Correcteur d'orthographe

La comparaison : définition, outils et exemples

La comparaison est une figure de style qui rapproche deux éléments de domaines différents ayant un point commun, à l'aide d'un outil de comparaison : « Il est rusé comme un renard », « Mon cœur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux » (Baudelaire). C'est la figure d'analogie la plus simple à repérer, car le mot qui relie les deux éléments est visible dans la phrase.

Sommaire
  1. Définition de la comparaison
  2. Comparé, comparant, outil, point commun
  3. La liste des outils de comparaison
  4. Exemples de comparaisons en littérature
  5. Comparaisons figées de la langue courante
  6. Comparaison figurée ou comparaison grammaticale ?
  7. Comparaison ou métaphore ?
  8. Quel effet produit une comparaison ?
  9. Comment analyser une comparaison au bac
  10. Les erreurs fréquentes
  11. Questions fréquentes

Définition de la comparaison

La comparaison appartient aux figures d'analogie, avec la métaphore, la personnification et l'allégorie, dans la liste des figures de style. Elle éclaire une réalité par une autre : pour faire comprendre à quel point une personne est rusée, on la rapproche du renard, animal réputé pour sa ruse. Le mot vient du latin comparatio, dérivé de comparare, « mettre en parallèle ».

À retenir : une comparaison, c'est un comparé + un outil + un comparant, et souvent un point commun exprimé. Sans outil, ce n'est plus une comparaison mais une métaphore.

Comparé, comparant, outil, point commun

Une comparaison complète réunit quatre éléments :

ÉlémentRôleDans « Ses yeux brillaient comme des étoiles »
Le comparéCe dont on parleses yeux
Le comparantL'image à laquelle on le rapprochedes étoiles
L'outil de comparaisonLe mot qui relie les deuxcomme
Le point commun (ou motif)La qualité partagéebrillaient

Le point commun n'est pas toujours exprimé. Dans « Ses yeux sont comme deux lacs », le lecteur doit deviner ce qui rapproche les yeux et les lacs : la couleur, la profondeur, le calme. Cette part laissée à l'interprétation rend la comparaison plus riche, et c'est souvent elle qu'il faut expliquer dans un commentaire.

La liste des outils de comparaison

NatureOutilsExemple
Conjonctions et locutionscomme, ainsi que, de même queIl rugit comme un lion.
Adjectifstel, pareil à, semblable à, comparable àSa voix, pareille à un murmure, apaisait la salle.
Verbesressembler à, sembler, paraître, avoir l'air de, rappeler, faire penser àLa ville semblait une fourmilière.
Présentatifon dirait, on aurait ditOn dirait un tableau.
Comparatifsplus… que, moins… que, aussi… queIl est plus têtu qu'une mule.
Locutions prépositivesà la manière de, à l'image de, à la façon deIl se faufilait à la manière d'un chat.

Avec tel employé seul, l'accord se fait le plus souvent avec le nom qui suit : « Elle bondit tel un chat », « Il fila telle une flèche ». L'accord avec le premier terme se rencontre aussi. Les règles d'accord de l'adjectif détaillent ce cas.

Exemples de comparaisons en littérature

« Mon cœur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux » (Baudelaire)

Au début d'« Un voyage à Cythère », le poète compare son cœur à un oiseau. Le point commun, voltiger joyeusement, exprime la légèreté et l'insouciance du départ, avant que le voyage ne tourne au cauchemar.

« Le Poète est semblable au prince des nuées » (Baudelaire)

Dans « L'Albatros », la dernière strophe explique tout le poème grâce à l'outil semblable à : le poète, maladroit parmi les hommes, ressemble à l'albatros, majestueux en vol mais ridicule sur le pont du navire. La comparaison sert ici de clé d'interprétation.

« Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine)

Verlaine rapproche la tristesse intérieure de la pluie. La comparaison est renforcée par le jeu sonore entre pleure et pleut : le paysage et l'état d'âme se confondent.

« Heureux comme avec une femme » (Rimbaud)

Dans « Sensation », Rimbaud écrit : « Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, / Par la Nature, — heureux comme avec une femme. » Deux comparaisons se suivent : la première dit la liberté du vagabond, la seconde la plénitude sensuelle du contact avec la nature.

Comparaisons figées de la langue courante

Beaucoup de comparaisons sont devenues des expressions toutes faites : rusé comme un renard, malin comme un singe, fort comme un bœuf, doux comme un agneau, muet comme une carpe, rouge comme une tomate, blanc comme neige, haut comme trois pommes, léger comme une plume. Elles restent des comparaisons, mais n'ont plus de force poétique. Dans une rédaction, préférez une image personnelle à un cliché.

Comparaison figurée ou comparaison grammaticale ?

Toute phrase qui compare n'est pas une figure de style. « Paul est plus grand que Pierre » ou « Elle ressemble à sa mère » sont des comparaisons au sens propre : les deux éléments appartiennent au même domaine et aucune image n'est créée. On parle alors de comparatif ou de comparaison grammaticale.

Il y a figure quand le rapprochement associe deux réalités de nature différente pour produire une image : un enfant et une pomme, un homme et une mule, un cœur et un oiseau.

De même, comme n'introduit pas toujours une comparaison. Il peut marquer la cause (« Comme il pleuvait, nous sommes restés »), le temps (« Comme il sortait, le téléphone sonna »), la fonction (« Il travaille comme serveur ») ou l'exclamation (« Comme c'est beau ! »). Ces emplois relèvent de la conjonction de subordination ou de l'adverbe, pas de la figure.

Comparaison ou métaphore ?

FigureConstructionExemple
ComparaisonComparé + outil + comparantCet homme est courageux comme un lion.
Métaphore avec comparéComparé + comparant, sans outilCet homme est un lion.
Métaphore sans comparéComparant seulLe lion s'élança dans la mêlée.

La métaphore est plus directe : elle affirme une identité là où la comparaison affirme une ressemblance. La comparaison garde une distance (« il est comme un lion », mais il n'en est pas un) ; la métaphore la supprime. La personnification et l'allégorie reposent elles aussi sur une analogie, mais sans outil de comparaison.

Quel effet produit une comparaison ?

  • Rendre concret : une idée ou une sensation difficile à décrire devient visible grâce à une image connue.
  • Caractériser : en une image, on dit la qualité principale d'un personnage (rusé, fort, fragile).
  • Valoriser ou dévaloriser : comparer à un prince ou à une bête change le regard porté sur le comparé.
  • Relier deux univers : l'intérieur et l'extérieur (Verlaine), l'homme et la nature (Rimbaud).
  • Surprendre : un comparant inattendu attire l'attention et renouvelle la vision.

Comment analyser une comparaison au bac

  1. Repérer l'outilCherchez comme, tel, semblable à, ressembler… et vérifiez qu'il rapproche deux réalités différentes.
  2. Identifier les élémentsNommez le comparé, le comparant et le point commun, exprimé ou non.
  3. Interpréter le comparantDemandez-vous ce qu'il apporte : quelles qualités, quelles connotations, quel registre.
  4. Relier au texteMontrez ce que la comparaison révèle du personnage, du thème ou du regard de l'auteur.

Une rédaction type : « En comparant le poète à l'albatros, "semblable au prince des nuées", Baudelaire oppose sa grandeur dans le domaine de l'art à sa maladresse dans la vie ordinaire. »

Les erreurs fréquentes

  • Prendre tout comme pour une comparaison : vérifiez qu'il rapproche deux réalités pour créer une image.
  • Relever une comparaison grammaticale : « plus grand que son frère » n'est pas une figure.
  • Appeler métaphore une comparaison : dès qu'un outil est présent, c'est une comparaison.
  • Oublier le point commun : c'est lui qui donne son sens à l'image, surtout quand il est implicite.
  • Mal écrire le mot : on écrit comparaison, avec ai, et non comparéson ni comparaisson. Le correcteur d'orthographe vous évite ces fautes dans vos devoirs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une comparaison en figure de style ?

C'est un rapprochement entre deux éléments de domaines différents, qui ont un point commun, à l'aide d'un outil de comparaison : « Il est rusé comme un renard ». Le premier élément est le comparé, le second le comparant.

Quels sont les outils de comparaison ?

Les plus fréquents sont comme, ainsi que, de même que, tel, pareil à, semblable à, comparable à, les verbes ressembler à, sembler, paraître, avoir l'air de, l'expression on dirait et les tournures plus… que, aussi… que.

Quelle est la différence entre une comparaison et une métaphore ?

La comparaison utilise un outil (« Cet homme est courageux comme un lion »). La métaphore fait le même rapprochement sans outil (« Cet homme est un lion »). Si vous pouvez montrer un mot qui relie les deux éléments, c'est une comparaison.

Que sont le comparé et le comparant ?

Le comparé est ce dont on parle ; le comparant est l'élément auquel on le rapproche pour le décrire. Dans « Ses yeux brillaient comme des étoiles », ses yeux sont le comparé, des étoiles le comparant, brillaient le point commun et comme l'outil.

« Il est plus grand que son frère » est-il une comparaison ?

C'est une comparaison grammaticale (un comparatif), pas une figure de style : les deux éléments appartiennent au même domaine et la phrase est prise au sens propre. Il y a figure quand le rapprochement crée une image : « Il est plus têtu qu'une mule ».

Tous les « comme » introduisent-ils une comparaison ?

Non. Comme peut exprimer la cause (« Comme il pleuvait, nous sommes restés »), le temps (« Comme il sortait, le téléphone sonna »), la fonction (« Il travaille comme serveur ») ou l'exclamation (« Comme c'est beau ! »). Seul le comme qui rapproche deux réalités pour créer une image forme une comparaison.

Mis à jour le 30 septembre 2026