Correcteur d'orthographe

L'imparfait de l'indicatif : terminaisons, emplois et tableaux

L'imparfait est le temps du passé qui décrit une situation, une action en cours ou une habitude : il pleuvait, je lisais tous les soirs. Il se forme sur le radical de nous au présent, auquel on ajoute les mêmes terminaisons pour tous les verbes : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.

Sommaire
  1. Quand employer l'imparfait ?
  2. Formation de l'imparfait : radical de nous + terminaison
  3. Les terminaisons de l'imparfait en tableau
  4. Être, avoir, aller et faire à l'imparfait
  5. Voir, dire, pouvoir et vouloir à l'imparfait
  6. Les pièges d'orthographe de l'imparfait
  7. Imparfait, passé simple ou passé composé ?
  8. L'imparfait du subjonctif
  9. Questions fréquentes

C'est l'un des temps les plus réguliers de la conjugaison française : une fois le radical trouvé, il n'y a plus d'exception, à part être. Les difficultés sont ailleurs : choisir entre l'imparfait et le passé simple ou le passé composé, et ne pas oublier le i de nous voyions ou nous criions. Les autres temps sont présentés dans le guide de conjugaison.

Quand employer l'imparfait ?

L'imparfait présente une action passée sans en marquer le début ni la fin. On l'emploie pour :

  • décrire un décor, un personnage, une situation : il faisait beau, les enfants jouaient dans le jardin ;
  • une action en cours, souvent interrompue par une autre : je prenais ma douche quand on a sonné ;
  • une habitude passée : chaque été, nous allions chez nos grands-parents ;
  • une condition après si, avec un conditionnel dans la principale : si j'avais le temps, je voyagerais ;
  • une demande polie, atténuée : je voulais vous demander un conseil ;
  • le discours rapporté après un verbe au passé : il m'a dit qu'il était fatigué (il m'a dit : « Je suis fatigué ») ;
  • une comparaison après comme si : il parlait comme s'il savait tout.

Dans un récit, l'imparfait peint l'arrière-plan pendant que le passé simple ou le passé composé fait avancer l'action.

Formation de l'imparfait : radical de nous + terminaison

Prenez la 1re personne du pluriel du présent, retirez -ons et ajoutez les terminaisons de l'imparfait :

  1. Présent avec nousnous finissons, nous prenons, nous faisons, nous buvons
  2. Radicalfiniss-, pren-, fais-, buv-
  3. Terminaisonje finissais, je prenais, je faisais, je buvais

Seul être échappe à la règle (nous sommes, mais j'étais). Les verbes impersonnels, qui n'ont pas de forme avec nous, suivent le même modèle : il faut → il fallait, il pleut → il pleuvait.

Les terminaisons de l'imparfait en tableau

PersonneTerminaison1er groupe : chanter2e groupe : finir3e groupe : prendre
je-aischantaisfinissaisprenais
tu-aischantaisfinissaisprenais
il, elle, on-aitchantaitfinissaitprenait
nous-ionschantionsfinissionsprenions
vous-iezchantiezfinissiezpreniez
ils, elles-aientchantaientfinissaientprenaient

Cinq terminaisons sur six se prononcent de la même façon : seule l'orthographe distingue je chantais, il chantait et ils chantaient. Le sujet commande la lettre finale : -s avec je et tu, -t avec il, -ent avec ils.

Être, avoir, aller et faire à l'imparfait

PersonneÊtreAvoirAllerFaire
je (j')étaisavaisallaisfaisais
tuétaisavaisallaisfaisais
il, elle, onétaitavaitallaitfaisait
nousétionsavionsallionsfaisions
vousétiezaviezalliezfaisiez
ils, ellesétaientavaientallaientfaisaient

Dans je faisais, nous faisions, le groupe fai- se prononce comme dans fenêtre, mais s'écrit avec ai, comme au présent nous faisons.

Voir, dire, pouvoir et vouloir à l'imparfait

PersonneVoirDirePouvoirVouloir
jevoyaisdisaispouvaisvoulais
tuvoyaisdisaispouvaisvoulais
il, elle, onvoyaitdisaitpouvaitvoulait
nousvoyionsdisionspouvionsvoulions
vousvoyiezdisiezpouviezvouliez
ils, ellesvoyaientdisaientpouvaientvoulaient

Les pièges d'orthographe de l'imparfait

Nous voyions, nous criions : le i qu'on n'entend pas

Quand le radical se termine par y ou par i, la terminaison -ions ou -iez s'ajoute quand même. On obtient nous voyions, vous croyiez, nous envoyions, nous payions, et deux i de suite dans nous criions, vous riiez, nous étudiions. Sans ce i, on écrit le présent : hier, nous voyions / aujourd'hui, nous voyons.

La même logique s'applique aux verbes en -gner et -iller : nous gagnions, vous travailliez. Le i de la terminaison suit directement gn ou ill.

Verbes en -cer et -ger

Devant a, on garde le son doux : je commençais, ils commençaient avec une cédille ; je mangeais, il bougeait avec un e. Devant i, c'est inutile : nous commencions, vous mangiez, sans cédille ni e. Voyez par exemple la fiche enfoncer.

-ais ou -ait

Je et tu prennent -ais, il et elle prennent -ait : j'étais, il était, j'était. Ne confondez pas non plus j'étais (imparfait) avec été (participe passé) : j'ai été malade, mais j'étais malade.

-ais ou -ai

Je chantais (imparfait) et je chantai (passé simple) se prononcent presque pareil. Passez à la 3e personne pour trancher : il chantait (imparfait) ou il chanta (passé simple). Le même test sépare je chanterais (conditionnel) de je chanterai (futur) : voyez je serai ou je serais.

Pour ne jamais oublier le i de nous voyions, retenez que toutes les formes de l'imparfait avec nous et vous contiennent -ions et -iez, sans exception.

Imparfait, passé simple ou passé composé ?

TempsRôle dans le récitExemple
Imparfaitarrière-plan : décor, action en cours, habitudeIl neigeait depuis le matin.
Passé simplepremier plan d'un récit écrit : action ponctuelleSoudain, la porte s'ouvrit.
Passé composéaction achevée, surtout à l'oral et dans les écrits courantsSoudain, la porte s'est ouverte.

Pour choisir, demandez-vous si l'action a un début et une fin précis. Il neigeait ne dit pas quand la neige a commencé ni cessé ; la porte s'ouvrit désigne un instant. L'imparfait sert aussi à former le plus-que-parfait (j'avais fini), qui marque une action antérieure, et il prête ses terminaisons au conditionnel présent (je chanterais).

L'imparfait du subjonctif

À ne pas confondre avec l'imparfait de l'indicatif, l'imparfait du subjonctif appartient aujourd'hui à la langue littéraire. On le forme à partir du passé simple, 2e personne du singulier (tu chantas, tu finis, tu pris, tu fus), en ajoutant -se : que je chantasse, que je finisse, que je prisse, que je fusse. Les terminaisons sont -sse, -sses, -t, -ssions, -ssiez, -ssent, avec un accent circonflexe sur la voyelle qui précède le t.

PersonneÊtreAvoirChanterFinir
que je (j')fusseeussechantassefinisse
que tufusseseusseschantassesfinisses
qu'il, qu'ellefûteûtchantâtfinît
que nousfussionseussionschantassionsfinissions
que vousfussiezeussiezchantassiezfinissiez
qu'ils, qu'ellesfussenteussentchantassentfinissent

La 3e personne du singulier porte un accent circonflexe qui la distingue du passé simple : il fut (passé simple), qu'il fût (subjonctif imparfait). Dans l'usage courant, on emploie à sa place le subjonctif présent : il fallait qu'il vienne plutôt que qu'il vînt. Le subjonctif a sa propre page.

Pour relire un texte au passé et repérer les terminaisons fautives, passez-le au correcteur d'orthographe.

Questions fréquentes

Quelles sont les terminaisons de l'imparfait ?

Les mêmes pour tous les verbes, quel que soit leur groupe : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Elles s'ajoutent au radical de la 1re personne du pluriel du présent : nous chant-ons → je chantais, nous finiss-ons → je finissais, nous pren-ons → je prenais.

Comment conjuguer voir à l'imparfait ?

Je voyais, tu voyais, il voyait, nous voyions, vous voyiez, ils voyaient. Attention au i après le y aux deux personnes du pluriel : c'est lui qui distingue l'imparfait nous voyions du présent nous voyons.

Faut-il écrire « nous criions » avec deux i ?

Oui. Le radical cri- se termine par un i, auquel s'ajoute la terminaison -ions : « nous criions », « vous criiez ». Même chose pour rire (nous riions), étudier (nous étudiions) ou oublier (nous oubliions).

Imparfait ou passé composé : comment choisir ?

L'imparfait décrit le décor, une action en cours ou une habitude : « il pleuvait », « je lisais ». Le passé composé raconte un événement ponctuel et achevé : « le téléphone a sonné ». Les deux se combinent souvent : « je lisais quand le téléphone a sonné ».

Pourquoi dit-on « si j'avais » et non « si j'aurais » ?

Après le si qui introduit une condition, on emploie l'imparfait, jamais le conditionnel : « si j'avais le temps, je viendrais ». Le conditionnel se place dans l'autre partie de la phrase, celle qui exprime la conséquence.

Qu'est-ce que l'imparfait du subjonctif ?

C'est un temps du subjonctif propre à la langue littéraire : qu'il fût, qu'il eût, que je chantasse. Il se forme sur le passé simple et s'emploie surtout après un verbe principal au passé (« il fallait qu'il vînt »). Dans la langue courante, on le remplace par le subjonctif présent : « il fallait qu'il vienne ».

Mis à jour le 30 septembre 2026