Le présent de l'indicatif : emplois, terminaisons et tableaux
Le présent de l'indicatif exprime surtout ce qui se passe au moment où l'on parle : je lis, tu finis, il prend le train. Ses terminaisons dépendent du groupe du verbe : -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent au 1er groupe, -is, -is, -it, -issons, -issez, -issent au 2e, et le plus souvent -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent au 3e.
Sommaire
C'est le premier temps que l'on apprend et celui qui sert de base à plusieurs autres : l'imparfait se forme sur le radical de nous au présent, et le passé composé sur l'auxiliaire au présent. Voici ses emplois, ses terminaisons, les tableaux des verbes les plus courants et les fautes à éviter. Les autres temps sont présentés dans le guide de conjugaison française.
À quoi sert le présent de l'indicatif ?
Le présent ne situe pas seulement une action « maintenant ». Il a plusieurs valeurs, que le contexte permet de reconnaître :
| Valeur | Ce qu'elle exprime | Exemple |
|---|---|---|
| Présent d'énonciation | une action en cours au moment où l'on parle | Je lis ton message. |
| Présent d'habitude | une action qui se répète | Elle prend le bus tous les matins. |
| Vérité générale | un fait toujours vrai, une définition, un proverbe | La Terre tourne autour du Soleil. Qui ne dit mot consent. |
| Présent de narration | un récit au passé rendu plus vivant | Soudain, la porte s'ouvre : un homme entre. |
| Passé récent | une action qui vient d'avoir lieu | Il sort à l'instant. |
| Futur proche | une action prévue ou imminente | Je pars demain. J'arrive dans cinq minutes. |
| Condition (après si) | une hypothèse portant sur le présent ou l'avenir | Si tu viens, nous irons au cinéma. |
| Ordre | une consigne ferme | Tu ranges ta chambre, maintenant. |
Pour parler d'une action qui va se produire plus tard, on emploie aussi le futur simple (je partirai) ou le futur proche (je vais partir). Pour un souhait ou une obligation (il faut que tu viennes), c'est le subjonctif qui convient.
Les terminaisons du présent selon le groupe
Un verbe au présent se compose d'un radical (souvent l'infinitif sans sa terminaison : chant-er, fin-ir) et d'une terminaison qui varie selon la personne. Le groupe du verbe indique quelle série appliquer.
| Personne | 1er groupe : chanter | 2e groupe : finir | 3e groupe : partir | 3e groupe : prendre |
|---|---|---|---|---|
| je | chante | finis | pars | prends |
| tu | chantes | finis | pars | prends |
| il, elle, on | chante | finit | part | prend |
| nous | chantons | finissons | partons | prenons |
| vous | chantez | finissez | partez | prenez |
| ils, elles | chantent | finissent | partent | prennent |
Le 1er groupe : -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent
Tous les verbes en -er, sauf aller, suivent cette série. Les trois personnes du singulier et la 3e du pluriel se prononcent de la même façon (chante, chantes, chantent) : seule l'orthographe les distingue. La 2e personne du singulier prend toujours un s : tu chantes, jamais tu chante.
Le 2e groupe : -is, -is, -it et l'élément -iss-
Les verbes du 2e groupe (finir, choisir, grandir, réfléchir, obéir) ajoutent -iss- au pluriel : nous choisissons, ils réfléchissent. C'est d'ailleurs le test qui permet de les reconnaître : on dit nous finissons, mais nous partons (3e groupe).
Le 3e groupe : quatre séries à connaître
- -s, -s, -t, la plus fréquente : je pars, je dors, je vois, je lis, je cours, il court. Les verbes en -tre n'écrivent qu'un t au singulier : je mets, il met ; je bats, il bat.
- -ds, -ds, -d pour la plupart des verbes en -dre : je prends, il prend ; je réponds, il répond ; je couds, il coud. Exceptions : les verbes en -indre et -soudre reprennent -s, -s, -t (je peins, il peint ; je crains, il craint ; je résous, il résout).
- -x, -x, -t pour pouvoir, vouloir et valoir : je peux, tu veux, il vaut.
- -e, -es, -e, comme au 1er groupe, pour ouvrir, offrir, couvrir, souffrir, cueillir, accueillir : j'ouvre, tu offres, il cueille.
Beaucoup de verbes du 3e groupe changent aussi de radical : je viens, nous venons, ils viennent ; je dois, nous devons, ils doivent ; je bois, nous buvons, ils boivent ; je reçois, nous recevons. Ces formes se vérifient une à une dans les fiches de venir, devoir ou voir.
Être, avoir, aller et faire au présent
| Personne | Être | Avoir | Aller | Faire |
|---|---|---|---|---|
| je (j') | suis | ai | vais | fais |
| tu | es | as | vas | fais |
| il, elle, on | est | a | va | fait |
| nous | sommes | avons | allons | faisons |
| vous | êtes | avez | allez | faites |
| ils, elles | sont | ont | vont | font |
Il a (verbe avoir) ne prend jamais d'accent : si vous pouvez le remplacer par il avait, écrivez a. La règle complète est dans la fiche a ou à.
D'autres verbes courants du 3e groupe
| Personne | Pouvoir | Vouloir | Dire | Savoir |
|---|---|---|---|---|
| je | peux | veux | dis | sais |
| tu | peux | veux | dis | sais |
| il, elle, on | peut | veut | dit | sait |
| nous | pouvons | voulons | disons | savons |
| vous | pouvez | voulez | dites | savez |
| ils, elles | peuvent | veulent | disent | savent |
Les pièges d'orthographe du présent
Verbes en -cer et -ger
Devant le o de -ons, on garde le son doux : nous commençons, nous plaçons (avec une cédille), nous mangeons, nous nageons (avec un e). Les autres personnes ne changent pas : je commence, vous mangez. Voyez les fiches de prononcer et de bouger.
Verbes en -yer
Les verbes en -oyer et -uyer changent le y en i devant un e muet : j'envoie, il nettoie, ils essuient, mais nous envoyons, vous nettoyez. Les verbes en -ayer admettent les deux formes : je paie ou je paye, j'essaie ou j'essaye (fiche essayer).
Verbes en -eler et -eter, e et é du radical
Appeler et jeter doublent la consonne devant un e muet : j'appelle, ils jettent, mais nous appelons. D'autres prennent un accent grave : j'achète, il gèle. Les rectifications de 1990 autorisent l'accent grave pour tous ces verbes, sauf appeler, jeter et leurs composés (il ruissèle à côté de il ruisselle). De même, lever donne je lève et céder donne je cède, ils cèdent, mais nous cédons.
Verbes en -ier, -uer, -ouer, -éer
Le e final ne s'entend pas, mais il s'écrit : il crie, il crit ; il continue, il joue, je crée. Ne confondez pas il crie (verbe) et un cri (nom).
Vous faites, vous dites
Trois verbes ont une 2e personne du pluriel en -tes : vous êtes, vous faites, vous dites (et vous redites). « Vous faisez » et « vous disez » sont fautifs. Les autres composés de dire sont réguliers : vous contredisez, vous interdisez, vous prédisez.
Il connaît ou il connait
Les verbes en -aître prennent traditionnellement un accent circonflexe sur le i devant t : il connaît, il naît, il paraît, ainsi que il plaît. Depuis les rectifications de 1990, l'accent peut être omis : il connait, il nait, il plait. Les deux graphies sont correctes.
Pour vérifier une terminaison douteuse au singulier, remplacez le sujet par nous : le radical complet réapparaît (il prend → nous prenons, il résout → nous résolvons) et vous rappelle le groupe du verbe.
Présent de l'indicatif, subjonctif ou impératif ?
Certaines formes se ressemblent d'un mode à l'autre. Au 1er groupe, je chante (indicatif) et que je chante (subjonctif) sont identiques, mais d'autres verbes les distinguent : je vois / que je voie, je crois / que je croie, je suis / que je sois. À l'impératif, les verbes en -er perdent le s de la 2e personne : tu chantes (présent), mais chante ! (impératif).
Le présent sert enfin de base aux temps composés : l'auxiliaire au présent suivi du participe passé forme le passé composé (j'ai chanté), tandis que l'imparfait se construit sur le radical de nous (nous finissons → je finissais). Pour relire un texte et repérer les terminaisons mal écrites, collez-le dans le correcteur d'orthographe.
Questions fréquentes
Quelles sont les terminaisons du présent de l'indicatif ?
1er groupe : -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent (je chante). 2e groupe : -is, -is, -it, -issons, -issez, -issent (je finis). 3e groupe : le plus souvent -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent (je pars), avec des variantes en -ds, -ds, -d (je prends), -x, -x, -t (je peux) ou -e, -es, -e (j'ouvre).
Comment conjuguer aller au présent ?
Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. Bien que son infinitif soit en -er, aller appartient au 3e groupe : ses formes viennent de plusieurs radicaux différents.
Faut-il écrire « je peux » ou « je peut » ?
« Je peux », avec un x, comme « tu peux ». Seule la 3e personne prend un t : « il peut ». Dans une question avec inversion, on emploie la forme ancienne puis : « puis-je entrer ? ». Même modèle pour vouloir (je veux, il veut) et valoir (je vaux, il vaut).
Écrit-on « il envoie » ou « il envoit » ?
« Il envoie ». Envoyer est un verbe du 1er groupe : ses terminaisons au singulier sont -e, -es, -e, et le y devient i devant le e muet (j'envoie, tu envoies, il envoie, ils envoient). Même chose pour nettoyer (il nettoie) et essuyer (il essuie).
Pourquoi écrit-on « nous commençons » avec une cédille ?
Pour garder le son [s] devant la lettre o : sans cédille, commencons se lirait [k]. Les verbes en -ger font de même avec un e : « nous mangeons », « nous nageons ». Au présent, seule la 1re personne du pluriel est concernée.
Peut-on employer le présent pour parler du futur ?
Oui, quand l'action est proche ou déjà décidée, souvent avec un complément de temps : « je pars demain », « le train arrive dans dix minutes ». Après si exprimant une condition portant sur l'avenir, le présent est même obligatoire : « s'il pleut demain, nous resterons à la maison ».
Mis à jour le 30 septembre 2026