Se ou ce : la règle, les tests et les pièges
Se ou ce ? Se est un pronom personnel réfléchi qui accompagne toujours un verbe : « il se lève », « elles se parlent ». Avec je, il devient me. Ce est un démonstratif : devant un nom, il le désigne (« ce livre ») ; ailleurs, il signifie cela ou « la chose » (« ce que je pense »). Un seul test suffit : si le mot devient me à la première personne, écrivez se.
Sommaire
Deux tests pour choisir entre ce et se
- Conjuguer avec « je »Si la phrase devient « je me… », écrivez se. « Il se promène » → « je me promène ». « Pour se reposer » → « pour me reposer ».
- Remplacer par « cela » ou « ce … -là »Devant un nom, ce se remplace par ce … -là ou par le : « ce matin » → « ce matin-là ». Ailleurs, il se remplace par cela ou « la chose » : « ce qui compte » → « la chose qui compte ».
Un repère simple : se est toujours collé à un verbe ; ce précède un nom, qui, que, dont ou une forme de être.
Le tableau récapitulatif
| se | ce | |
|---|---|---|
| Nature | pronom personnel réfléchi | déterminant ou pronom démonstratif |
| Toujours suivi de | un verbe (parfois après en ou y) | un nom, qui, que, dont, être… |
| Test | devient me avec je | ce … -là, cela, « la chose » |
| Devant une voyelle | s' : s'amuser, s'en aller | c' : c'est, c'était ; cet devant un nom |
| Exemple | Elle se souvient de tout. | Ce souvenir la fait sourire. |
« Se » : le pronom des verbes pronominaux
Se est la forme du pronom personnel réfléchi à la troisième personne, au singulier comme au pluriel. Il n'existe qu'avec un verbe pronominal, c'est-à-dire un verbe conjugué avec un pronom qui renvoie au sujet : se laver, se souvenir, s'apercevoir, se taire.
- Action faite sur soi-même : « Il se rase chaque matin. » → je me rase.
- Action réciproque : « Les deux équipes se saluent. » → nous nous saluons.
- Verbe toujours pronominal : « Elle s'évanouit. » « Ils se méfient. »
- Sens passif : « Ce plat se mange froid. » « Ce mot s'écrit avec deux l. »
- À l'infinitif, après une préposition ou un autre verbe : « Il faut se dépêcher. » « Sans se retourner. » « Avant de se coucher. »
À l'infinitif, le test consiste à remplacer le sujet sous-entendu par je : « avant de me coucher ». Au passé composé, se se combine avec être : c'est le cas de s'est et se sont, traité dans la fiche c'est ou s'est.
« Ce » : le démonstratif
Ce déterminant, devant un nom
Placé devant un nom masculin singulier, ce est un déterminant démonstratif. Il sert à montrer ou à reprendre ce dont on vient de parler : « ce chien », « ce soir », « ce genre de problème ». Il varie :
- ce devant une consonne ou un h aspiré : ce livre, ce héros ;
- cet devant une voyelle ou un h muet : cet arbre, cet homme, cet autre jour ;
- cette au féminin : cette maison ;
- ces au pluriel : ces enfants (à ne pas confondre avec le possessif ses, voir ces ou ses).
On peut toujours le renforcer par -ci ou -là : « ce jour-là », « ce livre-ci ». Se ne peut jamais précéder un nom.
Ce pronom, devant qui, que, dont ou être
Sans nom derrière lui, ce est un pronom démonstratif. Il désigne une chose, une idée, une situation, et se remplace par cela ou « la chose » :
- ce qui, ce que, ce dont : « Prends ce qui te plaît. » « Je sais ce que tu penses. » « C'est ce dont il rêvait. »
- ce + être : « C'est vrai. » « Ce sont mes cousins. » « C'était hier. »
- Dans des tournures figées : sur ce, ce faisant, pour ce faire, et ce (« il a refusé, et ce malgré nos efforts »).
Les pièges de ce et se
« Ce doit être », « ce peut être »
Ici, ce précède un verbe, ce qui trompe souvent. Mais le verbe n'est pas pronominal : « Ce doit être lui » signifie « cela doit être lui ». On ne peut pas dire « je me dois être ». Même chose pour « ce devait être difficile » et « ce pourrait être pire ».
« Ce sont » ou « se sont »
« Ce sont mes voisins » présente des personnes : c'est le pluriel de c'est. « Ils se sont disputés » est le passé composé de se disputer : on dirait « nous nous sommes disputés ». Se sont est toujours suivi d'un participe passé.
« C'en » ou « s'en »
S'en accompagne un verbe pronominal : « il s'en va », « elle s'en souvient », « on s'en occupe » (je m'en occupe). C'en réunit ce et en dans quelques tournures avec être : « c'en est trop », « c'en est fini de… », « c'en était fait ». Le test « je m'en » ne fonctionne pas : c'est c'en.
« Se » séparé du verbe
Se peut être séparé du verbe par un autre pronom (en, y, le, la, les) : « il s'y attendait », « ils s'en doutaient », « elle se l'est promis ». Le test avec je fonctionne toujours : « je m'y attendais », « je me le suis promis ».
« Qu'est-ce que »
Dans l'interrogation, ce passe derrière le verbe être et se lie à lui par un trait d'union : est-ce, qu'est-ce que, qui est-ce. C'est toujours ce, jamais se. Les règles de cette tournure sont détaillées dans la fiche est-ce que.
Exemples corrigés
- Je ne sais pas se qu'il veut. → Je ne sais pas ce qu'il veut. (la chose qu'il veut)
- Il ce demande pourquoi. → Il se demande pourquoi. (je me demande)
- Se matin, il pleuvait. → Ce matin, il pleuvait. (ce matin-là)
- Ils ce sont trompés. → Ils se sont trompés. (nous nous sommes trompés)
- S'en est trop ! → C'en est trop ! (cela en est trop)
Exercice rapide
Complétez avec se, s', ce, c' ou cet :
- Elle … habille toujours en noir.
- Tout … que tu dis est vrai.
- … été, ils … sont mariés.
- Il faut … entraîner pour réussir.
- … doit être le facteur.
Réponses : 1. s' (je m'habille) ; 2. ce (la chose que) ; 3. Cet, se (nous nous sommes mariés) ; 4. s' (m'entraîner) ; 5. Ce (cela doit être).
Pour aller plus loin
Ce et se font partie des homophones grammaticaux les plus fréquents, avec a ou à et leur ou leurs. Le dossier homophones et confusions présente la méthode commune à toutes ces paires : remplacer le mot douteux par un autre qui ne se prononce pas pareil. Pour relire un texte entier, le correcteur d'orthographe repère les fautes de frappe et d'usage ; pour ce et se, gardez le réflexe du « je me ».
Questions fréquentes
Comment savoir s'il faut écrire « se » ou « ce » ?
Conjuguez la phrase avec je. Si le mot devient me (« il se lave » → « je me lave »), écrivez se. S'il reste le même, c'est ce : devant un nom, il se remplace par ce … -là ; ailleurs, par cela.
Écrit-on « ce que » ou « se que » ?
Toujours « ce que » : « Dis-moi ce que tu veux. » Ce est ici un pronom démonstratif qui signifie « la chose » : « dis-moi la chose que tu veux ». Se n'est jamais suivi de que.
Faut-il écrire « ce sont » ou « se sont » ?
Ce sont présente quelque chose (« ce sont mes amis », « cela est » au pluriel). Se sont est le passé composé d'un verbe pronominal et il est suivi d'un participe passé : « ils se sont rencontrés » (nous nous sommes rencontrés).
Pourquoi écrit-on « c'en est trop » et pas « s'en est trop » ?
Parce que la locution se compose de ce + en + est : « cela en est trop ». Il n'y a pas de verbe pronominal. On écrit de même « c'en est fini », « c'en est fait ». À l'inverse, s'en accompagne un verbe pronominal : « il s'en va », « elle s'en souvient ».
Quand faut-il écrire « cet » au lieu de « ce » ?
Devant un nom ou un adjectif masculin qui commence par une voyelle ou un h muet : cet arbre, cet hiver, cet homme, cet ancien élève. Devant une consonne ou un h aspiré, on garde ce : ce livre, ce héros.
Mis à jour le 30 septembre 2026