Correcteur d'orthographe

« Est-ce que » ou « est ce que » : orthographe et emploi

On écrit est-ce que, avec un seul trait d'union, entre est et ce. est ce que, est-ce-que et es-ce que sont des fautes. La même règle vaut pour qu'est-ce que, qu'est-ce qui et qu'est-ce que c'est.

Sommaire
  1. Pourquoi un trait d'union entre « est » et « ce » ?
  2. Les fautes les plus fréquentes
  3. Toutes les formes, avec le trait d'union
  4. Qu'est-ce que ou qu'est-ce qui ?
  5. L'erreur de construction : « je me demande qu'est-ce que »
  6. Est-ce que, inversion ou intonation : trois registres
  7. Avec quand, où, comment, pourquoi
  8. « Est-ce » sans « que »
  9. Majuscule et point d'interrogation
  10. Exclamation : « qu'est-ce que c'est beau ! »
  11. Questions fréquentes

Pourquoi un trait d'union entre « est » et « ce » ?

Est-ce que est formé du verbe être (est), du pronom démonstratif ce et de la conjonction que. Dans une phrase affirmative, on dit c'est : le sujet ce est avant le verbe. Pour poser une question, on l'inverse : est-ce. Or le français relie toujours par un trait d'union le verbe et le pronom sujet placé après lui :

  • tu viens → viens-tu ?
  • on peut → peut-on ?
  • c'est → est-ce ?

Que, lui, n'appartient pas à cette inversion. Il reste séparé : pas de second trait d'union.

Astuce : retournez la question. « Est-ce que tu viens ? » revient à « C'est que tu viens ? ». Le trait d'union marque seulement que ce a changé de place.

Les fautes les plus fréquentes

FautePourquoi c'est fauxCorrect
est ce quetrait d'union oubliéest-ce que
est-ce-queun seul trait d'union, que reste séparéest-ce que
es-ce que, es quees est la 2e personne (tu es)est-ce que
est quele pronom ce a disparuest-ce que
esque, eskeécriture phonétiqueest-ce que
qu'est ce que, quest ce quetrait d'union ou apostrophe oubliésqu'est-ce que

Ces formes fautives sont très courantes dans les messages tapés vite. Le correcteur d'orthographe repère notamment « est ce que » et « qu'est ce que » sans trait d'union en début de question, et propose la graphie correcte.

Toutes les formes, avec le trait d'union

Forme correcteExemple
Est-ce queEst-ce que tu viens ce soir ?
Est-ce qu' (devant voyelle ou h muet)Est-ce qu'il pleut ? Est-ce qu'on y va ?
Qu'est-ce queQu'est-ce que tu fais ?
Qu'est-ce quiQu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce que c'estQu'est-ce que c'est, ce bruit ?
Qui est-ce qui / qui est-ce queQui est-ce qui a appelé ? Qui est-ce que tu attends ?
Où, quand, comment, pourquoi est-ce queOù est-ce que tu habites ? Pourquoi est-ce qu'il part ?
N'est-ce pasIl fait beau, n'est-ce pas ?
Était-ce, sera-ce, serait-ceÉtait-ce vraiment nécessaire ? Serait-ce possible ?

Qu'est-ce que ou qu'est-ce qui ?

Les deux existent, et ne se remplacent pas. Tout dépend du rôle de la chose sur laquelle porte la question.

  • Qu'est-ce qui : la chose est le sujet du verbe. « Qu'est-ce qui te fait rire ? » (quelque chose te fait rire).
  • Qu'est-ce que : la chose est le complément, un autre mot est sujet. « Qu'est-ce que tu veux ? » (tu veux quelque chose).

Pour une personne, on emploie qui est-ce qui (sujet) et qui est-ce que (complément) : « Qui est-ce qui parle ? », « Qui est-ce que vous cherchez ? ».

« Qu'est-ce que c'est » et « qu'est-ce que la… »

Pour demander une définition, on écrit qu'est-ce que c'est ? ou qu'est-ce que suivi du nom : « Qu'est-ce que la photosynthèse ? », « Qu'est-ce qu'un homonyme ? ». Devant une voyelle, que devient qu' : « Qu'est-ce qu'une métaphore ? ». À l'oral, on entend aussi « C'est quoi, la photosynthèse ? », tournure familière à éviter à l'écrit.

L'erreur de construction : « je me demande qu'est-ce que »

Est-ce que et qu'est-ce que servent à poser une question directe, terminée par un point d'interrogation. Dans une question indirecte, rapportée après un verbe comme demander, savoir ou dire, on les remplace :

Question directeQuestion indirecte correcteÀ éviter
Qu'est-ce que tu veux ?Je me demande ce que tu veux.Je me demande qu'est-ce que tu veux.
Qu'est-ce qui ne va pas ?Dites-moi ce qui ne va pas.Dites-moi qu'est-ce qui ne va pas.
Est-ce qu'il viendra ?Je ne sais pas s'il viendra.Je ne sais pas est-ce qu'il viendra.

Est-ce que, inversion ou intonation : trois registres

Le français connaît trois façons de poser une question fermée. Toutes sont correctes, mais pas dans les mêmes situations :

  • Courant : Est-ce que vous avez reçu mon message ?
  • Soutenu : Avez-vous reçu mon message ? Quand le verbe se termine par une voyelle devant il, elle ou on, on ajoute un t euphonique : A-t-il reçu mon message ?
  • Familier : Vous avez reçu mon message ?

Est-ce que rend service avec je, où l'inversion sonne souvent mal ou n'est pas employée : on dit « Est-ce que je cours trop vite ? » plutôt que « Cours-je trop vite ? ».

Ne cumulez pas les deux procédés : Est-ce que avez-vous reçu… est incorrect.

Avec quand, où, comment, pourquoi

Est-ce que se place après le mot interrogatif, et le trait d'union ne change pas : quand est-ce que, où est-ce que, comment est-ce que. Ces mots interrogatifs ont eux aussi leurs pièges : quand s'écrit avec un d (voyez quand, quant ou qu'en), et où interrogatif prend un accent grave (voyez ou ou où).

« Est-ce » sans « que »

L'inversion est-ce s'emploie aussi seule, toujours avec le trait d'union :

  • Qui est-ce ? Est-ce possible ? Est-ce bien raisonnable ?
  • N'est-ce pas ? pour demander une confirmation.
  • Fût-ce, au sens de « même si c'était » : « Accordez-moi une minute, fût-ce une seule. »

À l'inverse, la forme affirmative s'écrit sans trait d'union et avec une apostrophe : c'est. Ne la confondez pas avec s'est, l'auxiliaire des verbes pronominaux : la fiche c'est ou s'est donne la méthode.

Majuscule et point d'interrogation

En début de phrase, seule la première lettre prend la majuscule : Est-ce que, Qu'est-ce que. Une question directe introduite par est-ce que se termine toujours par un point d'interrogation, précédé en français d'une espace (insécable si possible) : « Est-ce que tu viens ? ». Une question indirecte, elle, se termine par un point simple : « Je me demande s'il viendra. » Les autres règles d'espacement sont réunies dans le dossier ponctuation.

Exclamation : « qu'est-ce que c'est beau ! »

À l'oral, qu'est-ce que sert aussi à marquer l'intensité : « Qu'est-ce qu'il fait chaud ! ». La tournure est familière ; à l'écrit soigné, on préfère « Qu'il fait chaud ! » ou « Comme il fait chaud ! ». L'orthographe, elle, reste la même.

Est-ce que fait partie des confusions d'écriture les plus recherchées, avec bien sûr ou biensur. Retrouvez les autres dans le dossier homophones et confusions.

Questions fréquentes

Faut-il un trait d'union à « est-ce que » ?

Oui, toujours, entre est et ce. Le pronom ce est placé après le verbe : c'est une inversion du sujet, et le français relie par un trait d'union le verbe et le pronom sujet inversé, comme dans viens-tu ou peut-on.

Écrit-on « qu'est-ce que » ou « qu'est ce que » ?

« Qu'est-ce que », avec un trait d'union entre est et ce. Même règle pour « qu'est-ce qui » et « qu'est-ce que c'est ».

Pourquoi pas « es-ce que » ?

Parce que le sujet est ce, à la troisième personne : le verbe être se conjugue est. Es est la forme de la deuxième personne (tu es) et ne peut pas s'employer ici.

« Est-ce que » est-il familier ?

Non. C'est la forme courante de la question, correcte à l'écrit comme à l'oral. L'inversion (« Viendrez-vous ? ») est plus soutenue ; la simple intonation (« Vous viendrez ? ») est plus familière.

Quand écrire « est-ce qu' » ?

Devant une voyelle ou un h muet, que s'élide : « Est-ce qu'il vient ? », « Est-ce qu'elle a fini ? », « Est-ce qu'on y va ? », « Est-ce qu'hier était férié ? ».

Peut-on dire « je me demande qu'est-ce que » ?

Non, c'est une faute de construction. Dans une question indirecte, on écrit ce que ou ce qui : « Je me demande ce qu'il veut », « Dites-moi ce qui ne va pas ».

Mis à jour le 29 septembre 2026