Métaphore : définition et exemples
Une métaphore est une figure de style qui rapproche deux réalités sans outil de comparaison, en désignant l'une par les mots de l'autre : « Cet enfant est un ange », « un océan de larmes », « le printemps de la vie ». Là où la comparaison dit « comme », la métaphore affirme directement la ressemblance, ce qui rend l'image plus forte et plus surprenante.
Sommaire
- Définition de la métaphore
- Métaphore in praesentia et in absentia
- Les constructions de la métaphore
- La métaphore filée
- Métaphore et comparaison : la différence
- Métaphore et figures voisines
- Les métaphores usées : pied de table et bras de fauteuil
- Quels effets produit une métaphore ?
- Comment analyser une métaphore au bac
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Définition de la métaphore
La métaphore (nom féminin) est la plus connue des figures de style d'analogie. Elle repose sur un point commun entre deux éléments, que le lecteur doit reconnaître lui-même. Pour l'analyser, on utilise trois termes :
- le comparé : ce dont on parle réellement (l'enfant) ;
- le comparant : l'image utilisée pour en parler (l'ange) ;
- le point commun, généralement sous-entendu (la douceur, l'innocence).
Le mot vient du grec metaphora, « transport, transfert », formé sur meta (idée de changement) et pherein (« porter ») : la métaphore transporte un mot de son domaine habituel vers un autre.
À retenir : pas d'outil de comparaison, pas de « comme ». Si vous trouvez comme, tel, pareil à ou ressembler à, c'est une comparaison, pas une métaphore.
Métaphore in praesentia et in absentia
In praesentia : le comparé est nommé
Le comparé et le comparant figurent tous deux dans la phrase, souvent reliés par le verbe être ou par une apposition. Baudelaire ouvre ainsi « L'Ennemi » : « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage ». La jeunesse (comparé) est assimilée à un orage (comparant). Pascal écrit de même dans les Pensées : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. »
In absentia : le comparé est sous-entendu
Seul le comparant apparaît ; le lecteur doit deviner de quoi il s'agit. À la fin de « Booz endormi », Victor Hugo évoque « Cette faucille d'or dans le champ des étoiles ». Le vers ne nomme pas le croissant de lune : c'est l'image de la faucille, outil de moisson recourbé et brillant, qui le désigne. La métaphore in absentia est plus énigmatique, donc plus poétique. Dans la vie courante : « Ce vieux lion a encore rugi pendant la réunion » pour un chef autoritaire.
Les constructions de la métaphore
| Construction | Exemples |
|---|---|
| Verbe être ou attribut | Cet enfant est un ange. Ce professeur est une encyclopédie vivante. |
| Apposition | Paris, fourmilière immense, s'éveillait. |
| Complément du nom | un océan de larmes, le printemps de la vie, une pluie de critiques |
| Verbe employé au figuré | Les idées germent dans sa tête. La colère bouillonne en lui. |
| Adjectif employé au figuré | un regard glacial, une voix cristalline, un silence de plomb |
| Comparant seul (in absentia) | cette faucille d'or ; ce vieux lion |
La métaphore filée
Une métaphore est dite filée lorsqu'elle se prolonge sur plusieurs mots, phrases ou vers, par une série d'images tirées du même domaine. Le premier quatrain de « L'Ennemi » en est un modèle :
« Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. »
Orage, soleils, tonnerre, pluie, jardin, fruits : tout le vocabulaire vient de la nature et des saisons, et chaque image correspond à un aspect de la vie du poète (épreuves, rares moments de bonheur, maigre récolte).
Apollinaire file une autre métaphore dans « Zone » : « Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin ». La tour devient une bergère, les ponts de la Seine son troupeau, et les bruits de la ville un bêlement : Paris est vu comme un paysage pastoral.
Dans la langue courante : « Ce projet est un marathon : nous avons pris un bon départ, mais il faudra tenir la distance jusqu'à la ligne d'arrivée. »
Métaphore et comparaison : la différence
| Comparaison | Métaphore | |
|---|---|---|
| Outil de comparaison | Oui : comme, tel, ainsi que, pareil à, semblable à, ressembler à, on dirait | Non |
| Rapport entre les termes | Rapprochement explicite | Assimilation directe |
| Exemple | Il est rusé comme un renard. | Ce vieux renard a encore trouvé une excuse. |
| Effet | Image expliquée, plus claire | Image imposée, plus forte |
Pour vérifier, essayez d'ajouter « comme » : « Cet enfant est comme un ange » transforme la métaphore en comparaison. Attention : le verbe être n'est pas un outil de comparaison. Et une comparaison entre deux éléments du même domaine (« Il est grand comme son père ») n'est pas une figure de style, car elle ne crée aucune image.
Métaphore et figures voisines
- La personnification est une métaphore particulière, qui prête des traits humains à une chose : « Le vent hurlait sa colère ».
- L'allégorie donne une forme concrète et durable à une idée abstraite : la Justice aux yeux bandés, tenant une balance.
- La métonymie remplace aussi un mot par un autre, mais par un lien réel (« boire un verre »), et non par une ressemblance.
- L'oxymore peut contenir une métaphore, comme le « Soleil noir de la Mélancolie » de Nerval, mais il se définit par l'association de deux contraires.
Les métaphores usées : pied de table et bras de fauteuil
Beaucoup de mots courants sont d'anciennes métaphores que plus personne ne remarque : « le pied de la table », « les bras du fauteuil », « une feuille de papier », « le cœur du problème », « une tête d'ail ». On parle de métaphores lexicalisées ou de catachrèses : elles comblent un manque de vocabulaire et ne créent plus d'image. Dans un commentaire, ne les relevez que si l'auteur les ranime, par exemple en les prenant au pied de la lettre.
Quels effets produit une métaphore ?
- Rendre concret un sentiment ou une idée abstraite : la jeunesse devient un orage, la mélancolie un soleil noir.
- Condenser : une seule image dit ce qu'il faudrait plusieurs phrases pour expliquer.
- Surprendre : un rapprochement inattendu renouvelle le regard sur le monde.
- Valoriser ou dévaloriser : dans un texte argumentatif, appeler une mesure « un poison » ou « un remède » oriente le jugement du lecteur.
- Révéler une vision : les métaphores choisies par un auteur disent sa manière de percevoir le réel.
Comment analyser une métaphore au bac
- Identifier le comparé et le comparantQu'est-ce qui est désigné, et par quelle image ? Si le comparé manque, précisez que la métaphore est in absentia.
- Trouver le point communFormulez ce que les deux éléments partagent : la violence, la lumière, la fragilité.
- Chercher si elle est filéeRelevez le champ lexical du comparant dans les phrases ou vers suivants.
- InterpréterExpliquez ce que l'image apporte au sens et au registre du texte.
Rédaction type : « La métaphore filée de l'orage assimile la jeunesse du poète à une tempête destructrice ; les "brillants soleils" y deviennent de rares moments de bonheur, et le jardin dévasté, une œuvre restée pauvre. »
Les erreurs fréquentes
- Appeler métaphore une comparaison : vérifiez toujours l'absence d'outil de comparaison.
- Relever une catachrèse (« le pied de la table ») comme une image voulue par l'auteur.
- Oublier de dire qu'elle est filée : une métaphore prolongée sur tout un passage compte davantage qu'une image isolée.
- Mal écrire le mot : métaphore prend un ph et un accent aigu, et non métafore ni méthaphore.
La liste des figures de style présente toutes les figures d'analogie avec un exemple pour chacune. Avant de rendre votre analyse, vérifiez-la avec le correcteur d'orthographe.
Questions fréquentes
Quelle est la définition simple d'une métaphore ?
Une métaphore désigne une chose par le nom d'une autre qui lui ressemble, sans utiliser de mot comme « comme ». Dire « cet enfant est un ange », c'est rapprocher l'enfant et l'ange pour suggérer sa douceur ou son innocence.
Quelle est la différence entre une métaphore et une comparaison ?
La comparaison utilise un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, ressembler à…) : « Il est rusé comme un renard. » La métaphore s'en passe et assimile directement les deux éléments : « Ce vieux renard a encore trouvé une excuse. »
Qu'est-ce qu'une métaphore filée ?
C'est une métaphore prolongée sur plusieurs mots, phrases ou vers, grâce à une série d'images tirées du même domaine. Chez Baudelaire, la jeunesse devient un orage, puis un jardin dévasté dont il reste « bien peu de fruits vermeils ».
Que signifient in praesentia et in absentia ?
Ces expressions latines signifient « en présence » et « en absence ». La métaphore in praesentia nomme le comparé (« Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage ») ; la métaphore in absentia le tait et le laisse deviner (« cette faucille d'or » pour la lune chez Victor Hugo).
Quels sont des exemples de métaphores courantes ?
« Un océan de larmes », « le printemps de la vie », « une pluie de critiques », « un regard glacial », « avoir un cœur de pierre », « être une mine d'or ». Certaines sont si usées qu'on ne les perçoit plus : « le pied de la table », « les bras du fauteuil ».
La personnification est-elle une métaphore ?
On peut la considérer comme une métaphore particulière : elle prête des caractéristiques humaines à une chose, un animal ou une idée (« la ville s'endort »). Au bac, nommez de préférence la figure la plus précise : personnification.
Mis à jour le 30 septembre 2026