Correcteur d'orthographe

A ou à : la règle, l'astuce et les pièges

A ou à ? A sans accent est le verbe avoir conjugué au présent (« il a faim », « elle a fini ») : il se remplace par avait. À avec un accent grave est une préposition, un petit mot invariable qui relie deux éléments de la phrase (« je vais à Lyon », « une tasse à café ») : le remplacer par avait rend la phrase absurde.

Sommaire
  1. L'astuce : remplacer par « avait »
  2. Le tableau récapitulatif
  3. « A » : le verbe avoir
  4. « À » : la préposition
  5. Les pièges les plus fréquents
  6. Exemples corrigés
  7. Exercice rapide
  8. Pour aller plus loin
  9. Questions fréquentes

L'astuce : remplacer par « avait »

  1. Remplacer par « avait »Si la phrase garde son sens, c'est le verbe avoir : écrivez a. « Paul a un chien » → « Paul avait un chien ».
  2. Sinon, c'est la préposition« Il habite à Nantes » → « il habite avait Nantes » ne veut rien dire : écrivez à.
  3. En cas de doute, passer au plurielLe verbe change de forme, la préposition non. « Il a raison » → « ils ont raison » ; « il pense à vous » → « ils pensent à vous ».

Retenez : a = avait. Si avait ne passe pas, mettez l'accent.

Le tableau récapitulatif

aà
Natureverbe avoir, 3e personne du singulier du présentpréposition
Remplacer paravaitaucun remplacement par un verbe
Au plurieldevient ontne change pas
Accentjamais, même en majusculetoujours, même en majuscule (À)
ExempleElle a vingt ans.Elle part à vingt heures.

« A » : le verbe avoir

A est la forme du verbe avoir à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif : il a, elle a, on a, Marie a. On le rencontre dans trois grandes situations.

  • Avoir au sens de posséder, éprouver : « Elle a une voiture rouge. » « Il a froid. » « Mon frère a peur du noir. »
  • Avoir auxiliaire du passé composé, suivi d'un participe passé : « Il a mangé. » « Elle a compris. » « On a gagné ! » Au test, on obtient le plus-que-parfait : « il avait mangé ».
  • La tournure « il y a » : « Il y a du monde. » « Il y a trois jours. » « Qu'est-ce qu'il y a ? » On dit bien « il y avait ».

Le participe qui suit a s'écrit en -é, pas en -er : « il a mangé ». Si vous hésitez, la fiche é ou er donne le test du verbe vendre.

« À » : la préposition

À introduit un complément et ne se conjugue jamais. Ses emplois sont nombreux :

SensExemples
Lieuhabiter à Paris, rester à la maison, aller à l'école
Momentà midi, à la rentrée, de 9 h à 17 h
Destinataireécrire à sa sœur, donner à manger au chat
AppartenanceCe stylo est à moi. Un ami à elle.
Moyen, manièreà pied, à vélo, fait à la main, à voix basse
Usage, caractéristiqueune machine à laver, une tasse à café, un pull à col roulé
Prix, mesuredes places à dix euros, rouler à 50 km/h
Devant un infinitifune maison à vendre, facile à dire, un problème à résoudre

À entre aussi dans de très nombreuses locutions : à cause de, grâce à, jusqu'à, à côté de, à peu près, à part, face à, tout à coup, tout à fait, peu à peu, au fur et à mesure. Dans toutes, l'accent est obligatoire.

Devant le et les, la préposition se contracte : à le devient au (« aller au cinéma »), à les devient aux (« parler aux voisins »). Devant la et l', elle reste séparée : « à la gare », « à l'hôpital ».

Les pièges les plus fréquents

Les formules de salutation

« À bientôt », « à demain », « à tout à l'heure », « à plus tard » s'écrivent toujours avec l'accent. Dans un message rapide, on voit souvent a bientôt : c'est une faute, puisqu'aucun verbe n'est présent. Même règle pour « à l'attention de » en tête de courrier.

« A » et « à » dans la même phrase

Les deux mots se suivent parfois : « Il a à travailler ce soir » (il avait à travailler). « Elle a à peine dormi. » « On a tout à refaire. » Appliquez le test à chaque mot séparément : le premier devient avait, le second non.

Le « A » en début de phrase

En majuscule, la préposition garde son accent : « À quelle heure part le train ? » « À mon avis, c'est trop tard. » L'Académie française rappelle que les accents ont pleine valeur orthographique sur les capitales. Le verbe avoir, lui, n'en prend jamais : « A-t-il répondu ? » (il avait répondu). Le t de cette tournure est expliqué dans la fiche sur le t euphonique, et la manière de taper le caractère sur un clavier dans la page A majuscule avec accent.

« Ça a », « il y a eu », « on a »

« Ça a marché », « ça a été long », « il y a eu un problème » : le verbe avoir suit un pronom, et la répétition du son ne doit pas faire hésiter. Le test fonctionne : « ça avait marché ». À l'inverse, ça à marché est fautif.

« A priori », « a contrario »

Dans les locutions latines, le a n'est pas le verbe avoir mais une préposition latine. L'usage traditionnel l'écrit sans accent : a priori, a posteriori, a contrario, a fortiori. Les rectifications orthographiques de 1990 proposent d'écrire à priori avec accent ; les deux graphies sont admises.

« A » après un nom ou un pronom sujet

Quand le sujet est un nom ou un pronom, le mot qui suit est presque toujours le verbe : « Ma voisine a déménagé », « Quelqu'un a sonné », « Qui a fait ça ? » Mais attention aux questions comme « À qui est ce sac ? » ou « À quoi penses-tu ? » : ici, à ouvre un complément et le verbe vient après.

Exemples corrigés

  • Il à oublié ses clés. → Il a oublié ses clés. (il avait oublié)
  • Je t'appelle a midi. → Je t'appelle à midi. (« avait midi » est impossible)
  • Elle a mal a la tête. → Elle a mal à la tête. (le premier devient avait, pas le second)
  • Il y à du soleil. → Il y a du soleil. (il y avait)
  • C'est a toi de jouer. → C'est à toi de jouer. (appartenance, tour de jeu)

Exercice rapide

Complétez avec a ou à :

  1. Mon fils … peur des orages.
  2. Nous partons … la montagne en février.
  3. Elle … appris … nager … six ans.
  4. Il n'y … plus rien … manger.
  5. … partir de lundi, le magasin ouvre … 9 heures.

Réponses : 1. a (avait peur) ; 2. à ; 3. a, à, à ; 4. a (il n'y avait), à ; 5. À, à.

Pour aller plus loin

A et à reviennent dans presque chaque phrase, comme et et est. Le même principe (remplacer par l'imparfait) règle c'est ou s'est et ou ou où ; la méthode générale est présentée dans le dossier homophones et confusions. Un logiciel qui vérifie les mots un par un laisse passer ces fautes, puisque a et à existent tous les deux : relisez vos phrases avec le test du « avait », puis passez le texte dans le correcteur d'orthographe pour repérer le reste.

Questions fréquentes

Comment savoir s'il faut écrire « a » ou « à » ?

Remplacez le mot par avait. Si la phrase reste correcte, c'est le verbe avoir : écrivez a sans accent (« il a faim » → « il avait faim »). Si la phrase n'a plus de sens, c'est la préposition : écrivez à (« je vais à Lyon »).

Écrit-on « à bientôt » ou « a bientôt » ?

« À bientôt », avec accent. Il n'y a aucun verbe dans cette formule : on ne peut pas dire « avait bientôt ». Il en va de même pour à demain, à plus tard, à tout à l'heure et à la prochaine.

Faut-il mettre un accent sur le A majuscule ?

Oui, quand il s'agit de la préposition : « À demain », « À l'attention de… ». L'Académie française rappelle que l'accent a pleine valeur orthographique, y compris sur les majuscules. Le verbe avoir, lui, n'en prend jamais : « A-t-il répondu ? »

Écrit-on « a priori » ou « à priori » ?

Les deux sont admis. La graphie traditionnelle de la locution latine est a priori, sans accent. Les rectifications orthographiques de 1990 proposent à priori, avec accent, comme pour d'autres mots empruntés au latin.

Pourquoi écrit-on « ça a marché » avec deux « a » ?

Parce que la phrase contient le pronom ça suivi du verbe avoir : « ça avait marché ». La rencontre des deux sons est un peu disgracieuse à l'oral, mais elle est parfaitement correcte à l'écrit. On écrit de même « ça a été », « il y a eu ».

« Il y a » prend-il un accent ?

Non. Dans il y a, a est le verbe avoir : on dit « il y avait ». On écrit donc « il y a deux ans », « il n'y a plus de pain », « y a-t-il une solution ? »

Mis à jour le 30 septembre 2026