La ponctuation en français : règles, espaces et erreurs fréquentes
La ponctuation découpe la phrase pour la rendre lisible : elle marque les pauses, l'intonation, les liens logiques et les paroles rapportées. Le français utilise une dizaine de signes (point, virgule, point-virgule, deux-points, points d'interrogation et d'exclamation, points de suspension, guillemets, tirets, parenthèses, crochets) et y ajoute des règles d'espacement propres à la typographie française.
Sommaire
- Les signes de ponctuation en un coup d'œil
- Le point
- La virgule
- Le point-virgule
- Les deux-points
- Le point d'interrogation et le point d'exclamation
- Les points de suspension
- Les guillemets
- Les tirets
- Ponctuer un dialogue
- Les parenthèses et les crochets
- Barre oblique, astérisque, point médian
- L'apostrophe
- Le trait d'union
- Typographie française : les espaces autour de la ponctuation
- Ponctuer une liste, un nombre, un e-mail
- Majuscule après la ponctuation
- Codes clavier des signes typographiques
- Les erreurs de ponctuation les plus fréquentes
- Exercice corrigé : ponctuez ces phrases
- Questions fréquentes
Les signes de ponctuation en un coup d'œil
| Signe | Nom | Rôle principal | Exemple |
|---|---|---|---|
| . | point | termine une phrase déclarative | Il pleut. |
| , | virgule | sépare des éléments, isole une incise | Paul, mon voisin, est parti. |
| ; | point-virgule | sépare deux propositions liées | Il pleut ; restons ici. |
| : | deux-points | annonce une explication, une liste, une citation | Une seule solution : partir. |
| ? | point d'interrogation | termine une question directe | Viens-tu ? |
| ! | point d'exclamation | marque l'émotion, l'ordre | Quelle chance ! |
| … | points de suspension | interruption, sous-entendu, liste inachevée | Si j'avais su… |
| « » | guillemets | paroles et citations | Il a dit « oui ». |
| – — | tirets | incise, dialogue | Paul – enfin ! – est arrivé. |
| ( ) | parenthèses | information accessoire | Lyon (Rhône) |
| [ ] | crochets | ajout ou coupure dans une citation | « Il […] est parti. » |
L'apostrophe et le trait d'union ne sont pas à proprement parler des signes de ponctuation, mais des signes orthographiques. Ils sont traités plus bas car ils obéissent aux mêmes règles d'espacement.
Le point
Le point termine une phrase déclarative ou impérative sans insistance particulière. Le mot suivant prend une majuscule. On ne met pas d'espace avant, une espace après.
- Point abréviatif : il marque une abréviation qui coupe la fin du mot (M. pour Monsieur, p. pour page, etc.). On ne le met pas quand l'abréviation garde la dernière lettre du mot : Mme, Mlle, Dr, Me.
- Un seul point en fin de phrase : si la phrase se termine par une abréviation (etc.) ou par des points de suspension, on n'ajoute pas de second point.
- Pas de point après un titre, un intitulé de tableau ou une signature.
- Sigles : l'usage actuel les écrit sans points (SNCF, ONU).
Abréviations : avec ou sans point ?
Le principe est simple : on met un point quand l'abréviation s'arrête avant la dernière lettre du mot, on n'en met pas quand elle garde cette dernière lettre. Les symboles d'unités, eux, ne prennent jamais de point ni de s au pluriel.
| Mot | Abréviation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Monsieur, Messieurs | M., MM. | la fin du mot est coupée : point |
| Madame, Mesdames | Mme, Mmes | dernière lettre conservée : pas de point |
| Docteur, Maître, Professeur | Dr, Me, Pr | dernière lettre conservée |
| page, confer, c'est-à-dire | p., cf., c.-à-d. | fin coupée : point |
| numéro | n° ou no | pas de point |
| premier, première, deuxième | 1er, 1re, 2e | pas de point ; « 1ère » et « 2ème » sont à éviter |
| kilomètre, heure, minute | km, h, min | symboles d'unités : jamais de point (5 km, pas 5 kms.) |
Etc. (et cetera, « et les autres choses ») prend toujours son point. Il est précédé d'une virgule et suivi d'une virgule si la phrase continue : « Les fruits, les légumes, etc., sont en promotion. » Associé à par exemple, notamment ou comme, qui annoncent déjà une liste incomplète, il fait double emploi : choisissez l'un ou l'autre.
La virgule
C'est le signe le plus fréquent et celui qui cause le plus d'erreurs. Elle marque une pause courte à l'intérieur de la phrase et sépare des éléments de même fonction ou des éléments détachés.
Dans une énumération
La virgule sépare les éléments de même fonction : « Il a acheté du pain, des œufs, du lait et des pommes. » Le dernier élément est relié par et, sans virgule, contrairement à un usage répandu en anglais. Elle sépare de la même façon des adjectifs ou des verbes juxtaposés : « Il est entré, a salué, s'est assis. » Devant etc., la virgule est de règle : « des pommes, des poires, etc. »
Après un complément ou une subordonnée placés en tête
- Complément circonstanciel en tête : « Chaque matin avant de partir, il vérifie ses mails. » Si le complément est court, la virgule est facultative (« Demain je pars » ou « Demain, je pars »).
- Subordonnée en tête : « Quand il est arrivé, nous dînions. » « S'il pleut, nous resterons. » Placée après la principale, la même subordonnée se passe de virgule : « Nous resterons s'il pleut. »
- Subordonnée finale détachée : on met une virgule quand elle ajoute une précision ou une opposition, notamment avec bien que, alors que ou puisque : « Il est sorti, bien qu'il pleuve. »
- Participe ou gérondif en tête : « En rentrant, j'ai croisé Paul. » « Épuisée, elle s'est couchée tôt. »
Autour d'une incise, d'une apposition ou d'une apostrophe
- Incise ou apposition : « Paul, mon voisin, part demain. » « Je crois, dit-elle, qu'il a raison. » Les deux virgules vont ensemble : n'en oubliez pas une.
- Relative explicative : entre virgules, elle apporte une précision qu'on pourrait retirer ; sans virgules, la relative restreint le sens du nom (voir l'exemple des élèves ci-dessous).
- Apostrophe, au sens grammatical (la personne à qui l'on parle) : Paul, viens ici. Merci, Madame. Bonjour, Paul ! En tête d'e-mail, « Bonjour Paul, » sans virgule intermédiaire est toutefois très répandu.
- Oui, non, si en réponse : « Oui, je viens. » « Non, merci. »
Avec les mots de liaison
- Mais et car qui relient deux propositions sont précédés d'une virgule : « Il est tard, mais je reste. » « Je rentre, car il pleut. » En tête de phrase, mais n'est pas suivi d'une virgule : « Mais il est parti. »
- Donc entre deux propositions prend une virgule avant : « Il pleut, donc je reste. » À l'intérieur d'une proposition, il n'en prend pas : « Il est donc resté. »
- Or, en tête de phrase, est souvent suivi d'une virgule : « Or, le train était parti. »
- Les adverbes de liaison (cependant, pourtant, en effet, par exemple, en revanche, bref) sont suivis d'une virgule en tête de phrase et encadrés de virgules à l'intérieur : « Cependant, rien n'est joué. » « Rien, cependant, n'est joué. »
- C'est-à-dire et notamment sont précédés d'une virgule : « des agrumes, notamment des oranges ».
Pour remplacer un verbe sous-entendu
Quand un verbe déjà exprimé n'est pas répété, une virgule marque sa place : « Paul aime le thé ; Marie, le café. » On la trouve aussi entre le lieu et la date en tête de lettre : « Lyon, le 12 mars 2026 ».
La virgule peut changer le sens. « On va manger, les enfants ! » invite les enfants à table ; « On va manger les enfants ! » annonce un festin d'ogre. De même, « Les élèves, qui avaient révisé, ont réussi » (tous avaient révisé) ne dit pas la même chose que « Les élèves qui avaient révisé ont réussi » (seulement ceux-là).
Quand ne pas mettre de virgule
- Jamais entre le sujet et le verbe : Les personnes qui souhaitent participer, doivent s'inscrire. → Les personnes qui souhaitent participer doivent s'inscrire. Même quand le sujet est long, il ne se sépare pas de son verbe. Seule une incise encadrée de deux virgules peut s'intercaler.
- Jamais entre le verbe et son complément d'objet : Il a annoncé, sa démission. → Il a annoncé sa démission.
- En général pas avant et, ou, ni qui relient deux éléments : « du thé ou du café ». La virgule devant et reste possible quand les sujets des deux propositions diffèrent, quand on veut créer un effet d'insistance ou quand et est répété : « Il a promis, et il n'est pas venu. »
- Pas avant une subordonnée complétive : Je pense, qu'il viendra. → Je pense qu'il viendra.
Le point-virgule
Le point-virgule marque une pause plus forte que la virgule, plus faible que le point. Il sépare deux propositions indépendantes étroitement liées par le sens : « Le ciel se couvre ; il va pleuvoir. » Le mot qui suit s'écrit en minuscule.
Il sert aussi à séparer les éléments d'une liste verticale introduite par deux-points. Chaque élément commence alors par une minuscule et se termine par un point-virgule, le dernier par un point :
- se munir d'une pièce d'identité ;
- remplir le formulaire ;
- signer en bas de page.
Enfin, dans une énumération dont les éléments contiennent déjà des virgules, il clarifie le découpage : « Paris, Lyon et Lille en France ; Genève et Lausanne en Suisse ; Bruxelles en Belgique. »
Les deux-points
Les deux-points annoncent ce qui suit. Ils introduisent :
- une explication ou une cause : « Il est resté chez lui : il était malade. » ;
- une conséquence ou une conclusion : « Le train était annulé : nous avons pris la voiture. » ;
- une énumération : « Apportez trois choses : un stylo, une gomme et une règle. » ;
- une citation ou des paroles rapportées : Elle a répondu : « Je ne sais pas. »
Après les deux-points, on écrit en minuscule, sauf pour un nom propre ou le début d'une citation. Évitez d'employer deux fois les deux-points dans la même phrase : le lecteur ne saurait plus à quoi se rapporte chacun.
Le point d'interrogation et le point d'exclamation
Le point d'interrogation
Il termine une question directe : « Viendras-tu demain ? », « Tu viens ? », « Est-ce que tu viens ? ». Il ne s'emploie pas pour une question indirecte, rapportée dans une phrase déclarative : Je me demande s'il viendra ? → Je me demande s'il viendra. Sur la construction des questions, voir aussi l'emploi d'est-ce que.
Le point d'exclamation
Il marque l'émotion (surprise, joie, colère), l'ordre ou l'interjection : « Quelle belle journée ! », « Sortez ! », « Oh ! », « Hélas ! ». Dans un texte soigné, un seul point d'exclamation suffit : « !!! » relève du registre familier. La combinaison « ?! » ou « !? » se rencontre pour une question étonnée, mais reste d'usage familier.
Majuscule ou non après « ? » et « ! »
Si le signe termine la phrase, le mot suivant prend une majuscule. S'il est suivi d'une incise ou si la phrase continue, on garde la minuscule : « Tu viens ? » demanda-t-il. Ah ! que c'est beau.
Les points de suspension
Ils sont toujours trois, collés au mot qui précède et suivis d'une espace. Ils marquent une phrase inachevée, une hésitation, un sous-entendu ou une énumération que l'on interrompt : « Si j'avais su… », « Je… je ne sais pas. », « des pommes, des poires, des prunes… ».
- Ils absorbent le point final : on n'écrit pas ….
- Ils ne se cumulent pas avec etc., qui a le même sens : etc… → etc.
- Ils peuvent suivre un point d'interrogation ou d'exclamation : « Tu crois ?… »
- Si la phrase continue après eux, le mot suivant garde sa minuscule : « Je pensais… enfin, peu importe. »
- Collés à une initiale, ils remplacent un mot qu'on ne veut pas écrire en entier : « Mme D… a témoigné. »
- Entre crochets, […] signale un passage coupé dans une citation ; on rencontre aussi (…).
Il existe un caractère unique « … » (Alt+0133 sur Windows). Beaucoup de logiciels convertissent automatiquement trois points tapés à la suite.
Les guillemets
Le français emploie les guillemets français ou chevrons, « … », pour encadrer une citation, des paroles rapportées, un mot employé dans un sens particulier ou un titre d'article. Ils s'accompagnent d'espaces insécables à l'intérieur : après le guillemet ouvrant et avant le guillemet fermant.
- Guillemets imbriqués : à l'intérieur d'une citation, on emploie les guillemets anglais “…” pour le second niveau : Elle m'a raconté : « Il m'a dit “non” sans explication. »
- Guillemets droits : les "…" viennent de la machine à écrire ; dans un texte soigné en français, préférez les chevrons « ».
- Ponctuation finale : si la citation est une phrase complète introduite par deux-points, sa ponctuation se place à l'intérieur des guillemets : Il a dit : « Je reviendrai. » Si la citation est fondue dans la phrase, la ponctuation reste à l'extérieur : Il parle d'un « vrai désastre ».
Dans un dialogue, les guillemets ouvrent et ferment l'ensemble de l'échange ; chaque changement d'interlocuteur est marqué par un tiret en début de ligne (voir plus bas la ponctuation du dialogue).
Les guillemets servent aussi à signaler un mot employé avec distance ou ironie (ses « amis » l'ont laissé tomber) ou un terme cité pour lui-même (le mot « balade » prend un seul l). Les titres d'œuvres (livres, films, journaux) se mettent en italique, alors que le titre d'un article ou d'un chapitre se met entre guillemets.
Les tirets
Le tiret est plus long que le trait d'union et toujours entouré d'espaces. La typographie en distingue deux :
- le tiret demi-cadratin (–), dit tiret moyen ;
- le tiret cadratin (—), dit tiret long.
Dans une incise, les tirets encadrent une information qu'on veut mettre en relief, plus nettement que des virgules : « Ma sœur – celle qui vit à Lyon – arrive demain. » Le second tiret disparaît devant le point final : « Il est arrivé en retard – comme toujours. » Selon les maisons d'édition, l'incise prend le tiret moyen ou le tiret long ; l'important est d'être constant.
Dans un dialogue, le tiret marque le changement d'interlocuteur en début de réplique :
— Tu viens ?
— Oui, j'arrive.
Sur Windows, le tiret demi-cadratin s'obtient avec Alt+0150, le tiret cadratin avec Alt+0151. Word remplace souvent automatiquement un trait d'union entouré d'espaces par un tiret moyen.
Ponctuer un dialogue
Le dialogue combine guillemets, tirets et incises. Deux présentations coexistent dans l'édition française.
La présentation classique : guillemets et tirets
Un guillemet ouvrant introduit la première réplique, qui ne prend pas de tiret. Chaque changement d'interlocuteur se fait à la ligne, avec un tiret cadratin suivi d'une espace. Le guillemet fermant n'apparaît qu'à la fin de l'échange :
« Tu viens ce soir ?
— Je ne sais pas encore.
— Décide-toi vite. »
Beaucoup de romans contemporains suppriment les guillemets et ouvrent chaque réplique, y compris la première, par un tiret. Les deux usages sont corrects ; seul le mélange au sein d'un même texte est à éviter.
Les incises « dit-il », « répondit-elle »
L'incise qui indique qui parle se glisse dans la réplique sans refermer les guillemets. Son verbe (dire, répondre, demander, s'écrier, murmurer…) précède le sujet, auquel il est lié par un trait d'union quand ce sujet est un pronom, avec le t euphonique si nécessaire : dit-il, ajouta-t-elle, demanda Paul. Pour une réplique isolée, on rencontre aussi les guillemets fermés avant l'incise : « Tu viens ? » demanda-t-il.
- Incise après une phrase déclarative : la virgule remplace le point. « Il fait froid, dit-elle. » et non « Il fait froid. dit-elle. »
- Incise au milieu : elle est encadrée de virgules. « Je viens, dit-il, mais je ne reste pas. »
- Incise après « ? » ou « ! » : pas de virgule, et l'incise commence par une minuscule. « Où vas-tu ? demanda-t-il. » « Attention ! cria-t-elle. »
Le discours indirect
Quand les paroles sont rapportées par une subordonnée, guillemets, tirets et point d'interrogation disparaissent : « Il m'a demandé si je venais. » Il m'a demandé : « Tu viens ? » est du discours direct ; Il m'a demandé si je venais. est du discours indirect. Le mélange des deux, Il m'a demandé si je venais ?, est fautif.
Les parenthèses et les crochets
Les parenthèses
Elles isolent une information accessoire, qu'on pourrait supprimer sans rendre la phrase incorrecte : une précision, un exemple, une date, une traduction. « Victor Hugo (1802-1885) a écrit Les Misérables. » Pas d'espace à l'intérieur, une espace à l'extérieur.
- La ponctuation de la phrase principale se place après la parenthèse fermante : « Il viendra demain (sauf imprévu). »
- Si la parenthèse contient une phrase complète et autonome, son point final se place à l'intérieur : « (Nous y reviendrons.) »
- La mention (sic) signale qu'une erreur figure telle quelle dans le texte cité.
Les crochets
Les crochets remplacent les parenthèses à l'intérieur d'une parenthèse, signalent une coupure dans une citation ([…]) ou une modification apportée par la personne qui cite : « Il [le maire] a refusé. » Ils servent aussi à noter la prononciation : ça se prononce [sa]. Les accolades { } sont réservées aux mathématiques et à l'informatique.
Barre oblique, astérisque, point médian
Ces trois signes ne font pas partie de la ponctuation classique, mais on les rencontre partout dans les textes actuels.
- La barre oblique (/) s'écrit sans espaces. Elle sert pour les unités composées (km/h), les fractions (1/2), les dates abrégées (29/09/2026) et l'alternative (et/ou, tour pratique mais plutôt administratif). Pour citer des vers à la suite sur une même ligne, on les sépare par une barre oblique entourée d'espaces.
- L'astérisque (*) renvoie à une note : il se colle au mot concerné, avant la ponctuation (« le prix indiqué*. »). Trois astérisques servent traditionnellement à taire un nom propre : « la marquise de *** ».
- Le point médian (·) est employé dans l'écriture dite inclusive (les candidat·es). L'Académie française s'y oppose, et une circulaire du Premier ministre du 21 novembre 2017 invite à ne pas utiliser l'écriture dite inclusive, en particulier dans les textes destinés au Journal officiel. Si vous l'employez, faites-le de façon constante dans tout le document.
L'apostrophe
L'apostrophe remplace une voyelle supprimée devant un mot qui commence par une voyelle ou un h muet : c'est l'élision. Le arbre devient l'arbre, que il devient qu'il, je ai devient j'ai. Elle ne prend jamais d'espace, ni avant ni après.
- Pas d'élision devant un h aspiré : le héros, la haie, le hibou.
- Lorsque, puisque et quoique s'élident devant il, elle, on, un, une : lorsqu'il, puisqu'on.
- Presque ne s'élide que dans presqu'île, quelque seulement dans quelqu'un et quelqu'une : on écrit presque entier, quelque autre.
- Certains mots figés la gardent en leur milieu : aujourd'hui, prud'homme.
En typographie soignée, on préfère l'apostrophe courbe (’, Alt+0146) à l'apostrophe droite (') héritée de la machine à écrire. Les deux sont correctes à l'écran.
Le trait d'union
Le trait d'union, court et sans espaces, relie des mots qui forment une unité. On l'emploie :
- dans de nombreux mots composés : arc-en-ciel, grand-mère, après-midi, peut-être (adverbe) ;
- entre le verbe et le pronom sujet inversé : viens-tu, dit-il, a-t-on, avec le t euphonique entre deux traits d'union ;
- entre un impératif et son pronom complément : dis-le, donne-moi, allez-y ;
- avec -ci, -là, même : celui-ci, ce jour-là, là-bas, moi-même ;
- dans les nombres composés inférieurs à cent (vingt-deux, quatre-vingt-dix) ; les rectifications de 1990 admettent le trait d'union entre tous les éléments (deux-cent-trois). L'outil chiffres en lettres applique les deux graphies.
Le trait d'union sert aussi à couper un mot en fin de ligne. Il ne faut pas le confondre avec le tiret, plus long et entouré d'espaces.
Typographie française : les espaces autour de la ponctuation
C'est la grande particularité du français : certains signes sont précédés d'une espace, ce que l'anglais ne fait pas. Cette espace doit être insécable, c'est-à-dire qu'elle empêche le retour à la ligne entre le mot et le signe. Sans elle, un « ? » ou un « : » peut se retrouver seul en début de ligne.
| Signe | Espace avant | Espace après |
|---|---|---|
| . (point) | aucune | espace normale |
| , (virgule) | aucune | espace normale |
| … (points de suspension) | aucune | espace normale |
| ; (point-virgule) | fine insécable (à défaut, insécable) | espace normale |
| ! ? (exclamation, interrogation) | fine insécable (à défaut, insécable) | espace normale |
| : (deux-points) | insécable | espace normale |
| « (guillemet ouvrant) | espace normale | insécable |
| » (guillemet fermant) | insécable | espace normale (aucune devant un point ou une virgule) |
| ( [ (ouvrants) | espace normale | aucune |
| ) ] (fermants) | aucune | espace normale |
| – — (tirets d'incise) | espace | espace |
| ' ’ (apostrophe) | aucune | aucune |
| - (trait d'union) | aucune | aucune |
| / (barre oblique) | aucune | aucune |
| % (pour cent) | insécable | espace normale |
La tradition typographique française (celle de l'Imprimerie nationale) prévoit une espace fine insécable, plus étroite, avant le point-virgule, le point d'exclamation et le point d'interrogation. En bureautique, l'espace insécable ordinaire est l'usage courant et reste parfaitement acceptable. Les grands nombres suivent la même logique : on sépare les milliers par une espace insécable (10 000, 1 250 000), jamais par un point.
Comment taper une espace insécable
| Outil | Espace insécable | Espace fine insécable |
|---|---|---|
| Windows | Alt+0160 (pavé numérique) | copier depuis cette page |
| Word | Ctrl+Maj+Espace | Insertion › Symbole (U+202F) |
| Mac | ⌥+Espace | Visualiseur de caractères (U+202F) |
| HTML | |   |
Word, réglé en français, insère en général lui-même une espace insécable avant les signes doubles et à l'intérieur des guillemets. Vérifiez ce réglage dans les options de correction automatique si le résultat vous semble incorrect.
Au Québec, l'usage recommandé par l'Office québécois de la langue française diffère : pas d'espace, ou une espace fine, avant le point-virgule, le point d'interrogation et le point d'exclamation, mais une espace insécable avant le deux-points et à l'intérieur des guillemets.
Ponctuer une liste, un nombre, un e-mail
Les listes à puces
Deux présentations sont correctes, à condition de s'y tenir dans tout le document :
- La liste qui prolonge la phrase : elle est introduite par deux-points, chaque élément commence par une minuscule et se termine par un point-virgule, le dernier par un point (comme l'exemple donné plus haut pour le point-virgule).
- La liste d'éléments autonomes : chaque élément est une phrase complète, qui commence par une majuscule et se termine par un point.
Pour de simples mots ou groupes nominaux courts, on peut aussi ne mettre aucune ponctuation en fin de ligne. Ce qu'il faut éviter, c'est le mélange : une ligne avec point, la suivante sans, la troisième avec virgule.
Les nombres, les heures et les dates
En français, la virgule sépare la partie entière de la partie décimale : 3,14, 12,50 €. Le point décimal est un usage anglais. Les milliers se séparent par une espace insécable : 2 500 habitants. On n'en met pas dans les années (en 2026) ni dans les numéros de page. Pour l'heure, on écrit 14 h 30, avec des espaces insécables autour du h.
| À écrire | Forme française | À éviter |
|---|---|---|
| nombre décimal | 0,75 ; 3,5 °C | 0.75 ; ,75 |
| grand nombre | 1 000 ; 25 000 000 | 1,000 (anglais) ; 1.000 |
| prix | 12,50 € (symbole après le nombre, espace insécable) | €12.50 |
| pourcentage | 20 % | 20% |
| heure | 14 h 30 ; 9 h | 14h30 dans un texte soigné |
| année, code postal | 2026 ; 69001 | 2 026 ; 69 001 |
La notation 14:30 se rencontre dans les horaires et sur les écrans, mais dans une phrase on écrit 14 h 30. Si vous devez écrire un montant en toutes lettres sur un chèque, l'outil nombres en lettres donne la bonne orthographe.
Les e-mails et les lettres
La formule d'appel est suivie d'une virgule : Madame, ; Bonjour Paul, ; Chère Madame,. Le premier mot du message qui suit, placé à la ligne, prend une majuscule. Pour le choix des formules elles-mêmes, voir les formules de politesse adaptées à chaque situation.
Majuscule après la ponctuation
La règle se résume en une phrase : on met une majuscule quand une nouvelle phrase commence.
- Majuscule après un point, et après un point d'interrogation, d'exclamation ou des points de suspension qui terminent la phrase.
- Minuscule après une virgule, un point-virgule et des deux-points (sauf nom propre ou citation).
- Minuscule après « ? » ou « ! » suivi d'une incise : « Qui est là ? demanda-t-elle. »
- Majuscule au début d'une citation qui forme une phrase complète : Il a répondu : « Pas maintenant. »
La majuscule garde ses accents : on écrit « À demain », « État », « Ça suffit ». Le dossier sur les majuscules accentuées explique comment les taper sur chaque appareil.
Codes clavier des signes typographiques
| Signe | Windows (code Alt) | Mac AZERTY | HTML |
|---|---|---|---|
| « guillemet ouvrant | Alt 0171 | ⌥+7 | « |
| » guillemet fermant | Alt 0187 | ⌥+⇧+7 | » |
| … points de suspension | Alt 0133 | — | … |
| – tiret demi-cadratin | Alt 0150 | — | – |
| — tiret cadratin | Alt 0151 | — | — |
| ’ apostrophe courbe | Alt 0146 | — | ’ |
| espace insécable | Alt 0160 | ⌥+Espace | |
| œ, Œ | Alt 0156, 0140 | ⌥+O, ⌥+⇧+O | œ, Œ |
Les cases vides signalent qu'il vaut mieux passer par le Visualiseur de caractères de macOS (Édition › Emoji et symboles) ou par les boutons à copier en haut de cette page.
Les erreurs de ponctuation les plus fréquentes
- Virgule entre sujet et verbe : Le directeur de l'établissement, a signé. → Le directeur de l'établissement a signé.
- Incise mal fermée : Mon frère, qui vit à Lyon arrive demain. → Mon frère, qui vit à Lyon, arrive demain.
- Point d'interrogation sur une question indirecte : Dites-moi si vous venez ? → Dites-moi si vous venez.
- Quatre points de suspension ou plus : Bon.... → Bon…
- etc. suivi de points de suspension : etc… → etc.
- Guillemets anglais au premier niveau : "Bonjour" → « Bonjour »
- Espaces oubliées ou en trop : Pourquoi ? et ( oui ) → Pourquoi ? et (oui)
- Deux-points répétés dans la même phrase : scindez-la en deux.
- Trait d'union à la place du tiret dans une incise : Paul - enfin - est là. → Paul – enfin – est là.
- Virgule et point avant une incise de dialogue : « Où vas-tu ?, demanda-t-il. » → « Où vas-tu ? demanda-t-il. »
- Point décimal ou virgule de milliers : 3.5 % et 1,500 € → 3,5 % et 1 500 €
Exercice corrigé : ponctuez ces phrases
Chaque phrase contient une erreur de ponctuation ou n'est pas ponctuée. Cherchez la correction avant de lire la réponse.
| Phrase | Correction | Règle |
|---|---|---|
| Quand il est arrivé nous avions déjà dîné | Quand il est arrivé, nous avions déjà dîné. | virgule après une subordonnée en tête |
| Mon frère qui vit à Lyon, viendra dimanche. | Mon frère, qui vit à Lyon, viendra dimanche. | une incise se ferme par une seconde virgule |
| Je me demande s'il viendra ? | Je me demande s'il viendra. | pas de « ? » pour une question indirecte |
| Les candidats retenus, recevront un e-mail. | Les candidats retenus recevront un e-mail. | jamais de virgule entre sujet et verbe |
| Il a apporté des jeux, des livres, etc… | Il a apporté des jeux, des livres, etc. | etc. exclut les points de suspension |
| Paul aime le thé Marie le café | Paul aime le thé ; Marie, le café. | virgule à la place du verbe sous-entendu |
| Tu viens demanda Léa | Tu viens ? demanda Léa. | pas de virgule après « ? », incise en minuscule |
| Il pleut donc je reste | Il pleut, donc je reste. | virgule devant donc qui relie deux propositions |
La ponctuation est étroitement liée à la construction de la phrase : pour les règles de syntaxe qui la sous-tendent, consultez la rubrique grammaire. Et pour vérifier un texte entier, espaces et virgules compris, collez-le dans le correcteur d'orthographe et de grammaire.
Questions fréquentes
Faut-il une virgule avant « mais » ?
Oui dans la grande majorité des cas : quand mais relie deux propositions, on le fait précéder d'une virgule (« Il est tard, mais je reste »). Entre deux mots courts, la virgule peut manquer (« pauvre mais honnête »). On met aussi une virgule avant car.
Met-on une virgule avant « et » ?
En général non : on écrit « du pain, du vin et du fromage ». La virgule devient possible quand les deux propositions ont des sujets différents ou quand on veut marquer une opposition ou un effet d'insistance (« Il a promis, et il n'est pas venu »), et elle est d'usage quand et est répété (« et les uns, et les autres »).
Faut-il une espace avant le point d'interrogation ?
Oui en typographie française : une espace insécable (idéalement fine) avant ?, ! et ;, et une espace insécable avant :. Elle empêche le signe de se retrouver seul en début de ligne. L'anglais, lui, n'en met pas.
Combien de points de suspension faut-il mettre ?
Trois, jamais plus ni moins. Ils se collent au mot qui précède et sont suivis d'une espace. On ne les met pas après etc., qui marque déjà une énumération incomplète.
Met-on une majuscule après deux-points ?
Non, sauf si ce qui suit est un nom propre, une citation ou une réplique entre guillemets : Il a dit : « Je reviendrai. » Après un point, un point d'interrogation ou d'exclamation qui termine la phrase, la majuscule est en revanche obligatoire.
Comment ponctuer un dialogue ?
Dans la présentation classique, un guillemet ouvrant précède la première réplique, chaque changement d'interlocuteur se fait à la ligne avec un tiret cadratin (—), et un guillemet fermant termine l'échange. Les incises (dit-il, répondit-elle) se placent dans la réplique : « Je viens, dit-il. » Après « ? » ou « ! », pas de virgule : « Où vas-tu ? demanda-t-il. »
Faut-il une virgule avant « donc » ?
Oui quand donc relie deux propositions : « Il pleut, donc je reste. » Non quand il est placé à l'intérieur d'une proposition : « Il est donc resté. »
Quelle est la différence entre tiret et trait d'union ?
Le trait d'union (-) est court et sans espaces : il lie des mots (arc-en-ciel, dis-le). Le tiret (– ou —) est plus long et entouré d'espaces : il isole une incise ou marque le changement de personne dans un dialogue.
Mis à jour le 29 septembre 2026