« Est-ce que » ou « est ce que » : orthographe et emploi
On écrit est-ce que, avec un seul trait d'union, entre est et ce. est ce que, est-ce-que et es-ce que sont des fautes. La même règle vaut pour qu'est-ce que, qu'est-ce qui et qu'est-ce que c'est.
Sommaire
- Pourquoi un trait d'union entre « est » et « ce » ?
- Les fautes les plus fréquentes
- Toutes les formes, avec le trait d'union
- Qu'est-ce que ou qu'est-ce qui ?
- L'erreur de construction : « je me demande qu'est-ce que »
- Est-ce que, inversion ou intonation : trois registres
- Avec quand, où, comment, pourquoi
- « Est-ce » sans « que »
- Majuscule et point d'interrogation
- Exclamation : « qu'est-ce que c'est beau ! »
- Questions fréquentes
Pourquoi un trait d'union entre « est » et « ce » ?
Est-ce que est formé du verbe être (est), du pronom démonstratif ce et de la conjonction que. Dans une phrase affirmative, on dit c'est : le sujet ce est avant le verbe. Pour poser une question, on l'inverse : est-ce. Or le français relie toujours par un trait d'union le verbe et le pronom sujet placé après lui :
- tu viens → viens-tu ?
- on peut → peut-on ?
- c'est → est-ce ?
Que, lui, n'appartient pas à cette inversion. Il reste séparé : pas de second trait d'union.
Astuce : retournez la question. « Est-ce que tu viens ? » revient à « C'est que tu viens ? ». Le trait d'union marque seulement que ce a changé de place.
Les fautes les plus fréquentes
| Faute | Pourquoi c'est faux | Correct |
|---|---|---|
| est ce que | trait d'union oublié | est-ce que |
| est-ce-que | un seul trait d'union, que reste séparé | est-ce que |
| es-ce que, es que | es est la 2e personne (tu es) | est-ce que |
| est que | le pronom ce a disparu | est-ce que |
| esque, eske | écriture phonétique | est-ce que |
| qu'est ce que, quest ce que | trait d'union ou apostrophe oubliés | qu'est-ce que |
Ces formes fautives sont très courantes dans les messages tapés vite. Le correcteur d'orthographe repère notamment « est ce que » et « qu'est ce que » sans trait d'union en début de question, et propose la graphie correcte.
Toutes les formes, avec le trait d'union
| Forme correcte | Exemple |
|---|---|
| Est-ce que | Est-ce que tu viens ce soir ? |
| Est-ce qu' (devant voyelle ou h muet) | Est-ce qu'il pleut ? Est-ce qu'on y va ? |
| Qu'est-ce que | Qu'est-ce que tu fais ? |
| Qu'est-ce qui | Qu'est-ce qui se passe ? |
| Qu'est-ce que c'est | Qu'est-ce que c'est, ce bruit ? |
| Qui est-ce qui / qui est-ce que | Qui est-ce qui a appelé ? Qui est-ce que tu attends ? |
| Où, quand, comment, pourquoi est-ce que | Où est-ce que tu habites ? Pourquoi est-ce qu'il part ? |
| N'est-ce pas | Il fait beau, n'est-ce pas ? |
| Était-ce, sera-ce, serait-ce | Était-ce vraiment nécessaire ? Serait-ce possible ? |
Qu'est-ce que ou qu'est-ce qui ?
Les deux existent, et ne se remplacent pas. Tout dépend du rôle de la chose sur laquelle porte la question.
- Qu'est-ce qui : la chose est le sujet du verbe. « Qu'est-ce qui te fait rire ? » (quelque chose te fait rire).
- Qu'est-ce que : la chose est le complément, un autre mot est sujet. « Qu'est-ce que tu veux ? » (tu veux quelque chose).
Pour une personne, on emploie qui est-ce qui (sujet) et qui est-ce que (complément) : « Qui est-ce qui parle ? », « Qui est-ce que vous cherchez ? ».
« Qu'est-ce que c'est » et « qu'est-ce que la… »
Pour demander une définition, on écrit qu'est-ce que c'est ? ou qu'est-ce que suivi du nom : « Qu'est-ce que la photosynthèse ? », « Qu'est-ce qu'un homonyme ? ». Devant une voyelle, que devient qu' : « Qu'est-ce qu'une métaphore ? ». À l'oral, on entend aussi « C'est quoi, la photosynthèse ? », tournure familière à éviter à l'écrit.
L'erreur de construction : « je me demande qu'est-ce que »
Est-ce que et qu'est-ce que servent à poser une question directe, terminée par un point d'interrogation. Dans une question indirecte, rapportée après un verbe comme demander, savoir ou dire, on les remplace :
| Question directe | Question indirecte correcte | À éviter |
|---|---|---|
| Qu'est-ce que tu veux ? | Je me demande ce que tu veux. | Je me demande qu'est-ce que tu veux. |
| Qu'est-ce qui ne va pas ? | Dites-moi ce qui ne va pas. | Dites-moi qu'est-ce qui ne va pas. |
| Est-ce qu'il viendra ? | Je ne sais pas s'il viendra. | Je ne sais pas est-ce qu'il viendra. |
Est-ce que, inversion ou intonation : trois registres
Le français connaît trois façons de poser une question fermée. Toutes sont correctes, mais pas dans les mêmes situations :
- Courant : Est-ce que vous avez reçu mon message ?
- Soutenu : Avez-vous reçu mon message ? Quand le verbe se termine par une voyelle devant il, elle ou on, on ajoute un t euphonique : A-t-il reçu mon message ?
- Familier : Vous avez reçu mon message ?
Est-ce que rend service avec je, où l'inversion sonne souvent mal ou n'est pas employée : on dit « Est-ce que je cours trop vite ? » plutôt que « Cours-je trop vite ? ».
Ne cumulez pas les deux procédés : Est-ce que avez-vous reçu… est incorrect.
Avec quand, où, comment, pourquoi
Est-ce que se place après le mot interrogatif, et le trait d'union ne change pas : quand est-ce que, où est-ce que, comment est-ce que. Ces mots interrogatifs ont eux aussi leurs pièges : quand s'écrit avec un d (voyez quand, quant ou qu'en), et où interrogatif prend un accent grave (voyez ou ou où).
« Est-ce » sans « que »
L'inversion est-ce s'emploie aussi seule, toujours avec le trait d'union :
- Qui est-ce ? Est-ce possible ? Est-ce bien raisonnable ?
- N'est-ce pas ? pour demander une confirmation.
- Fût-ce, au sens de « même si c'était » : « Accordez-moi une minute, fût-ce une seule. »
À l'inverse, la forme affirmative s'écrit sans trait d'union et avec une apostrophe : c'est. Ne la confondez pas avec s'est, l'auxiliaire des verbes pronominaux : la fiche c'est ou s'est donne la méthode.
Majuscule et point d'interrogation
En début de phrase, seule la première lettre prend la majuscule : Est-ce que, Qu'est-ce que. Une question directe introduite par est-ce que se termine toujours par un point d'interrogation, précédé en français d'une espace (insécable si possible) : « Est-ce que tu viens ? ». Une question indirecte, elle, se termine par un point simple : « Je me demande s'il viendra. » Les autres règles d'espacement sont réunies dans le dossier ponctuation.
Exclamation : « qu'est-ce que c'est beau ! »
À l'oral, qu'est-ce que sert aussi à marquer l'intensité : « Qu'est-ce qu'il fait chaud ! ». La tournure est familière ; à l'écrit soigné, on préfère « Qu'il fait chaud ! » ou « Comme il fait chaud ! ». L'orthographe, elle, reste la même.
Est-ce que fait partie des confusions d'écriture les plus recherchées, avec bien sûr ou biensur. Retrouvez les autres dans le dossier homophones et confusions.
Questions fréquentes
Faut-il un trait d'union à « est-ce que » ?
Oui, toujours, entre est et ce. Le pronom ce est placé après le verbe : c'est une inversion du sujet, et le français relie par un trait d'union le verbe et le pronom sujet inversé, comme dans viens-tu ou peut-on.
Écrit-on « qu'est-ce que » ou « qu'est ce que » ?
« Qu'est-ce que », avec un trait d'union entre est et ce. Même règle pour « qu'est-ce qui » et « qu'est-ce que c'est ».
Pourquoi pas « es-ce que » ?
Parce que le sujet est ce, à la troisième personne : le verbe être se conjugue est. Es est la forme de la deuxième personne (tu es) et ne peut pas s'employer ici.
« Est-ce que » est-il familier ?
Non. C'est la forme courante de la question, correcte à l'écrit comme à l'oral. L'inversion (« Viendrez-vous ? ») est plus soutenue ; la simple intonation (« Vous viendrez ? ») est plus familière.
Quand écrire « est-ce qu' » ?
Devant une voyelle ou un h muet, que s'élide : « Est-ce qu'il vient ? », « Est-ce qu'elle a fini ? », « Est-ce qu'on y va ? », « Est-ce qu'hier était férié ? ».
Peut-on dire « je me demande qu'est-ce que » ?
Non, c'est une faute de construction. Dans une question indirecte, on écrit ce que ou ce qui : « Je me demande ce qu'il veut », « Dites-moi ce qui ne va pas ».
Mis à jour le 29 septembre 2026