Correcteur d'orthographe

Le plus-que-parfait : formation, emplois et tableaux

Le plus-que-parfait exprime une action passée qui s'est produite avant une autre action passée : quand je suis arrivé, le film avait commencé. Il se forme avec l'auxiliaire avoir ou être à l'imparfait, suivi du participe passé : j'avais fini, elle était partie.

Sommaire
  1. À quoi sert le plus-que-parfait ?
  2. Formation : auxiliaire à l'imparfait + participe passé
  3. Être, avoir, finir et faire au plus-que-parfait
  4. Aller, venir, prendre et voir au plus-que-parfait
  5. L'accord du participe passé au plus-que-parfait
  6. Les pièges du plus-que-parfait
  7. Plus-que-parfait, passé antérieur et subjonctif
  8. Questions fréquentes

C'est le temps composé qui correspond à l'imparfait, comme le passé composé correspond au présent. Une fois ces deux temps maîtrisés, le plus-que-parfait ne présente plus de difficulté de forme : tout se joue sur le choix de l'auxiliaire, l'accord du participe et le bon emploi dans la phrase. Les autres temps sont présentés dans le guide de conjugaison.

À quoi sert le plus-que-parfait ?

Marquer l'antériorité dans le passé

C'est son emploi principal. Il situe une action avant une autre, elle-même au passé (imparfait, passé composé ou passé simple) :

  • Il avait neigé toute la nuit ; les routes étaient bloquées.
  • J'ai retrouvé le livre que j'avais perdu.
  • Elle relut la lettre qu'elle avait écrite la veille.

Exprimer une habitude antérieure

Avec un imparfait dans la principale, il marque une action répétée, chaque fois accomplie avant l'autre : quand il avait dîné, il sortait promener le chien.

Formuler une hypothèse non réalisée

Après si, il exprime une condition qui ne s'est pas réalisée dans le passé (l'irréel du passé). La principale se met au conditionnel passé : si tu étais venu, tu l'aurais rencontrée. Il sert aussi à exprimer un regret : si seulement j'avais su !

Rapporter des paroles au passé

Dans le discours indirect, un passé composé devient plus-que-parfait quand le verbe introducteur est au passé : il a dit : « J'ai terminé » → il a dit qu'il avait terminé.

Atténuer une demande

Comme l'imparfait, il adoucit une demande : j'étais venu vous demander un conseil. Il peut aussi rappeler un avertissement : je vous l'avais bien dit !

Formation : auxiliaire à l'imparfait + participe passé

PersonneAvec avoir : chanterAvec être : partir
je (j')avais chantéétais parti(e)
tuavais chantéétais parti(e)
il, elle, onavait chantéétait parti, partie
nousavions chantéétions parti(e)s
vousaviez chantéétiez parti(e)(s)
ils, ellesavaient chantéétaient partis, parties

Le choix de l'auxiliaire suit exactement les règles du passé composé : avoir pour la plupart des verbes, être pour une quinzaine de verbes de mouvement ou de changement d'état (aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, naître, mourir, rester, tomber, retourner, passer et leurs dérivés), pour les verbes pronominaux et pour la voix passive. L'auxiliaire lui-même se conjugue comme à l'imparfait : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.

Être, avoir, finir et faire au plus-que-parfait

PersonneÊtreAvoirFinirFaire
je (j')avais étéavais euavais finiavais fait
tuavais étéavais euavais finiavais fait
il, elle, onavait étéavait euavait finiavait fait
nousavions étéavions euavions finiavions fait
vousaviez étéaviez euaviez finiaviez fait
ils, ellesavaient étéavaient euavaient finiavaient fait

Aller, venir, prendre et voir au plus-que-parfait

PersonneAllerVenirPrendreVoir
je (j')étais allé(e)étais venu(e)avais prisavais vu
tuétais allé(e)étais venu(e)avais prisavais vu
il, elle, onétait allé, alléeétait venu, venueavait prisavait vu
nousétions allé(e)sétions venu(e)savions prisavions vu
vousétiez allé(e)(s)étiez venu(e)(s)aviez prisaviez vu
ils, ellesétaient allés, alléesétaient venus, venuesavaient prisavaient vu

Avec un verbe pronominal, le pronom se place devant l'auxiliaire : je m'étais levé(e), tu t'étais levé(e), il s'était levé, elle s'était levée, nous nous étions levé(e)s, vous vous étiez levé(e)(s), ils s'étaient levés, elles s'étaient levées.

L'accord du participe passé au plus-que-parfait

Les règles sont les mêmes qu'au passé composé. Avec être, le participe s'accorde avec le sujet : elles étaient arrivées en avance. Avec avoir, il s'accorde avec le complément d'objet direct seulement s'il est placé avant : la lettre qu'elle avait écrite, mais elle avait écrit une lettre. Les cas délicats (verbes pronominaux, participe suivi d'un infinitif) sont traités dans la fiche sur l'accord du participe passé.

Les pièges du plus-que-parfait

Si j'avais su, pas si j'aurais su

Après le si de condition, jamais de conditionnel : si j'avais su, si j'aurais su. Le conditionnel passé va dans l'autre partie de la phrase : si j'avais su, je serais venu. En revanche, le si qui introduit une question indirecte (« je me demande si… ») accepte le conditionnel : je me demandais s'il aurait le temps.

J'avais été, pas j'étais été

Être et avoir se conjuguent avec avoir : j'avais été, j'avais eu, j'étais été.

Avait ou avais

L'auxiliaire suit les terminaisons de l'imparfait : j'avais fini, il avait fini, j'avait fini. Et le participe garde sa lettre finale : il avait fait, il avait fais (voyez j'ai fait ou j'ai fais).

Plus-que-parfait ou imparfait

L'imparfait décrit ce qui était en cours ; le plus-que-parfait, ce qui était déjà terminé. Quand je suis arrivé, il mangeait (il était en train de manger) ; quand je suis arrivé, il avait mangé (le repas était fini).

Pour savoir s'il faut un plus-que-parfait, ajoutez déjà : si la phrase veut dire que l'action était terminée avant l'autre (il avait déjà mangé), le plus-que-parfait est le bon temps.

Plus-que-parfait, passé antérieur et subjonctif

Le passé antérieur (j'eus fini, il fut parti) marque lui aussi l'antériorité, mais il accompagne le passé simple dans les récits écrits, surtout après quand, lorsque, dès que, après que : dès qu'il eut fini, il sortit.

Il existe aussi un plus-que-parfait du subjonctif (que j'eusse chanté, qu'il fût parti), réservé à la langue littéraire. On le rencontre notamment avec la valeur d'un conditionnel passé : il eût fallu partir plus tôt équivaut à il aurait fallu partir plus tôt. Il est présenté avec le subjonctif.

Pour relire un texte au passé et vérifier les formes composées, collez-le dans le correcteur d'orthographe.

Questions fréquentes

Comment se forme le plus-que-parfait ?

Avec l'auxiliaire avoir ou être conjugué à l'imparfait, suivi du participe passé du verbe : « j'avais fini », « elle était partie ». L'auxiliaire est le même qu'au passé composé : seul son temps change.

Plus-que-parfait s'écrit-il avec des traits d'union ?

Oui : plus-que-parfait, avec deux traits d'union. C'est un nom masculin : le plus-que-parfait. L'écrire sans traits d'union (« plus que parfait ») est une faute.

Quelle différence entre le passé composé et le plus-que-parfait ?

Le passé composé présente une action passée par rapport au moment où l'on parle : « j'ai fini ». Le plus-que-parfait présente une action passée avant une autre action passée : « quand tu as appelé, j'avais déjà fini ». Il marque l'antériorité dans le passé.

Faut-il dire « si j'avais su » ou « si j'aurais su » ?

« Si j'avais su ». Après le si de condition, on n'emploie jamais le conditionnel. Pour une hypothèse non réalisée dans le passé, on met le plus-que-parfait après si et le conditionnel passé dans la principale : « si j'avais su, je serais venu ».

Comment conjuguer être au plus-que-parfait ?

J'avais été, tu avais été, il avait été, nous avions été, vous aviez été, ils avaient été. Être se conjugue avec l'auxiliaire avoir : « j'étais été » n'existe pas.

Plus-que-parfait ou passé antérieur ?

Les deux marquent une action antérieure à une autre action passée. Le plus-que-parfait accompagne l'imparfait ou le passé composé et peut exprimer une habitude : « quand il avait dîné, il sortait ». Le passé antérieur (j'eus fini) accompagne le passé simple, surtout après quand, dès que, lorsque, après que : « dès qu'il eut dîné, il sortit ».

Mis à jour le 30 septembre 2026