Le trait d'union : quand le mettre ?
Le trait d'union (-) est un petit trait horizontal, sans espace avant ni après, qui relie deux mots ou plus pour en faire une unité : arc-en-ciel, grand-mère, dit-il, celui-ci, vingt-deux. On l'emploie dans de nombreux mots composés, entre le verbe et le pronom sujet inversé, après l'impératif, avec -ci et -là et dans les nombres.
Sommaire
Le trait d'union en un tableau
Le trait d'union n'est pas un signe de ponctuation au sens strict mais un signe orthographique : il fait partie de l'orthographe du mot. Voici ses emplois principaux.
| Cas | Exemples |
|---|---|
| Mots composés | chou-fleur, rouge-gorge, tire-bouchon, arc-en-ciel |
| Verbe + pronom sujet inversé | viens-tu, dit-il, pensez-vous, a-t-elle |
| Impératif + pronom complément | dis-le, donne-moi, allez-y, prends-en |
| Pronom personnel + même | moi-même, elle-même, nous-mêmes |
| -ci, -là et composés de ci, là | celui-ci, ce jour-là, ci-dessous, là-bas |
| Nombres composés | dix-sept, quatre-vingt-dix, trente-deux |
| Certains préfixes | après-midi, arrière-grand-père, demi-heure, ex-mari, vice-président |
| Noms de lieux composés | Saint-Étienne, Aix-en-Provence, Pas-de-Calais |
| Prénoms composés | Jean-Pierre, Marie-Claire |
Les mots composés
Beaucoup de noms et d'adjectifs sont formés de plusieurs mots reliés par des traits d'union : nom + nom (chou-fleur, wagon-lit), adjectif + nom (grand-mère, rouge-gorge), verbe + nom (tire-bouchon, gratte-ciel), avec préposition (arc-en-ciel, pot-au-feu). Les points cardinaux composés en prennent aussi : nord-est, sud-ouest.
Il n'existe pas de règle générale qui permette de deviner l'orthographe d'un mot composé. Certains s'écrivent avec traits d'union, d'autres en plusieurs mots séparés, d'autres encore en un seul mot :
| Avec traits d'union | Sans trait d'union | Soudés |
|---|---|---|
| arc-en-ciel | pomme de terre | portefeuille |
| après-midi | chemin de fer | pourboire |
| grand-père | moulin à vent | gendarme |
En cas de doute, le dictionnaire tranche. Le pluriel des mots composés suit ses propres règles (des choux-fleurs, des tire-bouchons, des après-midi) : elles sont détaillées dans le guide du pluriel des noms.
Préfixes : non, quasi, demi, mi, semi
- Non et quasi prennent un trait d'union devant un nom (le non-respect, la quasi-totalité), pas devant un adjectif (non négligeable, quasi certain).
- Demi, mi, semi placés devant le mot sont suivis d'un trait d'union : une demi-heure, à mi-chemin, semi-automatique. Demi reste alors invariable.
- Anti, auto, extra, ultra se soudent le plus souvent au mot : antivol, autoroute, extraordinaire. Le trait d'union se maintient notamment devant un mot qui commence par la même voyelle : anti-inflammatoire.
L'inversion du sujet et l'impératif
Quand le pronom sujet est placé après le verbe, dans une question ou dans l'incise d'un dialogue, il se lie au verbe par un trait d'union : Viens-tu ?, Que pensez-vous ?, répondit-elle. C'est aussi le cas de ce et de on : est-ce, peut-on. La tournure est-ce que prend donc toujours son trait d'union.
Si le verbe se termine par une voyelle devant il, elle ou on, on intercale un t entre deux traits d'union : a-t-il, va-t-elle, y a-t-il. Les conditions exactes sont expliquées dans la règle du t euphonique.
À l'impératif affirmatif, les pronoms compléments qui suivent le verbe s'y rattachent par des traits d'union : dis-le, donne-le-moi, allez-vous-en, vas-y, parles-en. Deux pièges :
- Le pronom complément d'un infinitif ne se lie pas à l'impératif : Va le chercher. (le complète chercher), mais Laisse-le partir. (le complète laisse).
- L'élision remplace le second trait d'union par une apostrophe : va-t'en, donne-m'en, où t' et m' sont des pronoms élidés devant en (voir l'apostrophe).
À l'impératif négatif, le pronom passe devant le verbe et le trait d'union disparaît : ne le dis pas.
« -ci », « -là » et « même »
Ci et là s'attachent par un trait d'union au pronom ou au nom qu'ils précisent : celui-ci, celle-là, ce livre-ci, cette fois-là, à ce moment-là. On les retrouve dans des adverbes et locutions : ci-dessous, ci-dessus, ci-joint, là-bas, là-haut, là-dessus, jusque-là, par-ci par-là. L'adverbe là employé seul n'en prend pas : « Il est là. » La formule d'e-mail ci-joint en porte donc toujours un.
Même se lie par un trait d'union au pronom personnel qu'il renforce : moi-même, toi-même, lui-même, eux-mêmes. Ailleurs, il reste un mot séparé : « les mêmes erreurs », « même lui ». L'accord de ce mot est expliqué à la page même ou mêmes.
Les nombres et les rectifications de 1990
L'orthographe traditionnelle met un trait d'union entre les éléments d'un nombre inférieur à cent, sauf quand ils sont reliés par et : dix-sept, quatre-vingt-dix-neuf, mais vingt et un, soixante et onze. Au-delà, cent et mille restent séparés : deux cent trois, mille deux cents.
Les rectifications orthographiques de 1990 simplifient la règle : tous les éléments d'un nombre composé sont reliés par des traits d'union. On peut donc écrire vingt-et-un, deux-cent-trois, mille-deux-cents. Les deux graphies sont correctes ; choisissez-en une et gardez-la dans tout le texte. Le convertisseur de chiffres en lettres donne les deux orthographes pour n'importe quel nombre.
Les mêmes rectifications soudent certains mots composés, sans rendre fautive l'ancienne orthographe : portemonnaie, weekend, piquenique, croquemonsieur, pingpong.
Peut-être ou peut être ?
C'est l'hésitation la plus fréquente. L'adverbe peut-être, qui exprime le doute, prend un trait d'union : « Il viendra peut-être. » Sans trait d'union, peut être est le verbe pouvoir suivi de l'infinitif être : « Ce dossier peut être envoyé demain. » Le test : remplacez par pourrait être. Si la phrase reste correcte, pas de trait d'union. La règle complète et ses exemples sont sur la page peut-être ou peut être.
D'autres paires fonctionnent de la même façon. Là-bas, au-dessus, au-dessous et au-delà prennent toujours un trait d'union ; c'est-à-dire en prend deux.
Trait d'union, tiret et coupure de mot
| Signe | Nom | Espaces | Usage |
|---|---|---|---|
| - | trait d'union | aucune | relier des mots : grand-mère |
| – | tiret demi-cadratin | une de chaque côté | incise : « Paul – enfin – est là. » |
| — | tiret cadratin | une après | réplique de dialogue en début de ligne |
Le trait d'union sert aussi à couper un mot en fin de ligne, entre deux syllabes : ponc-tuation. Les logiciels de traitement de texte le font automatiquement. Quand un mot composé doit rester entier sur la ligne, Word propose un trait d'union insécable dans ses caractères spéciaux.
Sur un clavier AZERTY de PC, le trait d'union se tape avec la touche 6, sans la touche Maj, ou avec la touche - du pavé numérique. Ne le confondez pas avec le tiret, que la page consacrée à la ponctuation et à la typographie présente en détail avec ses codes clavier.
Les erreurs fréquentes
- c'est à dire → c'est-à-dire
- Est ce que tu viens ? → Est-ce que tu viens ?
- vas y → vas-y
- y a t'il → y a-t-il
- Il va peut être pleuvoir. → Il va peut-être pleuvoir.
- Paul - enfin - est là. → Paul – enfin – est là. (tiret d'incise, pas trait d'union)
- grand - mère → grand-mère (jamais d'espace autour du trait d'union)
Les trois premières fautes sont repérées automatiquement par le correcteur d'orthographe : collez votre texte pour vérifier vos traits d'union en même temps que vos accords.
Questions fréquentes
Faut-il un trait d'union dans « peut-être » ?
Oui quand c'est l'adverbe, qui signifie « probablement » : « Il viendra peut-être. » Non quand il s'agit du verbe pouvoir suivi de être : « Cela peut être utile. » Si vous pouvez dire pourrait être, écrivez-le sans trait d'union.
Écrit-on « vingt et un » ou « vingt-et-un » ?
Les deux sont corrects. L'orthographe traditionnelle écrit vingt et un ; les rectifications de 1990 recommandent de relier tous les éléments d'un nombre par des traits d'union : vingt-et-un, deux-cent-trois.
Quelle est la différence entre un trait d'union et un tiret ?
Le trait d'union (-) est court et ne prend pas d'espaces : il relie des mots (grand-mère, dit-il). Le tiret (– ou —) est plus long et entouré d'espaces : il isole une incise ou marque une réplique de dialogue.
Pourquoi écrit-on « va-t'en » avec une apostrophe ?
Parce que t' est le pronom te élidé devant en. Le trait d'union relie va au pronom, l'apostrophe remplace le e supprimé. Dans va-t-il, au contraire, le t est une lettre ajoutée pour le son, encadrée de deux traits d'union.
Met-on un trait d'union après « non » ?
Devant un nom, oui : le non-respect, un non-fumeur, une fin de non-recevoir. Devant un adjectif ou un participe, non : une somme non négligeable, un travail non rémunéré. La même règle vaut pour quasi : la quasi-totalité, mais quasi certain.
Faut-il un trait d'union à « c'est-à-dire » ?
Oui, deux : c'est-à-dire, avec un accent sur le à. L'abréviation est c.-à-d.
Mis à jour le 30 septembre 2026