A ou à : la règle, l'astuce et les pièges
A ou à ? A sans accent est le verbe avoir conjugué au présent (« il a faim », « elle a fini ») : il se remplace par avait. À avec un accent grave est une préposition, un petit mot invariable qui relie deux éléments de la phrase (« je vais à Lyon », « une tasse à café ») : le remplacer par avait rend la phrase absurde.
Sommaire
L'astuce : remplacer par « avait »
- Remplacer par « avait »Si la phrase garde son sens, c'est le verbe avoir : écrivez a. « Paul a un chien » → « Paul avait un chien ».
- Sinon, c'est la préposition« Il habite à Nantes » → « il habite avait Nantes » ne veut rien dire : écrivez à.
- En cas de doute, passer au plurielLe verbe change de forme, la préposition non. « Il a raison » → « ils ont raison » ; « il pense à vous » → « ils pensent à vous ».
Retenez : a = avait. Si avait ne passe pas, mettez l'accent.
Le tableau récapitulatif
| a | à | |
|---|---|---|
| Nature | verbe avoir, 3e personne du singulier du présent | préposition |
| Remplacer par | avait | aucun remplacement par un verbe |
| Au pluriel | devient ont | ne change pas |
| Accent | jamais, même en majuscule | toujours, même en majuscule (À) |
| Exemple | Elle a vingt ans. | Elle part à vingt heures. |
« A » : le verbe avoir
A est la forme du verbe avoir à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif : il a, elle a, on a, Marie a. On le rencontre dans trois grandes situations.
- Avoir au sens de posséder, éprouver : « Elle a une voiture rouge. » « Il a froid. » « Mon frère a peur du noir. »
- Avoir auxiliaire du passé composé, suivi d'un participe passé : « Il a mangé. » « Elle a compris. » « On a gagné ! » Au test, on obtient le plus-que-parfait : « il avait mangé ».
- La tournure « il y a » : « Il y a du monde. » « Il y a trois jours. » « Qu'est-ce qu'il y a ? » On dit bien « il y avait ».
Le participe qui suit a s'écrit en -é, pas en -er : « il a mangé ». Si vous hésitez, la fiche é ou er donne le test du verbe vendre.
« À » : la préposition
À introduit un complément et ne se conjugue jamais. Ses emplois sont nombreux :
| Sens | Exemples |
|---|---|
| Lieu | habiter à Paris, rester à la maison, aller à l'école |
| Moment | à midi, à la rentrée, de 9 h à 17 h |
| Destinataire | écrire à sa sœur, donner à manger au chat |
| Appartenance | Ce stylo est à moi. Un ami à elle. |
| Moyen, manière | à pied, à vélo, fait à la main, à voix basse |
| Usage, caractéristique | une machine à laver, une tasse à café, un pull à col roulé |
| Prix, mesure | des places à dix euros, rouler à 50 km/h |
| Devant un infinitif | une maison à vendre, facile à dire, un problème à résoudre |
À entre aussi dans de très nombreuses locutions : à cause de, grâce à, jusqu'à, à côté de, à peu près, à part, face à, tout à coup, tout à fait, peu à peu, au fur et à mesure. Dans toutes, l'accent est obligatoire.
Devant le et les, la préposition se contracte : à le devient au (« aller au cinéma »), à les devient aux (« parler aux voisins »). Devant la et l', elle reste séparée : « à la gare », « à l'hôpital ».
Les pièges les plus fréquents
Les formules de salutation
« À bientôt », « à demain », « à tout à l'heure », « à plus tard » s'écrivent toujours avec l'accent. Dans un message rapide, on voit souvent a bientôt : c'est une faute, puisqu'aucun verbe n'est présent. Même règle pour « à l'attention de » en tête de courrier.
« A » et « à » dans la même phrase
Les deux mots se suivent parfois : « Il a à travailler ce soir » (il avait à travailler). « Elle a à peine dormi. » « On a tout à refaire. » Appliquez le test à chaque mot séparément : le premier devient avait, le second non.
Le « A » en début de phrase
En majuscule, la préposition garde son accent : « À quelle heure part le train ? » « À mon avis, c'est trop tard. » L'Académie française rappelle que les accents ont pleine valeur orthographique sur les capitales. Le verbe avoir, lui, n'en prend jamais : « A-t-il répondu ? » (il avait répondu). Le t de cette tournure est expliqué dans la fiche sur le t euphonique, et la manière de taper le caractère sur un clavier dans la page A majuscule avec accent.
« Ça a », « il y a eu », « on a »
« Ça a marché », « ça a été long », « il y a eu un problème » : le verbe avoir suit un pronom, et la répétition du son ne doit pas faire hésiter. Le test fonctionne : « ça avait marché ». À l'inverse, ça à marché est fautif.
« A priori », « a contrario »
Dans les locutions latines, le a n'est pas le verbe avoir mais une préposition latine. L'usage traditionnel l'écrit sans accent : a priori, a posteriori, a contrario, a fortiori. Les rectifications orthographiques de 1990 proposent d'écrire à priori avec accent ; les deux graphies sont admises.
« A » après un nom ou un pronom sujet
Quand le sujet est un nom ou un pronom, le mot qui suit est presque toujours le verbe : « Ma voisine a déménagé », « Quelqu'un a sonné », « Qui a fait ça ? » Mais attention aux questions comme « À qui est ce sac ? » ou « À quoi penses-tu ? » : ici, à ouvre un complément et le verbe vient après.
Exemples corrigés
- Il à oublié ses clés. → Il a oublié ses clés. (il avait oublié)
- Je t'appelle a midi. → Je t'appelle à midi. (« avait midi » est impossible)
- Elle a mal a la tête. → Elle a mal à la tête. (le premier devient avait, pas le second)
- Il y à du soleil. → Il y a du soleil. (il y avait)
- C'est a toi de jouer. → C'est à toi de jouer. (appartenance, tour de jeu)
Exercice rapide
Complétez avec a ou à :
- Mon fils … peur des orages.
- Nous partons … la montagne en février.
- Elle … appris … nager … six ans.
- Il n'y … plus rien … manger.
- … partir de lundi, le magasin ouvre … 9 heures.
Réponses : 1. a (avait peur) ; 2. à ; 3. a, à, à ; 4. a (il n'y avait), à ; 5. À, à.
Pour aller plus loin
A et à reviennent dans presque chaque phrase, comme et et est. Le même principe (remplacer par l'imparfait) règle c'est ou s'est et ou ou où ; la méthode générale est présentée dans le dossier homophones et confusions. Un logiciel qui vérifie les mots un par un laisse passer ces fautes, puisque a et à existent tous les deux : relisez vos phrases avec le test du « avait », puis passez le texte dans le correcteur d'orthographe pour repérer le reste.
Questions fréquentes
Comment savoir s'il faut écrire « a » ou « à » ?
Remplacez le mot par avait. Si la phrase reste correcte, c'est le verbe avoir : écrivez a sans accent (« il a faim » → « il avait faim »). Si la phrase n'a plus de sens, c'est la préposition : écrivez à (« je vais à Lyon »).
Écrit-on « à bientôt » ou « a bientôt » ?
« À bientôt », avec accent. Il n'y a aucun verbe dans cette formule : on ne peut pas dire « avait bientôt ». Il en va de même pour à demain, à plus tard, à tout à l'heure et à la prochaine.
Faut-il mettre un accent sur le A majuscule ?
Oui, quand il s'agit de la préposition : « À demain », « À l'attention de… ». L'Académie française rappelle que l'accent a pleine valeur orthographique, y compris sur les majuscules. Le verbe avoir, lui, n'en prend jamais : « A-t-il répondu ? »
Écrit-on « a priori » ou « à priori » ?
Les deux sont admis. La graphie traditionnelle de la locution latine est a priori, sans accent. Les rectifications orthographiques de 1990 proposent à priori, avec accent, comme pour d'autres mots empruntés au latin.
Pourquoi écrit-on « ça a marché » avec deux « a » ?
Parce que la phrase contient le pronom ça suivi du verbe avoir : « ça avait marché ». La rencontre des deux sons est un peu disgracieuse à l'oral, mais elle est parfaitement correcte à l'écrit. On écrit de même « ça a été », « il y a eu ».
« Il y a » prend-il un accent ?
Non. Dans il y a, a est le verbe avoir : on dit « il y avait ». On écrit donc « il y a deux ans », « il n'y a plus de pain », « y a-t-il une solution ? »
Mis à jour le 30 septembre 2026