Conjonction de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car
Une conjonction de coordination est un mot invariable qui relie deux éléments de même fonction : deux mots, deux groupes ou deux propositions. La liste traditionnelle en compte sept, mais, ou, et, donc, or, ni, car, que l'on retient grâce à la phrase « Mais où est donc Ornicar ? ».
Sommaire
- À quoi sert une conjonction de coordination ?
- La liste des conjonctions de coordination et leur sens
- Ni… ni : la coordination négative
- La ponctuation avec les conjonctions de coordination
- Comment reconnaître une conjonction de coordination
- Les mots de liaison qui ne sont pas des conjonctions
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Chacune exprime un rapport logique précis : addition, choix, opposition, conséquence, cause. Bien les choisir rend un texte clair ; bien les ponctuer évite les virgules fautives. Cette fiche détaille le sens de chaque conjonction, la ponctuation, la construction ni… ni et les pièges les plus fréquents. Pour situer la coordination parmi les autres notions, voyez la page grammaire française.
À quoi sert une conjonction de coordination ?
Coordonner, c'est placer deux éléments sur le même plan : aucun ne dépend de l'autre. La conjonction peut relier :
- deux noms : du pain et du fromage ;
- deux adjectifs : une pièce petite mais lumineuse ;
- deux infinitifs : lire ou dormir ;
- deux propositions : il pleut, donc nous restons à l'intérieur.
La coordination s'oppose à la subordination. Une conjonction de subordination (parce que, quand, si…) rend une proposition dépendante d'une autre : nous restons à l'intérieur parce qu'il pleut. La même cause peut s'exprimer par la coordination : nous restons à l'intérieur, car il pleut. Dans le premier cas, la proposition subordonnée ne peut pas vivre seule ; dans le second, les deux propositions sont indépendantes.
La liste des conjonctions de coordination et leur sens
| Conjonction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| mais | opposition, restriction, correction | Il est tard, mais je ne suis pas fatigué. |
| ou | choix, alternative | Voulez-vous du thé ou du café ? |
| et | addition, succession | Elle a fermé la porte et elle est partie. |
| donc | conséquence, conclusion | Il est malade, donc il ne viendra pas. |
| or | fait nouveau qui fait avancer un raisonnement | Il devait venir ; or personne ne l'a vu. |
| ni | addition dans une phrase négative | Il ne boit ni ne fume. |
| car | cause, justification | Prenez un parapluie, car il va pleuvoir. |
Et : ajouter, enchaîner
Et additionne deux éléments ou marque une succession : il s'est levé et il a ouvert la fenêtre. Dans une énumération, il ne se place que devant le dernier terme : des pommes, des poires et des prunes. Répété devant chaque terme, il produit un effet d'insistance : et les parents, et les enfants, et les voisins sont venus.
Ou : choisir
Ou présente une alternative : tu viens ou tu restes ? On le renforce avec bien ou en le répétant : ou bien tu viens, ou bien tu restes. Il s'écrit sans accent, contrairement au relatif et à l'interrogatif où : si vous pouvez le remplacer par « ou bien », n'écrivez pas d'accent. Le détail est dans la fiche ou ou où.
Mais : opposer, corriger
Mais oppose ou restreint : ce restaurant est cher, mais excellent. Après une négation, il corrige : ce n'est pas un chat, mais un lynx. Il entre aussi dans la tournure non seulement… mais encore : il est non seulement compétent, mais encore patient.
Donc : tirer une conséquence
Donc introduit une conséquence ou une conclusion : il est malade, donc il ne viendra pas. Contrairement aux six autres, il peut se déplacer (il ne viendra donc pas) et suivre une autre conjonction (et donc, mais donc). C'est pourquoi beaucoup de grammaires actuelles le classent parmi les adverbes. Dans viens donc ! ou qu'as-tu donc fait ?, il ne coordonne rien : il renforce l'ordre ou la question.
Or : faire avancer un raisonnement
Or introduit un fait nouveau qui relance ou contredit ce qui précède. C'est le mot du raisonnement en trois temps : tous les hommes sont mortels ; or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel. Il se place en tête de proposition, souvent après un point ou un point-virgule.
Ne le confondez pas avec la préposition hors (« à l'extérieur de, sauf ») : hors de danger, hors saison. On écrit Or, il était absent, jamais Hors, il était absent. Voyez la fiche hors ou or.
Car : justifier
Car apporte une explication à ce qui vient d'être dit : je rentre, car il fait froid. Il se place toujours entre les deux propositions et ne peut pas ouvrir la phrase à la manière de parce que. Car et or ne relient que des propositions, jamais deux noms ou deux adjectifs.
Évitez car en effet : les deux mots disent la même chose. Écrivez car il pleut ou en effet, il pleut. Cette répétition est un pléonasme.
Ni… ni : la coordination négative
Ni coordonne des éléments dans une phrase négative. Il s'emploie avec ne, sans pas ni point :
- Je n'aime ni les épinards ni les endives. et non Je n'aime pas ni les épinards ni les endives.
- Avec deux verbes : il ne boit ni ne fume.
- Après sans : un café sans sucre ni lait.
Quand deux sujets sont reliés par ni… ni, le verbe se met le plus souvent au pluriel : ni Paul ni Julie ne sont venus. Le singulier se justifie quand un seul des deux peut faire l'action : ni Paul ni Julie ne sera élu délégué. Même logique avec ou : Paul ou Julie viendra vous chercher (l'un des deux seulement). Ces cas sont repris dans les règles d'accord du verbe.
La ponctuation avec les conjonctions de coordination
| Conjonction | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| et, ou, ni | pas de virgule entre deux éléments ni avant le dernier terme d'une énumération | des pommes, des poires et des prunes |
| et (deux propositions) | virgule possible si les sujets diffèrent ou si la phrase est longue | Le soleil se couchait, et la ville s'illuminait peu à peu. |
| mais, car | virgule avant, quand elles relient deux propositions | Je reste, car il pleut. |
| donc | virgule avant entre deux propositions ; aucune à l'intérieur de la proposition | Il pleut, donc je reste. Il est donc parti. |
| or | en tête de phrase ou après un point-virgule ; virgule après fréquente mais non obligatoire | Or, rien ne s'est passé. |
On ne met pas de virgule juste après une conjonction de coordination, sauf pour ouvrir une incise : mais, à vrai dire, je n'en sais rien. Les autres usages de la virgule sont détaillés dans la section ponctuation.
Comment reconnaître une conjonction de coordination
- Elle se place entre les deux éléments reliés.Elle ouvre toujours le second : fatigué mais content.
- Elle ne se déplace pas.On ne peut pas écrire « il pleut, je reste car ». Seul donc fait exception.
- Elle ne se cumule pas.« Et mais » ou « mais car » sont impossibles, alors qu'un adverbe se combine : et pourtant, et puis.
- Elle n'a pas de fonction.Contrairement à un pronom relatif, elle ne remplace aucun mot : elle relie seulement.
Les mots de liaison qui ne sont pas des conjonctions
D'autres mots coordonnent des propositions : puis, ensuite, alors, cependant, pourtant, toutefois, néanmoins, en effet, c'est pourquoi, par conséquent, en revanche. Ce sont des adverbes de liaison : ils peuvent changer de place (il a pourtant réussi) et suivre et ou mais. Certaines grammaires ajoutent à la liste le couple soit… soit : soit tu viens, soit tu restes.
Les erreurs fréquentes
| À éviter | Correct | Pourquoi |
|---|---|---|
| je n'aime pas ni le thé ni le café | je n'aime ni le thé ni le café | ni… ni s'emploie avec ne seul |
| hors, il était absent | or, il était absent | hors est une préposition |
| ou est-il ? | où est-il ? | ou sans accent marque un choix |
| car en effet | car ou en effet | les deux mots disent la même chose |
| il entre et sort de la maison | il entre dans la maison et en sort | les deux verbes n'ont pas la même construction |
| des pommes, des poires, et des prunes | des pommes, des poires et des prunes | pas de virgule avant le et final |
L'avant-dernière erreur est fréquente : deux verbes coordonnés ne peuvent partager un complément que s'ils se construisent de la même façon. Entrer demande dans, sortir demande de : il faut donc donner à chacun son complément.
Pour vous souvenir des sept conjonctions, récitez « Mais où est donc Ornicar ? » : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Retenez aussi que car et or ne relient jamais deux mots, seulement deux propositions.
Pour relire un texte complet, collez-le dans le correcteur d'orthographe : il repère les fautes de frappe et d'orthographe. La ponctuation autour de mais, car et donc se vérifie ensuite avec le tableau ci-dessus.
Questions fréquentes
Quelles sont les 7 conjonctions de coordination ?
Mais, ou, et, donc, or, ni, car. La phrase « Mais où est donc Ornicar ? » les donne dans l'ordre. Beaucoup de grammaires récentes rangent toutefois donc parmi les adverbes, car il peut se déplacer dans la phrase et suivre et ou mais.
Peut-on commencer une phrase par « mais » ou par « et » ?
Oui. Mais en tête de phrase est parfaitement correct : « Mais la pluie a tout gâché. » Et en début de phrase est également admis ; il met en relief ce qui suit : « Et personne n'a protesté. » Il suffit de ne pas en abuser.
Faut-il une virgule avant « mais » ?
Oui quand mais relie deux propositions : « Il voulait venir, mais il était malade. » Entre deux mots courts, la virgule n'est pas nécessaire : « une pièce petite mais lumineuse ».
Quelle différence entre « car » et « parce que » ?
Les deux expriment la cause, mais car coordonne deux propositions tandis que parce que introduit une subordonnée. Parce que peut ouvrir la phrase et répondre à « pourquoi ? » ; car ne le peut pas. On dit « Parce qu'il pleut, je reste », jamais « Car il pleut, je reste ».
Faut-il dire « ni… ni » avec « pas » ?
Non. Ni… ni s'emploie avec ne seul : « Je n'aime ni le thé ni le café. » Ajouter pas (« je n'aime pas ni le thé ni le café ») est une faute.
Mis à jour le 30 septembre 2026