C'est ou s'est : la règle, l'astuce et les pièges
C'est ou s'est ? C'est (ce + est) se remplace par cela est : « c'est vrai ». S'est (se + est) est l'auxiliaire d'un verbe pronominal, toujours suivi d'un participe passé : « il s'est levé ». Pour trancher, mettez la phrase à la première personne : si vous obtenez je me suis, écrivez s'est.
Sommaire
Deux tests pour ne plus se tromper
- Remplacer par « cela est »Si la phrase garde son sens, écrivez c'est. « C'est vrai » → « cela est vrai ». Vous pouvez aussi passer à l'imparfait : « c'était vrai ».
- Conjuguer avec « je »Si la phrase devient « je me suis… », écrivez s'est. « Il s'est trompé » → « je me suis trompé ». Autre test : l'imparfait donne « il s'était trompé ».
Un seul réflexe : c'est devient cela est, s'est devient me suis. Jamais les deux à la fois.
Le tableau récapitulatif
| c'est | s'est | |
|---|---|---|
| Composition | ce (pronom démonstratif) + est | se (pronom réfléchi) + est |
| Remplacer par | cela est, c'était | me suis (avec je), s'était |
| Suivi de | nom, adjectif, adverbe, pronom, que, qui… | toujours un participe passé |
| Pluriel | ce sont | se sont |
| Exemple | C'est une bonne idée. | Elle s'est réveillée tôt. |
« C'est » : ce + est
C'est associe le pronom démonstratif ce, qui désigne une chose, une idée ou une situation, et le verbe être. Il présente, identifie ou commente :
- Pour présenter : « C'est mon frère. » « C'est ici. »
- Pour juger : « C'est magnifique. » « C'est trop tard. »
- Pour mettre en relief : « C'est lui qui a gagné. » « C'est demain que tout se joue. »
- Dans des locutions : c'est-à-dire (avec traits d'union), c'est pourquoi, c'est pour ça que, c'est que (« s'il ne répond pas, c'est qu'il dort »).
À la forme interrogative, ce passe après le verbe : est-ce, avec un trait d'union, comme dans est-ce que.
« S'est » : le passé composé des verbes pronominaux
S'est n'apparaît qu'avec un verbe pronominal (se lever, se tromper, se passer, s'apercevoir…) conjugué au passé composé, à la troisième personne du singulier. Se renvoie au sujet, est est l'auxiliaire être :
- Il s'est levé à six heures. → Je me suis levé.
- Elle s'est aperçue de son erreur. → Je me suis aperçue.
- Le spectacle s'est bien déroulé. → Il s'était bien déroulé.
- On s'est croisés hier.
Le participe qui suit s'est s'accorde souvent avec le sujet (elle s'est levée), mais pas toujours : on écrit « elle s'est lavé les mains » ou « elle s'est rendu compte », parce que le complément d'objet est placé après le verbe. La règle complète figure dans la page sur l'accord du participe passé.
Le piège de « ça s'est passé »
C'est la faute la plus fréquente : ça c'est bien passé. Le sujet est déjà ça ; ce qui suit est le verbe se passer au passé composé. On écrit donc ça s'est bien passé. Le test le confirme : « ça s'était bien passé ».
Même piège avec d'autres verbes pronominaux : « ça s'est arrangé », « ça s'est vu », « ça s'est terminé tard ».
Attention au cas inverse : « C'est passé » (cela est passé, c'est fini), « C'est fait », « C'est dit ». Ici, le test « je me suis fait » ne donne rien, alors que « cela est fait » fonctionne : c'est c'est.
Ce sont ou se sont ?
Au pluriel, le même raisonnement s'applique :
- Ce sont mes voisins. → cela est au pluriel ; ce démonstratif.
- Ils se sont installés en mai. → « nous nous sommes installés » ; verbe pronominal.
Devant un nom pluriel, ce sont est la forme soignée ; c'est reste admis dans la langue courante (« c'est mes voisins »). Devant nous et vous, on garde toujours c'est : « C'est nous qui partons. »
Les autres mots qui se prononcent [sɛ] : sais, sait, ces, ses
C'est et s'est ont plusieurs voisins de prononciation. Chacun a son test :
| Mot | Nature | Test | Exemple |
|---|---|---|---|
| c'est | ce + être | cela est | C'est simple. |
| s'est | se + auxiliaire être | je me suis | Il s'est trompé. |
| sais | savoir, 1re et 2e personne | savais | Je sais nager. Tu sais quoi ? |
| sait | savoir, 3e personne | savait | Elle sait tout. Qui sait ? |
| ces | déterminant démonstratif pluriel | ces … -là | Ces chaussures sont neuves. |
| ses | déterminant possessif pluriel | les siens, les siennes | Il a perdu ses clés. |
La différence entre ces et ses est détaillée dans la fiche ces ou ses. Retenez surtout que ces et ses sont toujours suivis d'un nom, alors que c'est et s'est contiennent un verbe.
Exercice rapide
Complétez avec c'est, s'est, sait ou ses :
- Il … coupé en préparant le dîner.
- … exactement ce que je voulais.
- Personne ne … où il est parti.
- Elle a rangé … affaires.
- Tout … passé très vite.
Réponses : 1. s'est (je me suis coupé) ; 2. C'est (cela est) ; 3. sait (savait) ; 4. ses (les siennes) ; 5. s'est (tout s'était passé).
Pour aller plus loin
C'est et s'est appartiennent à la grande famille des homophones grammaticaux, comme ou et où ou quand et quant. Le dossier homophones et confusions présente la méthode générale. Pour le reste du texte, le correcteur d'orthographe repère les fautes de frappe et d'usage ; pour c'est et s'est, gardez le test « cela est / me suis ».
Questions fréquentes
Comment savoir s'il faut écrire « c'est » ou « s'est » ?
Remplacez par cela est : si la phrase fonctionne, écrivez c'est. Sinon, mettez le sujet à la première personne : si vous obtenez je me suis, c'est s'est.
Écrit-on « ça s'est bien passé » ou « ça c'est bien passé » ?
« Ça s'est bien passé ». Le verbe est se passer, conjugué au passé composé : on dirait « ça s'était bien passé ». Le sujet est déjà ça, il n'y a pas de place pour c'est.
« S'est » est-il toujours suivi d'un participe passé ?
Oui. S'est est l'auxiliaire du passé composé d'un verbe pronominal : il est toujours suivi d'un participe (levé, trompée, rendu…), parfois après un adverbe (« il s'est bien amusé »).
Faut-il dire « c'est » ou « ce sont » devant un pluriel ?
Devant un nom pluriel ou eux, elles, la langue soignée emploie ce sont : « Ce sont mes amis ». C'est est admis dans la langue courante. Devant nous et vous, on dit toujours c'est : « C'est nous ».
Quelle différence entre « c'est », « sait » et « sais » ?
Sais et sait sont le verbe savoir : « je sais », « il sait ». Remplacez par l'imparfait (savais, savait) : si cela fonctionne, c'est le verbe savoir.
Mis à jour le 29 septembre 2026