La proposition subordonnée : relative, conjonctive et autres types
Une proposition subordonnée est une proposition qui dépend d'une autre, la principale, et ne peut pas former une phrase à elle seule : dans je pense qu'il viendra, qu'il viendra est subordonnée. On distingue la relative, la conjonctive (complétive ou circonstancielle), l'interrogative indirecte, l'infinitive et la participiale.
Sommaire
- Principale et subordonnée : les repérer
- La proposition subordonnée relative
- La subordonnée conjonctive complétive
- La subordonnée conjonctive circonstancielle
- La subordonnée interrogative indirecte
- La subordonnée infinitive
- La subordonnée participiale
- Le temps du verbe dans la subordonnée
- Analyser une phrase complexe en quatre étapes
- Questions fréquentes
Chaque type se reconnaît à son mot introducteur et à sa fonction ; les distinguer aide à choisir le bon mode et à accorder correctement. Les notions de phrase simple et complexe sont rappelées sur la page grammaire française.
Principale et subordonnée : les repérer
Une proposition s'organise autour d'un verbe conjugué. Comptez les verbes conjugués pour compter les propositions. La principale est celle dont les autres dépendent ; la subordonnée, elle, est le plus souvent annoncée par un mot subordonnant.
| Subordonnée | Introduite par | Fonction habituelle | Exemple |
|---|---|---|---|
| Relative | pronom relatif | complément de l'antécédent | Le livre que je lis est passionnant. |
| Complétive | que | COD, sujet, attribut… | Je sais que tu as raison. |
| Circonstancielle | conjonction de subordination | complément circonstanciel | Je sors quand il fait beau. |
| Interrogative indirecte | si ou mot interrogatif | COD | Je me demande s'il viendra. |
| Infinitive | aucun mot : infinitif avec son propre sujet | COD | J'entends les oiseaux chanter. |
| Participiale | aucun mot : participe avec son propre sujet | complément circonstanciel | La nuit tombée, nous sommes rentrés. |
La proposition subordonnée relative
La relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel et ses composés). Elle complète un nom ou un pronom, appelé antécédent, et fait partie du groupe nominal : la ville où je suis né, celui qui parle, le film dont tu parles. Le pronom relatif a une fonction dans la relative : qui est sujet, que COD, dont complément introduit par de.
Déterminative ou explicative
Sans virgules, la relative est déterminative : elle restreint le sens de l'antécédent et ne peut pas être supprimée sans changer le sens. Les élèves qui avaient fini sont sortis : seuls ceux-là. Entre virgules, elle est explicative : elle ajoute une précision. Les élèves, qui avaient fini, sont sortis : tous avaient fini.
Relative sans antécédent
Certaines relatives n'ont pas d'antécédent et jouent le rôle d'un nom : Qui dort dîne (sujet), invite qui tu veux (COD).
Le mode dans la relative
Le verbe est le plus souvent à l'indicatif. Le subjonctif apparaît quand l'antécédent est envisagé plutôt que réel, ou après un superlatif et des mots comme le seul, le premier, le dernier : je cherche un appartement qui soit lumineux, c'est le meilleur roman que j'aie lu. Le conditionnel exprime une possibilité : je connais un endroit où tu serais tranquille.
Deux accords dépendent de l'antécédent : le verbe après qui (c'est moi qui ai raison, c'est nous qui partons) et le participe passé après que (les photos que j'ai prises), comme l'explique l'accord du participe passé.
La subordonnée conjonctive complétive
La complétive est introduite par la conjonction que (parfois à ce que, de ce que). Elle occupe une fonction essentielle, le plus souvent celle de COD :
- COD : je sais que tu es là ;
- sujet : qu'il accepte m'étonnerait ;
- attribut : l'essentiel est que tu sois là ;
- COI : je m'attends à ce qu'il refuse ;
- complément du nom ou de l'adjectif : l'idée que tu partes, je suis sûr qu'il viendra.
Le mode dépend du verbe principal. L'indicatif suit les verbes de déclaration, d'opinion et de certitude (dire, penser, croire, savoir, affirmer, espérer) : j'espère qu'il viendra. Le subjonctif suit les verbes de volonté, de sentiment, de doute et l'obligation (vouloir, souhaiter, craindre, regretter, douter, il faut que) : je veux qu'il vienne. Après penser ou croire à la forme négative, le subjonctif est l'usage le plus fréquent : je ne pense pas qu'il vienne. Les formes sont dans le guide du subjonctif.
Ne confondez pas complétive et relative : après le que conjonction, la proposition est complète (je sais que tu es là) ; après le que relatif, il manque le complément que que représente (le livre que je lis).
La subordonnée conjonctive circonstancielle
Elle est introduite par une conjonction de subordination autre que que employé seul, et joue le rôle d'un complément circonstanciel. On peut souvent la déplacer ou la supprimer.
| Circonstance | Conjonctions | Mode | Exemple |
|---|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, dès que, après que | indicatif | Dès qu'il arrive, nous partons. |
| Temps (antériorité) | avant que, jusqu'à ce que | subjonctif | Attends jusqu'à ce qu'il revienne. |
| Cause | parce que, puisque, comme | indicatif | Il reste parce qu'il pleut. |
| Conséquence | si bien que, de sorte que | indicatif | Il a plu, si bien que le match a été reporté. |
| But | pour que, afin que | subjonctif | Je répète pour que tu comprennes. |
| Concession | bien que, quoique | subjonctif | Bien qu'il soit tard, il travaille. |
| Condition | si, à condition que | indicatif / subjonctif | S'il fait beau, nous sortirons. |
| Comparaison | comme, ainsi que | indicatif | Il a agi comme je l'avais prévu. |
Placée en tête de phrase, la circonstancielle est suivie d'une virgule : Quand il pleut, je lis.
La subordonnée interrogative indirecte
Elle rapporte une question après un verbe comme demander, se demander, savoir, ignorer, dire, comprendre. Elle est introduite par si (question fermée) ou par un mot interrogatif : qui, ce que, ce qui, où, quand, comment, pourquoi, combien, quel, lequel. Elle est généralement COD du verbe principal.
| Question directe | Interrogative indirecte |
|---|---|
| Viendras-tu ? | Je me demande si tu viendras. |
| Où vas-tu ? | Dis-moi où tu vas. |
| Qu'est-ce que tu fais ? | Je me demande ce que tu fais. |
| Qu'est-ce qui se passe ? | Explique-moi ce qui se passe. |
Trois règles : pas d'inversion du pronom sujet, pas de est-ce que, pas de point d'interrogation si la principale est déclarative. On écrit je me demande ce que tu fais, et non je me demande qu'est-ce que tu fais ni dis-moi où vas-tu. Le point d'interrogation revient seulement si la principale est elle-même une question : sais-tu où il est ? La tournure est-ce que est expliquée dans la fiche est-ce que.
La subordonnée infinitive
Elle a pour verbe un infinitif qui possède son propre sujet, différent de celui de la principale. On la trouve après les verbes de perception (voir, entendre, écouter, regarder, sentir) et après laisser : j'entends les enfants rire, je regarde la pluie tomber, elle laisse le chat sortir. Ce sont les enfants qui rient, la pluie qui tombe, le chat qui sort. Le sujet de l'infinitif peut être un pronom : je les entends rire. La subordonnée est COD du verbe principal.
La subordonnée participiale
Son verbe est un participe (présent ou passé) qui a son propre sujet, différent de celui de la principale. Détachée par une virgule, elle exprime une circonstance, le plus souvent le temps ou la cause : Le soleil s'étant couché, nous sommes rentrés. La nuit tombée, les rues se vident.
Sans sujet propre, le participe détaché n'est pas une participiale : dans fatigué, Paul s'est couché, il qualifie le sujet Paul. Il doit donc bien se rapporter à ce sujet. Arrivé en retard, le professeur m'a puni signifie que le professeur était en retard. Écrivez : Comme j'étais arrivé en retard, le professeur m'a puni. Le même défaut touche le gérondif dans en vous remerciant, veuillez agréer…, où ce n'est pas « vous » qui remercie : voyez les formules de politesse.
Le temps du verbe dans la subordonnée
Quand la principale passe au passé, le temps de la subordonnée suit souvent : il dit qu'il viendra devient il a dit qu'il viendrait. Le conditionnel exprime ici un futur vu du passé ; c'est la distinction expliquée dans je serai ou je serais.
Analyser une phrase complexe en quatre étapes
- Relevez les verbes.Les verbes conjugués, et les infinitifs ou participes qui ont leur propre sujet.
- Délimitez les propositions.Une proposition par verbe.
- Repérez le mot introducteur.Pronom relatif, conjonction, mot interrogatif, ou aucun mot.
- Cherchez ce qu'elle complète.Un nom (relative), un verbe (complétive, interrogative, infinitive) ou toute la principale (circonstancielle, participiale).
Pour savoir si une proposition est subordonnée, isolez-la et lisez-la seule, avec son mot introducteur : si elle ne forme pas une phrase acceptable (« que je lis », « quand il fait beau »), elle dépend d'une autre.
Pour relire un texte, le correcteur d'orthographe repère les fautes de frappe et d'orthographe ; le mode et les accords dans chaque subordonnée se contrôlent ensuite avec les règles de cette page.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une proposition subordonnée ?
Comptez les verbes conjugués : chacun correspond à une proposition. Une proposition est subordonnée si elle dépend d'une autre et ne peut pas former une phrase seule. Elle commence le plus souvent par un mot subordonnant : pronom relatif (qui, que, dont, où), conjonction (que, quand, parce que) ou mot interrogatif (si, pourquoi).
Quels sont les types de propositions subordonnées ?
On distingue la relative (introduite par un pronom relatif), la conjonctive complétive (introduite par que), la conjonctive circonstancielle (introduite par une conjonction comme quand ou bien que), l'interrogative indirecte, l'infinitive et la participiale. Les deux dernières n'ont pas de mot introducteur.
Quelle différence entre une relative et une complétive ?
La relative complète un nom, son antécédent, et son pronom a une fonction : « le livre que je lis » (je lis le livre). La complétive complète le plus souvent un verbe et son que n'a aucune fonction : « je pense qu'il viendra ». Après le que de la complétive, la proposition est complète.
Qu'est-ce qu'une relative explicative ?
C'est une relative placée entre virgules, qui ajoute une précision sans restreindre le sens du nom : « Les élèves, qui avaient fini, sont sortis » (tous les élèves avaient fini). Sans virgules, la relative est déterminative : « Les élèves qui avaient fini sont sortis » (seulement ceux-là).
Une subordonnée peut-elle commencer la phrase ?
Oui, surtout la circonstancielle : « Quand il pleut, je lis. » On la sépare alors de la principale par une virgule. Une complétive sujet peut aussi ouvrir la phrase ; son verbe se met au subjonctif : « Qu'il soit en retard m'étonne. »
Mis à jour le 30 septembre 2026