pour un autre liéBoire un verre
SynecdoqueSubstitutionLa partie pour le toutUne voile à l'horizon
PériphraseSubstitutionExpression à la place d'un motLa Ville Lumière
AntonomaseSubstitutionNom propre employé comme nom communUn Harpagon
AntithèseOppositionDeux idées contraires rapprochéesJe vis, je meurs
OxymoreOppositionDeux contraires dans le même groupeObscure clarté
ChiasmeOpposition / constructionStructure en miroir A-B-B-AManger pour vivre, non vivre pour manger
ParadoxeOppositionIdée contraire au sens communPlus je me presse, plus je suis en retard
AntiphraseOppositionDire le contraire de ce qu'on penseBravo, c'est réussi !
HyperboleAmplificationExagérationJe meurs de faim
GradationAmplificationTermes d'intensité croissanteVa, cours, vole
AccumulationAmplificationÉnumération abondanteDes clés, des factures, des tasses…
AnaphoreAmplificationRépétition en début de phraseRome, … / Rome, …
ÉpiphoreAmplificationRépétition en fin de phrase… elle, … elle
PléonasmeAmplificationRedondance de sensDe mes propres yeux vu
LitoteAtténuationDire moins pour suggérer plusJe ne te hais point
EuphémismeAtténuationAdoucir une réalitéIl nous a quittés
ParallélismeConstructionMême structure répétéeLe matin, il travaille ; le soir, il écrit
ZeugmaConstructionUn mot, deux compléments hétérogènesVêtu de probité candide et de lin blanc
HypallageConstructionQualificatif déplacéUne pipe pensive
AsyndèteConstructionSuppression des liaisonsJe suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu
PolysyndèteConstructionMultiplication des liaisonsEt me nuit et conspire…
EllipseConstructionMots sous-entendusLui à Paris, elle à Lyon
AnacolutheConstructionRupture de constructionMon frère, … impossible de…
AllitérationSonoritéRépétition d'une consonneCes serpents qui sifflent
AssonanceSonoritéRépétition d'une voyelleTout m'afflige et me nuit
ParonomaseSonoritéMots aux sons prochesQui se ressemble s'assemble
ApostropheÉnonciationInterpeller quelqu'un ou quelque choseÔ temps ! suspends ton vol
IronieImpliciteSe moquer en disant le contraireQuel temps magnifique !
PrétéritionImpliciteDire qu'on ne dira pasJe ne vous dirai pas combien…
Question rhétoriqueImpliciteQuestion sans réponse attendueQui pourrait l'accepter ?

Les confusions les plus fréquentes

FiguresComment les distinguer
Comparaison / métaphoreCherchez l'outil de comparaison. Présent : comparaison. Absent : métaphore.
Oxymore / antithèseOxymore : contraires soudés dans le même groupe de mots (« obscure clarté »). Antithèse : contraires répartis dans la phrase (« Je vis, je meurs »).
Litote / euphémismeLa litote renforce l'idée en disant moins ; l'euphémisme l'adoucit.
Métonymie / synecdoqueLa synecdoque est une métonymie particulière, fondée sur la relation partie-tout.
Allitération / assonanceConsonnes pour l'allitération, voyelles pour l'assonance. On raisonne sur les sons, pas sur les lettres.
Anaphore / épiphoreRépétition en début (anaphore) ou en fin (épiphore) de phrase ou de vers.
Personnification / allégorieLa personnification prête des traits humains ; l'allégorie incarne une idée abstraite, souvent avec une majuscule.
Ironie / antiphraseL'antiphrase est le procédé (dire le contraire) ; l'ironie est l'intention moqueuse, qui peut passer par d'autres moyens.

Repérer et analyser une figure de style au bac

À l'oral comme à l'écrit, le correcteur n'attend pas une liste de noms : il attend une interprétation. Une bonne analyse suit trois temps.

  1. RepérerLisez le passage à voix haute ou dans votre tête. Soulignez ce qui sort de l'ordinaire : une image, une répétition, une exagération, un son qui revient, une phrase construite en miroir.
  2. Nommer et citerIdentifiez la figure avec le terme exact et citez précisément les mots concernés, entre guillemets.
  3. InterpréterExpliquez l'effet produit et reliez-le au sens du texte : « L'allitération en [s] imite le sifflement des serpents et rend l'hallucination d'Oreste presque audible. »

Quelques conseils pratiques :

  • Mieux vaut trois figures bien analysées que dix simplement nommées.
  • Une même expression peut contenir plusieurs figures : « Ô temps ! suspends ton vol » est à la fois une apostrophe et une personnification.
  • En cas de doute entre deux termes voisins, décrivez le procédé : « un rapprochement de deux termes contraires » reste juste, même si vous hésitez entre oxymore et antithèse.
  • Reliez toujours la figure au thème ou au registre du texte (lyrique, tragique, comique, polémique).

Exercice : identifiez la figure de style

Pour chaque phrase, trouvez la figure principale. Les réponses sont données sous la liste.

  1. « Ce professeur est une encyclopédie vivante. »
  2. « J'ai des milliers de choses à faire aujourd'hui. »
  3. « Elle n'est pas bête. »
  4. « Les feuilles dansaient sous la pluie. »
  5. « Un silence assourdissant régnait dans la salle. »
  6. « Il a pris son courage et son parapluie. »
  7. « Toujours la même rue, toujours les mêmes visages, toujours le même ennui. »
  8. « Toute la salle a applaudi. »

Réponses : 1. métaphore ; 2. hyperbole ; 3. litote ; 4. personnification ; 5. oxymore ; 6. zeugma ; 7. anaphore ; 8. métonymie (la salle pour le public).

Les figures de style font partie de l'écriture soignée, au même titre que l'orthographe. Avant de rendre un commentaire ou une dissertation, passez votre copie dans le correcteur d'orthographe : une belle analyse perd de sa force si elle est émaillée de fautes.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une figure de style ?

C'est un procédé d'écriture qui s'écarte de la façon la plus simple de dire les choses pour produire un effet : rendre une idée plus frappante, créer une image, un rythme, une émotion ou de l'ironie. La métaphore, la comparaison et l'hyperbole en sont les exemples les plus connus.

Combien y a-t-il de figures de style ?

Il n'existe pas de liste officielle : les traités de rhétorique en recensent plusieurs dizaines, voire davantage selon les classements. Au collège et au lycée, une trentaine suffit pour analyser la plupart des textes.

Quelle est la différence entre une métaphore et une comparaison ?

La comparaison rapproche deux éléments avec un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, ressembler à…) : « Il est rusé comme un renard. » La métaphore fait le même rapprochement sans outil : « Ce renard a encore trouvé une excuse. »

Quelle est la différence entre allitération et assonance ?

L'allitération répète un son de consonne (« ces serpents qui sifflent »), l'assonance répète un son de voyelle (« tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire », en [i]). C'est le son qui compte, pas la lettre.

Comment repérer une figure de style dans un texte ?

Cherchez ce qui surprend : une image, une exagération, une répétition, une construction inhabituelle, un son qui revient. Nommez ensuite la figure, citez le passage et expliquez l'effet produit. Nommer sans interpréter ne rapporte presque rien à l'examen.

Quelle figure de style atténue une idée ?

La litote (« Ce n'est pas mauvais » pour « c'est bon ») et l'euphémisme (« il nous a quittés » pour « il est mort »). La litote dit moins pour faire entendre plus ; l'euphémisme adoucit une réalité pénible.

Mis à jour le 29 septembre 2026